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du gouvernement de Pétersbourg. Dans la question de la délimitation et dans celle de la possession de Tlledes Serpents, le cabinet de Paris, grâce à une habileté jointe à un profond sentiment de conciliation, est parvenu à lever des difficultés où se trouvaient engagées et les susceptibilités de l'Angleterre et de TAutriche et les prétentions de la Russie, fondées sous certains rapports.
La prise de Sébastopol n'était qu'un fait militaire qui pouvait momentanément arrêter les envahissements de la Russie; mais elle ne garantissait rien pour l'avenir. Le gouvernement français chercha donc à créer un rempart naturel pour la Turquie contre la Russie et contre TAutriche elle-même. Le moyen le plus sûr d'arriver à ce résultat, c'était de donner aux principautés de Moldavie et de Valachie toute la consistance possible.
La nature semble appeler à l'union ces principautés dont la population, issue de la même race, parle la même langue, et, sauf quelques légères différences, pratique la même religion. Désunies, elles n'ont aucune action contre l'invasion étrangère. Agglomérées, elles forment une population de cinq millions d'âmes pouvant mettre sur pied une armée de 40,000 hommes et offrir ainsi un appui efficace à la Turquie leur suzeraine.
Sans imposer ce système, la France demandait qi;e la question fût soumise au vote des populations intéressées. Après la signature du congrès de Paris, le cabinet des Tuileries ne négligea rien pour que le vœu des principautés s'énonçât librement et pour neutraliser les manœuvres par lesquelles on cherchait à dénaturer l'expression
du vote. Le gouvernement français montra dans cette circonstance une fermeté Inébranlable.
On le voit dans toute sa conduite, le pouvoir qui bous régit se montre préoccupé constamment de justice et de démocratie ; et il marche dans cette voie avec une modération et une sagesse que tous les partis ne sauraient que louer.
Mais d'autres questions appelaient la sollicitude de Napoléon III. C'est la situation des populations italiennes. Au mois d'avril 1856, le comte de Cavour et le marquis de Villamarina adressèrent aux ministres de France et d'Angleterre une note sur la situation de l'Italie, où ils se posaient ouvertement contre l'Autriche. Au congrès, M. de Cavour voulut faire traiter la question de la péninsule, mais l'Autriche s'opposa à ce qu'on suivît sur ce terrain les plénipotentiaires du Piémont. Ce ne fut donc qu'un accident, et la France et l'Angleterre unies de sympathies et d'intentions s'engagèrent à faire des représentations aux diverses cours de la péninsule. Naples répondit avec hauteur aux sages conseils des deux cabinets.
Ferdinand II se sentait-il appuyé?
Quoi qu'il en soit, voici la note que le Moniteur publia le 20 septembre 1856:
« La paix conclue, la première préoccupation du con- » grès a été d'en assurer la durée. Dans ce but, les plé- » nipotentiaires ont examiné les éléments de perturba- » tion qui existaient encore en Europe, et ils ont particu- » lièrement porté leur attention sur l'état de l'Italie, de » la Grèce, de la Belgique. Les observations échangées à > cette occasion ont été accueillies partout avec un esprit
d^ cordiale entente, parce qu'elles étaient inspirées par nne sincère sollicitude pour le repos de l'Europe et qu'elles témoignaient en même temps du respect dû à l'indépendance de tous les États souverains. Ainsi, en Belgique, le gouvernement d'accord avec l'opinion sur les excès de certains organes de Ja presse, s'est montrée disposée à les arrêter par tous les moyens en son pouvoir. En Grèce, le plan d'organisation financière soumis à l'appréciation des cours protectrices, atteste l'empressement du gouvernement hellénique à tenir compte des avis du congrès. En Italie le Saint^iége et les autres États admettent l'opportunité de la clémence et celle des améliorations intérieures. La cour de Naples seule a rejeté avec hauteur les conseils de la France et de l'Angleterre, quoique présentés sous la forme la plus amicale. Les mesures de rigueur et de compression, érigées depuis longtemps en moyens d'administration par le gouvernement des Deux-Siciles, agitent l'Italie et compromettent l'ordre en Europe. Convaincues des dangers d'une semblable situation, la France et l'Angleterre avaient espéré la conjurer par de sages avis donnés en temps opportun ; ces avis ont été méconnus : le gouvernement des Deux-Siciles, fermant les yeux à l'évidence, a voulu persévérer dans une voie fatale. Le mauvais accueil fait à des observations légitimes, un doute injurieux jeté sur la pureté des intentions, un langage blessant opposé à des conseils salutaires, et enfin des refus obstinés, ne permettent pas de maintenir plus longtemps les relations amicales. Cédant aux suggestions d'une grande puissance, le cabinet de Naples a tenté d'atténuer l'effet
