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spiratioD y est-elle permanente? En 1851, Radetzski avait retiré tontes les mesures destinées à adoncir quelque peu l'exercice des pouvoirs arbitraires dont il avait été revêtu. Les communes étaient devenues responsables de tous troubles et même de la non-arrestation des ennemis du gouvernement. Des milliers de personnes étaient jetées en prison ; des sentences de mort étaient prononcées de toutes parts par des commissions militaires. C'est en vain que lors du passage de l'empereur François-Joseph, les municipalités de plusieurs villes demandèrent une anuiistie générale. De nouvelles arrestations eurent lieu, et dix têtes tombèrent sur Téchafaud. En 1853, à la suite d'une tentative d'insurrection, la ville de Milan fut soumise au plus rigoureux état de siège. On séquestra les biens de toutes les personnes suspectes, même de celles qui avaient désapprouvé l'insurrection. Cette mesure atteignit plusieurs sujets piémontais, et le roi des États-Sardes ayant réclamé énergiquement dans un mémorandum contre cette manière de procéder, ne put rien obtenir et dut rompre toute relation avec l'Autriche. En dehors des vexations continuelles auxquelles l'autorité militaire a soumis et soumet encore les provinces lombardes et vénitiennes, ces malheureuses contrées ont eu à subir divers emprunts forcés et paient au gouvernement autrichien des impôts intolérables. Vienne tire tous les ans de ses possessions italiennes plus de 170,000,000 de francs. Les propriétés payent à l'Etat environ la moitié de leur revenu. Tous les ans, la conscription enlève 14,000 jeunes gens que l'oa envoie dans les provinces les plus reculées de l'empire vivre sous le bâton allemand. Enfin le concordat de 1855
a rendu l'Eglise toute-puissante dans Tempire. Tels sont les griefs des Lombards contre rAutriche ; telle est la position qui leur esl faite et contre laquelle ils sont en perpétuelle révolte.
Nous arrivons maintenant à la situation des Etats italiens qui suivent ou subissent Tinfluence de rAutriche.
Les petits Etats sont dans une prospérité relative, si ou les compare aux Etats Romains et surtout au royaume de Naples. Le grand duc de Toscane se fait remarquer par une administration sage qu'il a su introduire dansses Etats. Cet éloge revient aussi en partie au duc de Modène. Mais ni l'un ni l'autre de ces deux souverains ne se sont appliqués à diminuer la rigueur qu'ils ont exercée envers certaine classe de condamnés et de prévenus qui méritent la pitié des uns, là sympathie des autres et l'intérêt de tous. Ces deux Etats ainsi que celui de Parme sont entièrement dévoués à la cause autrichienne. Le contingent militaire toscan est d'environ 17,000 hommes, celui de Modène 14,658; celui de Parme en temps de guerre, de 4,500 hommes.
Le budget de ces duchés se solde constamment en déficit. Quant à l'appui que, en cas de guerre, ils pourraient prêter à T Autriche, il est nul; les princes de ces Etats, pour se maintenir au pouvoir, ont besoin eux-mêmes du secours de Vienne.
A Rome, le pape est animé des meilleures intentions. Ame élevée, cœur bienveillant, esprit plein de finesse et de bonhomie, instincts libéraux et populaires, telles sont les qualités qui ont fait de Pie IX en 1847 l'espoir de l'Italie. Rappelons-nous que le cri de ralliement, lors de la
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guerre de rindépendance fut dans tous les camps Italiens : Vive Pie IX 1
Qui donc a paralysé ainsi Vœuvre du saint père? Les exigences des uns ; le mauvais vouloir des autres. Placé entre ces deux influences contraires, le pape devait bientôt pencher du côté où l'entraînait son esprit facile, son âme impressionnable, et surtout la susceptibilité de ses sentiments religieux, adroitement excitée par un entourage dont l'influence a été souvent toute-puissante et l'action parfois désastreuse pour les Etats Romains.
On se rappelle la lettreque le Président de la République française écrivit au colonel Edgard Ney, à l'occasion du zèle réactionnaire déployé par la commission de trois cardinaux. Cette lettre est un beau monument des nobles et généreuses idées qui animaient et qui animent encore Napoléon III en faveur du peuple des Etats de l'Eglise.
Le chef du pouvoir exécutif résumait ainsi le rétablissement du pouvoir temporel du pape :
Amnistie générale ;
Sécularisation de l'administration ;
Gode Napoléon ;
Gouvernement libéral.
Hélas I de tout cela rien n'a été obtenu jusqu'à ce jour.
Le pape crut néanmoins faire une grande concession en publiant le 12 septembre 1849 son fameux îïwtuproprio. Get acte portait: institution à Rome d'un conseil d'Etat pour les finances; institution des conseils municipaux; grandes franchises accordées aux représentants et aux administrations municipales; déclaration d'amnistie limitée.
Celait bien peu ! Et ce pea est devenu presque rien.
Ainsi ont avorté les bonnes intentions de Pie IX, ainsi une influence qu'il ne nous est pas permis de désigner, ni 'de caractériser, compromet la popularité, la réputation, et, nous dirons plus encore, la sûreté du Saint Père. Une grande désaffection envers leur souverain se produit parmi les populations des Etats pontificaux. Et ce qu'il j a de plus douloureux, c'est que cette froideur du peuple s*est manifestée ouvertement, et que lors de son dernier voyage, Pie IX n'a pu même avoir une de ces ovations oflSciellesqui bercent et^leurrent au moins l'âme de quelques souverains.
Ce n'est pas sans amertume que le pape s'est vu ainsi dépopularisé. « Je suis navré, disait-il, à Tévêque de San Séverine, de l'attitude irrévérencieuse des populations devant la personne du vicaire de J. C. A peine ai-je rencontré trois ou quatre âmes ferventes qui ont demandé une bénédiction avec une véritable effusion de cœur, i
A qui la faute ? Le silence des peuples est la leçon des rois ! Ces paroles sont connues. Certainement cette attitude n'a rien de blessant pour la religion. Mais qu'on y prenne garde, si l'idée abstraite se dégage des personnes et des choses dans les esprits cultivés, il n'en est pas ainsi dans les esprits incultes chez qui les personnes sont solidaires des principes.
Faut-il faire un crime à Pie IX de la mauvaise administration de ses Etats? Non, sans doute; cette administration, il l'a trouvée à son avènement, et si des modifications y ont été apportées, elles ont toujours été faites dans le sens du progrès et de la civilisation. Mais ces quelques
innoTatioDs n'ont servi qu'à faire ressortir davantage les abus qu'on n'a pas détruits et les plaies qu'on n'a pas cicatrisées.
Il est triste d'être forcé d'avouer que, de tous les Etats de l'Europe, celui de l'Eglise est le plus mal administré.
Il n'y a aucune justice, car on ne peut considérer comme telle, une législation qui se base sur l'ancien droit romain^ le nouveau droit de Justinien et les édits des Papes, et que le plus souvent viennent contrarier des décisions arbi* traires, et paralyser des lenteurs insurmontables. Partout les intérêts civils sont sacrifiés à l'intérêt ecclésiastique, et l'élément clérical est seul admis à faire mouvoir les xouages administratifs. L'armée elle-même est entre les mains d'un cardinal. Le commerce n'est régi par aucun code régulier. Les Etats manquent de voies de communication et le gouvernement ne prend nullement le soin d'en créer des nouvelles, ni d'entretenir les anciennes. L'ins*truction est dirigée dans un sens tout à fait contraire au développement intellectuel et moral de la population. La plupart des droits politiques sont déniés, et ceux que la loi accorde, sont, de fait, refusés ou suspendus.
