LES PRINCIPES A ÉTABLIR
Voilà donc les faits. Le pouvoir discrétionnaire est mis, en principe, à la base de l'avancement ; mais, lentement, progressivement, le pouvoir discrétionnaire s’effrite, comme rongé par un impitoyable mal; et voici même que des symptômes annoncent l'approche des temps où, du pouvoir discrétionnaire dans la démocratie, il ne restera plus que le souvenir d’une erreur de jeunesse.
Ce sont les faits. Mais, la raison, que dit-elle, et que veut-elle ? Il faut l’interroger, la raison, lorsqu’on travaille sur les problèmes sociaux, même lorsqu'on y travaille d'après une méthode historique et réaliste, car si l'homme ne peut amener tout ce que convoite sa raison ni empêcher tout ce qu’elle redoute, il peut souvent accélérer ou retar-
der beaucoup de choses, pour la satisfaire.
Les vœux dé la raison,-au sujet de l'avancement des fonctionnaires, me paraissent pouvoir contenir dans une formulé très simple : faire passer cette institution du règne politique au règne juridique. Telle est, cristallisée, l'idée d’ensemble à laquelle je vais consacrer les trois paragraphes du présent chapitre.
$ 1er, — Pourquoi il faut que la politique, en tant que politique, perde son empire sur l'avancement des fonctionnaires.