Î,A PATIENCE RUSSE
Enfin, si cela même n'est pas agréé, le ministre anL':lais se déclare « prêt à proposer qne le Secrétaire d'Etat allemand veuille bien suggérer les lignes directrices », d'après lesquelles, à son sens, le principe d'une médiation devrait être appliqué (')• Le lendemain, 29, Sir Edward Grey écrit encore : « Le Gouvernement allemand semblait tenir pour trop solennelle une Conférence, consultation ou discussion, ou même une conversation à quatre, à Londres. J'ai prié le Gouvernement allemand de proposer n'importe quel moyen permettant aux quatre Puissances de combiner leur influence pour empêcher la guerre entre l'Autriche et la Russie. La France s'y rallie ainsi que l'Italie. La médiation ne demandait qu'à s'employer par tout moyen que proposerait l'Allemagne, si l'on ne pouvait pas accepter celui que j'avais proposé. La médiation, en somme, était prêle dans la forme qui conviendrait à l'Allemagne, à qui il ne restait qu'à en déclancher le mécanisme (^)».
Visiblement, le Secrétaire d'Etat anglais est découragé. Les russes de la Wilhelmstrasse et du Ballplalz ne le trompent plus. Il se rend compte que les Empires du Centre veulent la guerre et la rendront inévitable, que la guerre est le but de l'Autriche (^) . Il se préoccupe déjcà de mettre la Grande-Bretagne à l'abri de toute critique. Il prévient M. Paul Cambon de l'attitude qu'il aura. Il prévient égale-
(') Correspondance britannique, n° 68.
(^) Correspondance britannique, n° 84.
(') (( Je commençais h douter, ccrit-il à Sir E. Goschen, le
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ment le prince Lichnowsky ^'). Mais, ces précautions prises, il n'abandonne pas sa tâche.
Dans la soirée du 29, alors que la Russie mobilisait partiellement pour répondre à la mobilisation austro-hongroise ; alors que le comte Benckendorfl déclarait que létat de guerre proclamé le 28 rendait vaine toute espérance fondée sur les conversations directes ; alors que la prise de Belgrade était imminente, Sir Edward Grey s'efforçait encore d'écarter la catastrophe. Avant peu de temps, écrivait-il à Sir E. Goschen, une partie du territoire serbe sera occupée. « Mais, même dans ce cas-là, il serait encore possible de faire naître une médiation quelconque si l'Autriche, tout en déclarant qu'elle était obligée de tenir le territoire occupé jusqu'à ce qu'elle ait reçu complète satisfaction de la Serbie, déclarait qu'elle n'avancerait pas plus loin, en attendant un effort des Puissances pour s'entremettre entre elles et la Russie (^).
29 juillet, si même une acceplalion complète des demandes autrichiennes par la Serbie pourrait maintenant satisfaire l'Autriche. » Correspondance britannique, n° go.
Le môme jour, à l'ambassadeur austro-hongrois il disait avec une légitime amertume : « On ne permettait pas aux Puissances d'aider h obtenir satisfaction pour l'Autriche, satisfaction qu'elles pourraient obtenir si on leur en donnait l'occasion, cl la paix de l'Europe était enjeu! » Dépêche à Sir M. de Bunsen. Correspondance brilanniqiie, n° 9 1 .
(') Correspondance britannique, n° 87.
(^) Correspondance britannique, n° 88.
Dans une seconde dépêche de la môme soirée adressée à Sir E Goschen, Sir Edward Grey insistait sur ce que, d'après le marquis
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cil 9 an Ginliano, il paraissait y avoir un moyen par lequel, « si l'on permettait aux Puissances de s'occuper de l'airairc, elles pourraient poul-ôtre donner une satisfaction complète à l'Autriche, si seulement cette dernière leur en laissait l'occasion. » Correspondance britannique, n" 90.
On sait que le moyen proposé par le marquis si San Giuliano, et qui lui avait été suggéré par lo ministre de Serbie à Rome, consistait dans l'acceptation totale par le Gouvernement de Belgrade de la Note autrichienne, h la seule condition que l'Autriche expliquât sous quelle forme ses agents interviendraient en Serbie, en vertu de l'article 5. Prévoyant que le Ballplatz n'accepterait pas de donner ces explications directement h. la Serbie, il estimait qu'elle pourrait les donner aux Puissances.