Le brigandage désole les provinces et on ne trouve pas de remèdes efficaces pour le faire cesser. Les impôts s'accroissent d'année en année et ne comblent pas pour cela le déficit qu'on déclare à tous les budgets. La popi^lation laïque, privée, en grande pfrtie, de propriétés et d'industrie, supporte cependant elle seule la lourde charge de ces impôts. Le clergé, qui possède presque toutes les terres dans le versant oriental de l'Apennin, laisse la culture de ces biens dans une complète n^ligence et augmente ainsi la
misère générale. L*armée, sans appui pour le gouvernement, affaiblie par la désertion, travaillée par te mécontentement, absorbe pourtant à elle seule plus d'un tiers des revenus de l'Elat. Enfin la défiance, une sourde agitation, une hostilité générale contre \e statu quo^ tels sont les principaux traits des dispositions actuelles des sujets du saint père. Une police tracassiëre, ombrageuse, tend à exaspérer encore cette situation. A chaque instant on s'attend à une explosion, et quelquefois, au milieu d'une solennité, un signe, un cri, un coup de sifflet, suffisent pour causer une alerte, tant on parait s'attendre à un soulèvement général.
L'armée française, par sa présense à Rome, arrête le mouvement. Mais alors, les Etats de l'Eglise deviennent un foyer d'attentats, d'assassinats politiques.
Pianori, Piéri, Orsini, tous les trois nés dans les Romagnes ou originaires de ces contrées, ne paraissent-ils pas le produit d'un état social anormal et intolérable ?
L'armée pontificale se compose d*un corps d'artillerie, formé par desSuisses recrut^ dans les cantons catholiques de la république Helvétique ; d'un corps de cavalerie formé principalement de gendarmes ou anciens carabiniers ; d'un corps d'infanterie manquant d'instruction et de soli^ dite. On porte à 19,000 hommes le chi&e de cette armée qui n'offre rien de régulier, et dont l'esprit est hostile au gouvernement. Aussi les Etats du pape ont-ils besoin pour être contenus, d'être occupés par des troupes étrangères.
L'occupation autrichienne tient Ancône et Ferrare et t[u6lques autres poin ts des légations ; l'occupation française est concentrée à Rome.Xa première est aux frais du saint
siège ; la seconde ne coûte an pape que quelques frais de casernement.
Quant aux forces navales des États Romains, elles sont insignifiantes, et se composent de 1 goélette, 13 chaloupes armées pour le service de la douane, 2 bateaux à vapeur qui naviguent sur le Tibre et de 800 marins.
Sous le rapport financier, les Etats-Romains, malgré quelques améliorations, sont toujours dans une situation déplorable. Le budget des recettes de 1851, évalué à 14,302,693 écus, présentait sur les dépenses un déficit présumé de 552,302 écus, qui a été en réalité de 1,000,000 écus (5,000,000 fr. ).
Outre les causes de dissolution et de ruines que porte en lui-même le détestable gouvernement des Deux-Siciles, il y a celles qui le minent en dehors de sa mauvaise administration. D'abord la Sicile est animée contre Ferdinand II d'un sentiment d'animosité irréconciliable. Les révolutions dont cette lie a été récemment le théâtre prouvent avec quelle antipathie elle subit le pouvoir du roi de Naples. La Sicile se montrera piémontaise , italienne , anglaise^ tout, excepté napolitaine. Quant aux Etats de terre ferme, ils sont loin d'ofiùrir toutes les garanties de sûreté désirables pour la solidité d'un trône. La classe pauvre, inférieure, y est, il est vrai, en partie maintenu fidèle à la dynastie régnante, grâce à l'influence morale et aux largesses du clei^ë. Mais, outre que le parti national des fnsionistes italiens trouverait dans cette classe de nombreuses sympathies, la puissance de Ferdinand est encore ébranlée par les manœuvres et les oppositions du parti constitutiounel, par l'active propagande de ceux qui désirent le retour
de la dynastie de Murât, enfin par lesrépnbltcains et les ré- Yolutionnaires qui agitent sourdement cette contrée plus qne tonte antre, car l'opposition et le mécontentement trouvent là plus qu'ailleurs aliment et prétexte. Cette situation est aggravée -par l'état maladif du monarque et parce doute et cette incertitude, qui frappent toujours une ad-* ministration lorsqu'elle est sur le point de changer dé chef et de direction.
Telle est la situation politique des Deux-Siciles. Cet État, autant que celui du pape, est exposé aux excursions des brigands. Et souvent des vols, des enlèvements se commettent en plein jour, dans les lieux les plus fréquentés. * Gela tient à la condition de misère, d'ignorance, et en quelque sorte de barbarie dans laquelle on tient le peuple.
