De Tocqueville, De la Démocralie en Amérique, WI, p
temps si difficile à résoudre, dans les armées permanentes modernes. Le ministre de la Guerre faisait l’aveu de ses embarras, le 1° mars 1905, à la Chambre des députés (1) « à l'heure qu'il est, disait-il, nous n’avons d'autre moyen de déterminer l'avancement qu’en nous appuyant sur une ancienneté qui se heurte à de grosses difficultés, où sur un choix souvent exercé d’une façon un peu empirique, malgré la bonne volonté de celui qui en a la charge ».
Mais ces considérations ne sauraient encore suffire : après tout, c'est le sort de toutes les autres fonctions publiques, de noffrir comme débouché à lavancement que des vacances paisiblement créées. Dans son étude sur l’£tat des fonctionnaires, M. Vautroys pense que les officiers trouvent, dans les garanties que la loi leur donne, la compensation « soit des fatigues de leurs services, soit des longues et difficiles études préparatoires auxquelles ils ont dû se livrer » (p. 66) : l'explication semble assez médiocre, car on pourrait citer nombre de fonctionnaires dont le service n'est pas moins fatigant que celui des officiers en temps de paix (n'oublions pas que seul l'avancement en temps de paix est en cause) ou dont la préparation a été pour le moins aussi longue et aussi difficile que celle d’un sous-lieutenant (2).
A mes yeux, ce qui justifie l'attention de préférence que le législateur a consacrée au problème de l’avancement des officiers, c’est d’abord un très grand intérêt politique : l’armée étant le plus puissant instrument d'autorité qui soit à la disposition d’un gouvernement, il est naturel que la Nation veuille éviter de la laisser entièrement placée dans la main du pouvoir politique. Et c’est, ensuite, une très exacte compréhension, peut-être seulement un très sûr