‹ L'Autriche a voulu la grande guerreChapitre 77 sur 84 · ATTITUDI- DE L\ l nAN(.i · texte numérisé non relu

ATTITUDI- DE L\ l nAN(.i

Serbie, mobilise et ne jicniiet h pcMsonne « d'intervenir utilement ». Cependant le temps presse. La Russie, la France et l'Angleterre ont, par leurs pressants conseils, déterminé Belgrade à céder, u Maintenant, c'est à l'Allemagne, seule en situation d'être entendue raj)idement à Vienne, à donner des conseils à l'Autricbe, qui a obtenu satisfaction et ne peut, pour un détail facile à régler, déchaîner la guerre générale ('). »

De son côté, M. Jules Cambon, à Berlin, entretenant M. de Jagow de la proposition anglaise, lui fait remarquer qu'elle ouvre la voie « h une issue pacifique ». El le Secrétaire d'Hltat allemand est bien obligé de le reconnaître. Aussi se jette-t-il tout de suite sur une autre question, où il sera toujours aisé d'épiloguer : celle de la mobilisation {').

J'ai signalé, à maintes reprises, que la politique des Empires du Centre, au cours de cette crise, avait été de brusquer les choses et de mettre l'Europe en présence de faits accomplis. Dans la conversation du 27 juillet entre M. Jules Cambon et M. de Jagow, ce dernier dit incidemment, — et peut-être involontairement, — que l'intervention proposée par l'Angleterre ne pourrait s'exercer « que si les événements ne se précipitaient pas ». C'était vrai.

(') Dans une seconde dépêche du même jour, M. Bienvenu- Martin, qui vient de recevoir la proposition de Sir Edward Grey, donne aux agents français à l'étranger des instructions dans le sens demandé par le Foreign Office. [Livre Jaune, n° 70.)

(^) Livre Jaune, n^ù-].

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C'était trop vrai ; car nous voyons que, dès le lendemain, l'Autriche-Hongrie commence la guerre à la Serbie.

Si l'on se rappelle l'étroite entente, dont on a déjà vu tant de preuves, qui existait entre les deux Cabinets, on doit admettre que, à cette date, on était prévenu à Berlin que la guerre serait déclarée le lendemain ('). Cependant,

(') Cela paraît d'autant plus vraisemblable que l'Autriche-Hongrie n'en faisait pas mystère. Dans la journée du 27 juillet, le comte Szécsen déclarait, en eiïet.àM. Bienvenu-Martin que le Gouvernement impérial était contraint d'employer à l'égard de la Serbie des moyens énergiques pour en obtenir satisfactions et garanties. « C'est demain, ajoutait-il, que le Gouvernement autrichien prendra des mesures à cet effet. » Livre Jaune, n° 75.

Il est au moins invraisemblable que le quai d'Orsay ait été mieux ou plus tôt informé que la Wilhelmslrasse des intentions du BalUplatz.

Le double jeu allemand est, du reste, à cette date, percé à jour par i\I. Dumaine, longtemps optimiste comme presque toute la diplomatie européenne. Le a8 juillet, au sujet de la déclaration de guerre à la Serbie, il écrit : « Parmi les soupçons qu'inspire la soudaine et violente résolution de l'Autriche, le plus inquiétant est que rAllemagne l'aurait poussée à l'agression contre la Serbie afin de pouvoir elle-même entrer en lutte avec la Russie et la France, dans des circonstances qu'elle suppose devoir lui être le plus favorables, et dans des conditions délibérées [Livre Jaune, n° 83.)

A la suite d'une conversation avec le ministre des Affaires Etrangères de Belgique, M. Klobukowski écrivait également : « L'altitude de l'Allemagne est énigmatique et autorise toutes les appréhensions. Il paraît invraisemblable que le Gouvernement austro-hongrois ait pris une initiative le conduisant, suivant un plan prccunçu, à une déclaration de guerre, sans un accord préalable avec l'empereur Guillaume. » Livre Jaune, n° 87.

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