Faible dans sa base intérieure, le gouvernement napolitain a peu de soutiens extérieurs ; à part quelques journaux soudoyés, tels que Y Univers^ la Gazette du midi^ le Cattolko de Gènes, il trouve dans la presse et l'opinion publique une réprobation générale, et la plupart des gouvernements eux-mêmes ne sont pas favorablement disposés pour lui. L'Angleterre, la France, la Sardaigne ont surtout plusieurs griefs à lui reprocher. Rome elle-même montre de la froideur, car le roi Ferdinand n'a su contenter personne, et, de même que l'Autriche, il semble avoir pris à tâche de s'isoler en Europe.
Les Deux-Siciles, il faut pourtant le reconnaître,ont une armée nombreuse et forte. Dans des circonstances très-difficiles, elle a sauvé la couronne de Ferdinand. Mais la meilleure partie de ces troupes est employée à contenir la
Sicile. L'autre partie, entrevoyant une issue fatale à l'é-
— listât deschoses établis par Ferdinand, ne serait pas éloignée, nous en sommes sûr, soit d'appnyer un monrement national, soit une restauration en farenr d'une dynastie forte et libérale.
En résomé, cet État est pauvre et faible, kvec un clergé qnicomprend, chiffreénorme, 90,000 ecclésiastiques, Tinstruction publique est très-négligée, et le peuple est abruti etfanatique. Sous la domination française, une école élémentaire arait été établie dans chaque commune; 1 00,000 enfants environ y recevaient l'histruction. Âpres 1815, ces écoles sont tombées en décadence ou ont cessé d'exister. Les travaux d'utilité publique sont dans cet État de nulle importance ; les voies de conmiunication y sont peu nombreuses, imparfaites et mal entretenues. Enfin le système d'oppression qui pèse sur l'agriculture, l'industrie et le commerce, arrête d'une manière désastreuse le pn^rès de ce beau et riche pays. .
En résumé, il y a donc quatre grandes puissances mili^ taires, sous le rapport des troupes de terre :
La France ;
La Russie;
La Prusse;
Le Piémont, dont les armées, dans une guerre nationale italienne, seraient grossies par une foule de volontaires accourant de tous les points de la péninsule, peut presque prendre rang parmi les États militaires de premier (urdre.
n n'y a que deux grandes puissances maritimes : L'Angleterre ;
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La France.
Cette dernière est la première du monde, parce que, seule, elle présente ce double caractère d'État militaire également puissant sur mer et sur terre. Et dans une guerre, elle pèserait double.
Telle est, au point de vue comparatif, la situation des divers États de l'Europe directement ou indirectement intéressés dans la question italienne.
Il nous reste à examiner quel concours les populations* de ritalie peuvent elles-mêmes donner à la lutte qui pourrait surgir en faveur de leur nationalité.
Le sentiment national est excité au plus haut point ; et au premier appel, au premier cri d'indépendance, l'élan serait unanime, cela est incontestable.
On a dit que la question italienne présentait deux éléments bien distincts, l'élément révolutionnaire et l'élément national.
Cette division est un peu vague, et elle prête à un malentendu. On aurait mieux, croyons-nous, défini la question en disant qu'elle renfermait un élément national monarchique et un élément national républicain socialiste.
Car il ne s'agit pas seulement pour le peuple de la péninsule d'une renaissance nationale ; il a besoin aussi de faire sa révolution, de briser les vieux abus, de renaître enfin à la liberté et au progrès. La question italienne n'est pas seulement en Lombardie et dans la Yénétie ; elle est à Rome, à Naples, comme à Milan et à Venise.
Unifier l'Italie sans rien changer à l'état social des populations, ce serait donner un vain bien, une satisfaction dérisoire à la nation ; ce serait simplement former une ag-
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gloméntion t^nitorûile aa profit exclusif d'un prioce* UM aTantage pour les sojets.
Cesl alors que la réTolntioD, comprimée el non Tinicie, s'agiterait avec pins d'étendue et d'intensité, se recmtant, dans toutes les classes de la société, de tontes les déceptions, exagérant son principe, et Terrait croître démesmrément sa pnûsance.
