Rev. pol. et parl., mars
3. Seulement, je fais des réserves sur le système qu’il propose pour démocratiser l'administration (syndicalisme fonctionnariste).
LA POUSSÉE DÉMOCRATIQUE 135 nationale. Aprèsavoir proclaméque, désormais, les fonctionnaires seraient les agents de la Nation, et non plus les serviteurs du prince, ils comprirent la nécessité concomittante de ne plus laisser au prince le libre choix des fonctionnaires. Sans doute, ils imaginèrent, pour cela, un système qui était dangereux, qui était prématuré, et qui donna de mauvais résultats : mais, au moins, ne peut-on pas leur reprocher de n'avoir pas tenté de bonne foi l'application de leurs principes, ni d’avoir renversé le pouvoir absolu pour s’en approprier les institutions.
De même, la République de 1848 manifesta sérieusement son intention de trouver une solution démocratique du problème: elle fit un essai tout au moins sincère avec l’école d'administration, un mouvement intéressant avec la loi de 1850, mais sa brève destinée devait l'empêcher de réaliser quoi que ce fût de décisif. Ce qu’il convient de retenir, c'est que les hommes d'alors se rendaient compte de leur devoir. Dans son rapport à l'Assemblée nationale sur la proposition Deslongrais, le citoyen Brunet fait ressortir très nettement, au nom de la commission, les raisons pour lesquelles il importe tout particulièrement, dans une république démocratique et parlementaire, que les administrations publiques «soient réglées pour elles-mêmes au lieu d’être abandonnées au discernement des ministres successifs » (1). Devant l’Assemblée législative, après avoir indiqué les avantages généraux de l'existence de règles sévères et de conditions égales pour tous, en ce qui concerne l'accès aux fonctions publiques et l'avancement dans les fonctions publiques, Mortimer-Ternaux ajoute : « Cette nécessité d'augmenter ainsi la considération et l’autorité morale de l'administration se fait encore plus vite sentir dans les républiques que dans les monarchies. Il faut, dans un Etat démocratique, fortifier, développer, avant tout, le