‹ L'Avancement dans les fonctions publiques: Son organisation -- ses garanties; Contribution à l'étude du statut des fonctionnairesChapitre 84 sur 390 · J. off. du 22, p · texte numérisé non relu

J. off. du 22, p

6. Dans la Revue bleue du 8 juillet 1905 (p. 56), M. G. Cahen produit des renseignements fort intéressants sur les relations des associations de fonctionnaires avec le gouvernement, sur « la fré- ‘queuce et la cordtalité » des entretiens par lesquels elles se manifestent principalement.

les assurances de la bonne volonté de leur chef suprême ; à la fin des banquets, des harangues s’échangent entre le président et le ministre, suivies d'une distribution de rubans de diverses couleurs aux associés les plus agissants. C'est banal ? Non, c'est infiniment compromettant, et comme je comprends la surprise de M. Chardon voyant les ministres encourager ainsi les associations de fonctionnaires, « assister à leurs banquets et couvrir de fleurs des entreprises qui peuvent avoir de si redoutables conséquen-. ces » (1), J'ai participé, un jour, à l’une de ces agapes ; et je rie me souviens pas d’un spectacle plus faux. Le ministre qui présidait était un homme expert dans l’art de lamabibilité verbale : environnant d’encens tous ses subordonnés, adhérant en principe à toutes leurs doléances, promettant sans promettre tout en laissant espérer, voilant habilement les réticences, élalant largement les quasi-certitudes.., rien nue lui manquait de ce qu'il fallait pour leurrer des gens avides d'être leurrés. Seul, l'auditeur désintéressé pouvait discerner, dans l'orateur, le tribun du ministre, et faire, dans le discours, un départ entre les contingences et les réalités : les intéressés, eux, dévaient fatalement prendre tout pour argent comptant et s'en aller, satisfaits, convaincus que demain leur apporterait toutce que la sirène ministérielle paraissait leur avoir chanté de promesses et d’espoirs. Aussi, fallait-il entendre les applaudissements ! Ils crépitaient en fusée, à propos de tout et à propos de rien ; ils se prolongeaient à l'infini, comme si personne navait payé sa place; on eût dit que tous ces fonetionnaires voulaient se griser de quelques instants d'interversion de rôle : ils approuvaient leur ministre ! Et tout leur paraissait matière à approbation. Ils approuvaient, pour approuver; sans entendre, sans comprendre, sans voir..., comme des ministres. Véritables saturnales du personnel adminis-

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