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Uexècntion des choses dn traité de Paris paraissait assurée ; la Grande-Bretagne et rAntriche, qni d'abord avaient ▼oola maintenir la validité des premières élections moldaves faites sons la pression des caîmacans, s'étaient ensuite jointes aux antres puissances pour en conseiller l'annulation à la Porte, lorsqu'une difficulté a surgi tout i coup et est venue de nouveau diviser d'opinion et de vues les Etats ^gnataires du traité du 30 mars. Une double élection en Moldavie et en Yahchie a réuni sur une même tète le pouvoir des deux principautés. Cette élection est-elle illégale? C'est là une question qui sera sans doute résolue dans une prochaine conférence. Hais nous ne voyons rien, quant à nous, dans la convention du 19 août 1858, qui interdise aux Moldo-Yalaques de porter leurs suffrages sur un seul nom. La convention du 19 août stipule, il est vrai, qu'il y aura un hospodar pour chacune des deux provinces.' Hais, outre que l'histoire fournit plusieurs exemples d'un même prince gouvernant simultanément plusieurs Etats séparés et différents de constitution, il y a ici, en faveur de l'élection du colonel Gonza, la considération que la Holdo-Yalachie n'est en définitive qu'un même Etat sous le nom de Principautés-Unies. S'il n'y a pas fusion, il y a fédération intime, car les deux provinces n'ont qu'une armiée nationale, et sont régies dans leurs intérêts généraux par une commission centrale unique. L'Autriche pousse énergiquement la Porte à protester et à refuser l'investiture. Mais, sur quel article de la convention, le sultan basera-t-il son refus? La suzeraineté de la Porte, à part le tribut annuel que lui paient les principautés, est purement nominal, et dans le traité on n'a stipulé aucun cas
dans leqiid Temperenr des OtUMDans poisse refasw de recofioaltre le chef éla ; les seules conditioiis qui rendait ëligible à lliospodorat sont : la natioDalité moldare on t^ laque; Tâge requis; la connaissance des afiaires puUiqnes attestée par nne fonction publique de 10 ans« on bien nar la qualité de représentant. Yoilà tout.
L'hoqK)dar élu pour les deux principautés, rènnit-il ces conditions? Voilà la seule question qu'on puisse poser D'après ces considérations et lorsqu'on voit les gonTerne* ments de France, de Sardaigne, de Russie, n'ëlerer aucune objection contre l'élection de M. Alexandre Conza ne pouYons-noas pas blâmer l'obstination de l'Autriche i susciter des difficultés, à peser d'une manière fâcheuse sur les décisions de la Porte, à entraîner l'Angleterre en l'épouYantant de Tinfluence que prend la France, et la Prusse, en la menaçant de l'impopularité en Allemagne.
Cette ardeur tracassière, cette guerre d'influence, cette manie de démonstrations militaires ne sont pas faites pour attirer au cabinet de Vienne, la sympathie des peuples et la confiance des gouvernements.
Dans la question de la navigation du Danube, elle est parvenue, grâce à sa politique égoïste et intéressée, à neutraliser en partie le programme si libéral et si propice au commerce > que soutenaient la Russie, la Prusse, la Sardaigne et la France. On pourrait dire que cette puissance n'a rien négligé pour contrarier les vues civilisatrices du cabinet de Paris. Mais la longanimité épuisée, celui-ci prononcera lequousqtie tandem!...
Qu'un cri d'indépendance soit poussé, n'importe sur quel point de l'Europe, qu'un peuple secoue un joug bon-
teax, même hors des frontières aatrichiennes, et tout anssitôt, tous voyez la puissance qui s'est constituée en Europe le gendarme de l'oppression et du despotisme, mettre en campagne ses bataillons, jurant de tout exterminer, et, si on la laisse agir, promener partout l'incendie, la ruine et la mort.
En Servie, une révolution a eu lieu. Cette révolution répond au vœu du pays tout entier et aux besoins de la civilisation. Aussitôt l'Autriche de jeter sa terrible menace et de lancer ses soldats qui, heureusement, s'arrêtent au cri d'indignation que pousse l'Europe. Et la Servie s'organise pacifiquement au grand dépit de Vienne, qui, toutefois, est forcée de démentir les intentions qu'on lui prête.
Telle est l'attitude de la puissance que la politique franche et libérale de l'Empereur des Français, a trouvée au travers de son action civilisatrice. Nos lecteurs jugeront, si elle apporte dans le concert européen des garanties sérieuses de paix et de concorde. Quant à nous, si elle persiste dans les dispositions qu'elle a jusqu'ici manifestées, nous pensons que, imminente ou non, la guerre est nécessaire et qu'elle est le seul moyen de changer l'esprit d'un cabinet qui fait reposer tout droit et tout arrangement sur la force des armes.