Lettre XLVIII
Juillet, les protestations furent également incessantes (1). En faisant l'historique des tentatives de réglementation législative des conditions d'avancement, nous avons rencontré celles de ces protestations qui se sont traduites par l'essai d’un remède, et nous n'y revenons pas. Mais, en dehors d'elles, combien d'interventions ne relèverions-nous pas sur ce chapitre, dans les annales parlementaires ? C'est le général Foy, demandant, en 1824, au cours de la dis: cussion du projet de loi sur le recrutement, une protection légale pour les officiers « contre l'arbitraire multiplié dont ils sont victimes de la part des chefs, des bureaux et du pouvoir (2) » Ce sont, en 1829, MM.Agier, Toupot de Bevaux et Dupin aîné, s'indignant des « méfaits » de M. de Peyronnet dans le genre favoritisme (3). C’est de Tocqueville, en 1842, lors de la discussion du projet d’Adresse à la Chambre des députés, déplorant, au cours d'une intervention dont j'ai déjà parlé, les abus autorisés par l'absence de principes législatifs sur l'avancement des fonctionnaires civils, et appelant de ses vœux l'apparition, dans notre pays, de « règles salutaires » propres à y mettre fin (4). Cest M. de Rémusat, indiquant, dans les développe-: ments relatifs à sa proposition de loi sur les incompatibilités parlementaires (5), pourquoi il veut notammentrégler la promotion des députés aux fonctions publiques : « Vous savez, dit-1l, ce personnage de théâtre qui découvrit un beau Jour, vers cinquante ans, qu'il était poète dramatique ? Eh bien, des députés s’aperçoivent soudainement qu'ils ont une vocation très prononcée, qui avait sommeillé,
1. Voir, sur ces incidents, les appréciations de l'historien de la monarchie de Juillet (Thureau-Dangin, Histoire de la Monarchie de Juillet ENT; p7412).: