‹ L'Avancement dans les fonctions publiques: Son organisation -- ses garanties; Contribution à l'étude du statut des fonctionnairesChapitre 67 sur 390 · Mon., p · texte numérisé non relu

Mon., p

‘4. Ch. des Dép., 20 janvier 1846, Mon., p. 162.

dignes d'attirer l'attention du gouvernement et des Chambres (1). Citons encore ce passage du Jérôme Paturot, de Louis Reybaud : « Les députés jouaient un grand rôle dans cette hiérarchie : les bureaux étaient peuplés de leurs créatures. Fils de député, nevea de député, cousin de député, filleul de député, voilà ce qui retentissait à mon oreille. D'autres fois, l'influence était indirecte, sans être moins active. C'était un électeur considérable, qui recommandait au député, lequel recommandait à son tour au ministre. Ces ricochets allaient à l'infini, de sorte qu’on pouvait, à la rigueur, dire que pas un employé ne se trouvait là à cause de son propre mérite et pour ses services personnels. La faveur dominait, et avec elle Pimpéritie » (2).

Vient le second Empire, qui voulait exercer sur les individus un haut et puissant patronage, et qui avait besoin de faire autour de lui du dévouement personnel : on vit alors les emplois, importants ou modestes, devenir des spécialités de familles. Aussi bien, pouvons-nous glisser rapidement sur cette période de notre histoire, car personne ne parle aujourd'hui des mœurs dont nous nous occupons, sans déplorer, précisément, qu'elles soient des souvenirs attardés des mœurs impériales. Tout au plus, croyons-nous devoir évoquer ici les grandes voix, cependant paisibles, des Laboulaye (3) et des Berryer (4), car nous aurions trop beau jeu à invoquer le témoignage de l’opposition républicaine militante.

Le mal n’est donc pas nouveau, et ni la troisième République, ni même la Démocratie, ne l'ont inventé. Ces courtes vues d'histoire le démontrent mieux que ne démon-

Page 1