Ch. Benoist, La réforme parlementaire, p
mentaires (1), depuis M. Bérenger, tonnant contre la soif d'avancement qui se cache sous le nom d'émulation (2), jusqu'à M. Joseph Reinach, adversaire résolu de l'élection des juges, mais préférant cent fois, pour la bonne Justice dans le pays, des magistrats élus par le suffrage universel à des magistrats nommés et avancés sur la recommandation des sénateurs et des députés (3); des écrivains, tels que M. Georges Picot analysant les faits constitutifs de ce qu'il appelle le vagabondage et la mendicité judiciaires ; des magistrats enfin, comme ceux dont M. Dehesdin cite les discours dans sa thèse (p. 62 et 100), ét qui sont notamment les premiers présidents ou procureurs généraux Métivier, d'Angers (1867), Bérenger, de Lyon (1869), Dauphin et Bouchez, de Paris (1880 et 1881).
Mais, malgré les différences qui séparent la fonction judiciaire de la fonction administrative, ce que l'on peut dire de la magistrature, on peut le dire des autres fonctions publiques. Le mal peut paraître moins grave, moins hideux : il n'en est pas moins certain, et parfois même moins dangereux. Il est partout, partout où le pouvoir n’a pas encore renoncé à son omnipotence sur le recrutement de la fonction publique. Militaires, professeurs, receveurs, préfets, gendarmes, tous recourent au député, tous s’exposent à lui devoir de la reconnaissance, et tous nous exposent à
i. ... © Je me demande avec un sentiment de profonde tristesse quelle peut être la situation d’un magistrat qui a obtenu un avancement par l'intermédiaire. d’un membre du Parlement dans la règion même où celui qui est son protecteur a reçu son mandat ;.... lorsqu'un membre du Parlement a fait nommer tout le tribunal du chef-lieu de sa circonscription, je me demande quelle serait la situation le Jour où les intérêts du protecteur seraient portés devant ce tribunal » (Ch. des Dép. g novembre 1905, M. Louis Martin, Déb. parl., p. 3157). Cpr. Leyret, La République et les politiciens, p. 29 et 55.