Bodley, La France, p
dans tous les ouvrages relatifs à l’organisation administrative. Leurs critiques, innombrables et concordantes, sont cristallisées sous les couleurs les plus vives dans ce passage de l'étude que M. Chardon à consacrée aux Travaux publics (1): « Tout, dans notre administration, porte encore la date de 18171 et l'empreinte du souverain, maître de tout et de tous, responsable de tout devant tous; de l’homme prédestiné, dont les intérêts sont censés se confondre avec l'intérêt du peuple... Les distances et César sont supprimés : nous gardons toujours le système des proconsuls allant administrer pour le compte du Maître les provinces lointaines... Nous mettons R. F. sur tous les rapports, mais ces rapports sont faits pour l'empereur... IL reviendrait, qu’'IL trouverait tout conforme à ses idées. Quelques noms à changer, seulement : le lendemain, 89 préfets arriveraient à l’ordre pour lui répondre de la fidélité de tous les départements et dominer en son nom toutes les administrations. IlLest dangereux, pour une République, de vêtir la défroque d'un Empire, de n'avoir pas, en trente ans, organisé la démocratie, de ne pas jeter au rebut le moule des coups de force, et de ne pas donner à la liberté l’armature administrative qui la protégerait mieux que l’éloquence des tribuns et les bonnes intentions des syndicats politiques. Quand achèverons-nous de renverser l’Empire? » Non moins vives sont les observations que M. Deschanel a présentées, à plusieurs reprises, sur le même sujet, à la-tribune du Parlement (2) : « Notre régime administratif, dit-il en 1909, date de la fin du xvre siècle. A cette époque, les fonctionnaires, peu nombreux, étaient une poignée dans la main d’un homme. Responsables devant lui seul, ils ne l’étaient pas plus que lui devant la Nation. Transportez ce