Jusqu'à ce jour, les réroluttonnaires socialistes exploitaient le sentiment national an profit de leurs projets sabrersife.
Il faut que les gouTemements se mettent aujourd'hui i b tète de la rèYolution, et mettent son énergie et sa yita- Kté au service des principes de nationalité, d'indépendance, de gloire et de progrès successif.
n faut que la monarchie révolutionnaire triomphe moralement de la révolution socialiste à Milan, à Venise, à Rome, à Florence, à Naples.
Par l'unification, arrêtez les convulsions nationales ;
Par la liberté, prévenez les désordres sociaux.
Et maintenant que faire en Italie, dans une guerre nationale, de l'élément radical, des hommes qui cherchent et la conquête de la nationalité et la constitution d'une forme républicaine ? Les repousser ? s'en méfier ? en avoir peur ? Ce serait retomber dans les fatales erreurs et les désastreuses hésitations de 1848 et de 1849. Hus de division. Que le grand soldat qui arborera le drapeau italien, appelle autour de lui tous les cœurs patriotiques. Ce ne sera pas trop, ce jour-là, de tous les bras vaillants et de toutes les âmes énergiques. Que le souverain qui se mettra ainsi à la tète du mouvement, incorpore à Tannée natio-
nale tontes les forces sincèrement italiennes. Qn'a-t-il à craindre des divergences qni peuvent se produire après la victoire ? La victoire aura été remportée par lui et pour lui, et il en sera le héros. Le jour du triomphe, sa popularité et son prestige seront merveilleusement établis, et désormais, devant sa gloire, les cris subversifs seront sans valeur et sans puissance.
Toutes les opinions ofirent de se rallier autour du drapeau italien. Tous les partis abdiquent. Là est la condition de succès ; là est le salut t
Tous les chefs du mouvement républicain en Italie, se tournent aujourd'hui du côté du roi de Piémont ; ils ne répudient plus la monarchie, car la monarchie sarde se rehausse du double lustre de l'idée nationale et de l'idée révolutionnaire.
Le Piémont, c'est l'Italie avec la liberté.
C'est que l'idée de liberté est inséparable de celle d'indépendance ; mettez le roi de Naples à la tète du mouvement, et vous verrez tout aussitôt les désertions se pro^ duire, l'élan s'arrêter.
L'Italie n'est pas à Naples, parce que la patrie n'est pas où règne le despotisme.
Le despotisme est comme l'occupation militaire, c'est l'étranger 1
C'est la constitution libérale du Piémont qui rend surtout cet État populaire en Italie.
Avant de mourir, Manin, refoulant au fond de son cœur et de sa conscience ses aspirations républicaines, n'écouta plus parmi les cris de son âme que celui de nationalité et d'indépendance, devenu le plus impérieux et le plus écla-
tant t Voyant grandir dans le progrès, dans la prospérité, dans la liberté, dans la gloire, les États de Victor-Emmanuel, il appelle les hommes de sa religion politique et leur dit : Italiens, voilà le salut. C'est le Piémont qui fera l'Italie t Faites lltalie arec le Piémont.
Nous empruntons à une brochure récente de M. Charles-Louis Chassin, le passage suivant d'une lettre de l'illustre chef de la démocratie vénitienne i
c Quand les autres sauront, et quand nous saurons nous-mêmes que nous voulons tous la même chose, que nous tendons tous au même but, la conscience de notre force deviendra en nous gigantesque, et nos ennemis commenceront à avoir conscience de leur faiblesse.
1 Nous sommes vingt-cinq millions t
» La volonté unanime d'une nation de vingt-cinq millions d'hommes ne peut être comprimée par aucune force matérielle.
» Nos ennemis, et il n'y a pas longtemps qu'un journal de Vienne nous l'a répété d'un ton railleur, comptent sur nos discordes qu'ils désirent. Prouvons-leur que cette fois ils se trompent; prouvons-leur que l'allié, que pendant un temps ils avaient coutume de trouver trop souvent dans nos discordes passées, a été tué dans notre concorde présente.
> Quiconque, de quelque manière que ce soit, concourra à donner cette preuve rendra grand service à l'Italie.
» Le consentement unanime à la formule nationale :