Principes d'économie politique, livre I, chap. XI
règne administratif, rien de tout cela ; pas de crises de production, et quant au wagefund, au fonds des salaires, il trouve, dans le budget, un réservoir d'alimentation d’un débit remarquablement sûr.
La seconde particularité est très frappante. Si l'on admet que, depuis 1845, les salaires nominaux ont à peu près doublé, dans l'industrie, on doit constater que les salaires des fonctionnaires n’ont pas suivi le même progrès. Vivien estimait, en 1845, que plus de la moitié des fonctionnaires n'avaient pas un traitement supérieur à 1.000 francs (1) : au début du xx° siècle, M. Massabuau évaluait à 1.500 francs le salaire moyen d’un fonctionnaire (2). Quelle que soit la valeur exacte de ces calculs, assez difficiles à établir parce que les dépenses en personnel ne se dégagent pas toutes très nettement dans les documents budgétaires, leur résultat n’a rien de surprenant. L'immense accroissement de productivité, qui explique, en partie, la hausse des salaires industriels dans la seconde moitié du siècle dernier, n’a rien où pas grand’chose qui puisse lui ressembler dans le domaine administratif; et quant à la force des groupements, autre cause certaine de l'accroissement dans le domaine industriel, elle fait seulement ses débuts au sein des services publics. De plus, la sécurité de la rémunération et la certitude d’une retraite sont des causes importantes d’une infériorité relative des traitements des fonctionnaires. Enfin, 1l convient d'ajouter que si la moyenne des salaires administratifs ne s’est pas considérablement élevée, les écarts excessifs se sont atténués dans une très large mesure : de nombreuses dotations princières ont disparu, et beaucoup de salaires de famine ont été renforcés (3).