XII AVANT-PROPOS
8C brisent au contact de Veocistence déprimante det villes, existence étroite, ynalsaine, qui enlève tout son charme au foyer, où Vhomme, et bien souvent, la femme ne reyitrent que le soir énervés par la fatigue ou Valcool, hargyieux, hostiles. Uagriculteur, abandonné à sesi seules forces, se désespère dans cette alternative de faire appel à la Tiain- d'oeuvre que lui offre l'étranger ou d'abandonner sa terre, bien souvent guaitée "fjar celui-ci.
A ces maux, le gouvernement républicain croit avoir trouvé un remède souverain : la naturalisation à jet continu. Il fabriqua des faux Français à coups de décrets. Mais une décision administrative peut-elle donner à Vétranger ainsi étiqueté Français, un sang e un esprit de chez nous ?. . . L'État républicain réserve même un traitement de faveur à ces faux Français, au nom de l Humanité et de la Fraternité des peuples.
D'un sectari8m.e farouche à l'égard des Français de race, cet État se montre d'une tolérance sans bornes pour les métèques et, en particulier, pour les Allemands. Ce n'est pas sans une certaine stupéfactiori qu M. Schoen, docteur es lettres, professeur de VUniversité, constate dans la Revue Alsacienne quel accueil chaleureux nous faisons à nos vainqueurs de 1870.
Cette tolérance le stupéfie, et il lui rend un homm,age ironique :
« Je ne crois pas, dit-il, qu'il y ait au monde uyxe autre « cité (Paris) de langue non allemande qui offre autant « de ressources aux Allemands que la capitale de la « France. »
c La presse allemande jouit, en France, de la même liberté qv^ la presse française. Or, le but avoué de cette
AVANT- PROPOS Xlll
presse est de défendre les droits et la politique des Allemands installés en France. »
Les Sociétés allemandes laïques et religieuses sont nombreuses et florissantes ; « il faudrait plusieurs pages, « dit M. Schoen, rien que pour énumérer toutes celles « qui existent actuellennent en France ».
Ces lignes ont été écrites en 1909. Mais, depuis quatre ans, il serait intéressant de savoir dans quelle proportion le nombre desdites sociétés s'est accru chez nous. C'est une invasion faite avec m,éthode, d'après un plan nettement défini. Ceux qui Vont conçu savaient parfaitement que rien ne devait plus contribuer que ces sociétés à resserrer les liens des Allemands entre eux, sur tout le territoire de la France. Par leur attachement et leur fidélité à la patrie aUemande, ces sociétés sont toutes, à des d^egrés divers, les c/iampions du germanisme en France. Cela, on le sait, on le cotnprend chez nous et même {je cite textuellement Vauteur, qui ne peut w.anquer de manifester sa stupéfaction, en écrivant cette phrase en caractères spéciaux) « et même le gouvernement de la République va « jusqu'à l'approuver, tant il sait se placer au point « de vue des étrangers qui viennent lui demander « l'hospitalité ».
Mais où la « tolérance » du Gouvemem,ent français est encore plus remarquable, c^est dans le domaine de l'enseignement, car ici, elle vajusquà créer, en faveur de la colonie allemande, des exceptions aux lois générales qui régissent V enseignement en France.
Le fait le plus frappant est Vexistence, en plein Pans, d'une école allemande, gratuite, ouverte à tous les enfants qui veulent faire leurs études élémentaires en allemand. Peu importe que leurs parents soient d'origine française ou allemande, « Uhisioire de cette