Pages 347, 351, 356 et
2. Ch. des Dép., Déb. parl., 13 janvier 1905, p. 16 ; 11 mai 1909, p. 1003; 21 Juin 1910, p. 2234.
système dans notre société actuelle. Où est, aujourd'hui, ce pouvoir du premier Consul? Il est 1à, aux mains des ministres. On peut dire que, dans l’ordre administratif, nos ministres sont, si vous me passez le mot, de Ja monnaie de premier Consul ». En 1910, analysant le mal de l'arbitraire, il s'explique ainsi : « Le mal n’est pas seulement dans les passions humaines, il est dans les lois ; il est dans le désaccord fondamental entre un système administratif créé, il y a plus d'un siècle, pour le pouvoir absolu d’un homme, et le régime parlementaire ; il est dans ce paradoxe, dans cet anachronisme, qui consiste à vouloir faire vivre indéfiniment une république avec des institutions césariennes. Nous avons la république au sommet, l'empire à la base : il s’agit de mettre la république partout » (1).
Comment sortira-t-on de cette situation fausse ? Comment fera-t-on cesser « cet accouplement anormal d’une administration monarchique et d’une constitution démocratique » ? M. Berthod (2) répond très justement : « Qu'on monarchise la constitution ou qu’on démocratise l’administration : il n’y a pas de milieu. Nombreux sont ceux qui, plus ou moins ouvertement, nous proposent le premier moyen. Mais il est définitivement condamné par l'opinion et par l’histoire. Reste à essayer le second. » Je suis tout à fait de son avis (3).