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GRAVES

L'utilité pour l'Allemagne du port de Diélette, ne saurait être un seul instant en doute. Elle va avoir, en effet, sous la main, un véritable ponton de débarquement où ses plus grands cuirassés pourront venir opérer comme à quai. L'endroit serait certes bien choisi pour une surprise à la japonaise, dans le voisinage du port et de l'arsenal de Cherbourg.

La côte en ces parages est très découpée. Une tentative de débarquement serait donc très difficile. Aussi ce point est-il dégarni et le front de défense de la ville n'a pas été étendu jusque-là.

Cherbourg est très bien défendu du côté de la mer. A quoi bon se livrer de front à l'attaque de cette place imprenable? j

Du côté de l'Ouest, au contraire, pas un canon, pas une garnison. Rien de plus simple, en conséquence, que le débarquement d'un corps d'armée à Diélette. Cherbourg ainsi coupé pourra utiliser ses munitions contre les vagues de la Manche. C'est par le sud et non par le nord, par la terre et non par la mer que l'ennemi occupera Cherbourg. Et c'est ainsi que nous retrouvons ici cette adaptation éventuelle des travaux de la paix et de l'industrie aux entreprises de la guerre qui est éminemment la marque allemande. La prévision germanique sait conjoindre

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ses intérêts commerciaux à ses intérêts militaires, de telle sorte qu'au moment voulu, la combinaison des uns et des autres s'opère automatiquement. Cette énergie tenace et rusée ne rencontre chez nous, qui serons ses premières victimes, aucune opposition. Dans les grandes choses comme dans le menu détail, la République se fait, contre la France, l'auxiliaire et la complice de TEtranger.

Cette complicité, peut-on encore la nier après la visite en juin 1912, du ministre du Commerce français d'alors, Fernand David, membre du fameux « ministère national », au port de Diélette?

Le port de Cherbourg prête aux Allemands — m'af(irme-t-on — le matériel dont ils ont besoin pour la construction de la digue destinée à protéger et fermer le port de Diélette, à en faire une rade et, comme je l'ai dit, un Gibraltar allemand.

Est-ce pour négocier ce prêt de matériel que Fernand David a fait tout exprès le voyage de Cherbourg et Diélette?

Notre ministre se déclara fort satisfait de cette visite.

Sans doute il y apprit que lorsque la mine de Diélette serait en pleine exploitation on pourrait chanrer tous les jours un navire de 6.000 tonnes de minerai'? Mais il ne pouvait ignorer que ce minerai

1. Voici des extraits du Phare de la Manche (numéro du samedi 6 juillet 1912) ; et d'abord la visite à Diélette, possession du métallurgiste allemand Auguste Thyesen, conseiller privé de l'empereur :

« Tout près du i)uits de la Cabotière, au jour, lo ministre visita une importante construction en cours d'exécution, dans laquelle sera déposé le minerai sortant de la mine. Des concasseurs y seront installés et le minerai sera ensuite chargé dans Ips wagons aériens qui partiront de cet endroit à une iJliiude de U mètres, pour aller se déverser sur le navire qui

était destiné aux usines Krupp qui nous le retourneront, par la gueule des canons allemands, sous la forme d'obus.

Alors son premier devoir n* était-il pas d'arracher Diélette à Auguste Thysssen et à l'impérialisme allemand... de faire interrompre immédiatement ces travaux monstrueux ?

Si erronés qu'aient pu être les renseignements recueillis par Fernand David près du maire de Cherbourg, le sieur Mahieu*, que sa goujaterie lors des

sera accosté le long du wharf du large. Ce travail est d'autant plus intéressant qu'il faut attaquer le granit à l'aide de perforeuses électriques. Le ministre du Commerce a mis lui-mém« un outil en main pour percer un trou. M. Fernand David a parfaitement pu se rendre compte du mouillage des premiers caissons supportant les pylônes destinés à supporter la ligne aérienne. Cette visite au puits de la Cabotière a été très intéressante, et M. Brischoux a fait connaître que lorsque l'exploitation fonctionnera, on pourra charger cinq cents tonnes de minerai à l'heure, c'est-à-dire qu'en douze heures, un navire de 6.000 tonnes pourra faire son chargement.

« On compte actuellement à la mine, tant au jour que dans les galeries, environ 200 ouvriers, pour lesquels la direction a fait commencer la construction d'un réfectoire ei d'un dortoir.

« Le ministre a pu se rendre compte que, contrairement à certains bruits pessimistes, la mine de Diélette était bien exploitée par des Français, et non par des Allemands. »

L'aveuglement à ce point-là est-il encore involontaire? Pour ma part je ne le crois pas.

1. Le passage suivant du scandaleux discours du députémaire Mahieu prononcé à l'occasion de cette visite est à citer.

« Notre port est le plus merveilleux point d'escale de la côte française, pour les grands paquebots cosmopolites qui sillonnent l'Atlantique et viennent déverser ces pléiades d'étrangers qui sont, pour notre pays, une source inépuisable de prospérité. Et Von coudrait, dans une certaine presse, mener une campagne contre ce mouvement étranger, pour des raisons d'un cague patriotisme? Mais nous le sommes, patriotes, autant que qui que ce soit, et dans la pleine acception du moi, nous, les habitants de cette ville-froniière où nous avons

funérailles du Vendémiaire a si tristement illustré, un ministre du Commerce français ne pouvait ignorer la situation critique dans laquelle se débat la Normandie envahie. Il a des secrétaires dont le

tous les jours sous les yeux l'exemple de notre marine, de son dévouement, de ses sacrifices. {AppiaudisiemenU.)

• Mais nous sommes aussi sans haines, et nous pensons que c'est grandir son pays que vouloir le dresser noblement, vii>-à-vis des autres dans une rivalité d'intelligence, de volonté travailleuse, de grandeur matérielle et morale, exempte de jalousies.

« El c'est pourquoi nous souffrons, mon cher ministre — nous souffrons dans notre amour-propre de Cherbourgeois et de Français, d'être obligés de recevoir les hôtes que nous envoie le monde entier en ii piteux endroit. »

Ce n'était déjà pas mal, mais il y a mieux et il serait criminel de ne pas citer cette conclusion du discours prononcé par M. Hattemer, agent de la Hamburg-Amcrika, parlant à David et à Mahieu, ainsi qu'un malire à ses domestiques :

« A l'époque lointaine dont je vous parle, disait-il, c'est des paquebots de 9. 000 tonnes que nous amenions à Cherbourg, puis successivement nous avons vu leur tonnage monter à 15.000 tonnes, iio. 000 tonnes, 45.000 tonnes et, au printempi proc/iain, eout verrez tur cotre belle rade le paquebot de ma Compagnie^ Imperator, première unité de la te'rie det 50.000 tonnes.

€ Ces constatations, ces prévisions me conduisent à vous exprimer un voeu, je pense que vous voudrez bien me permettre de le faire en ami, titre auquel je crois avoir droit en raison des relations très amicales que j'enUeiiens depuis si longtemps avec vous, messieurs, et qui me sont chères. Ce vœu, c'est que les améliorations de votre port de commerce soient effectuées sur un plan prévoyant les exigences de la navigation de demain; l'établissement maritime, c'est-à-dire le port, doit être fait pour recevoir le plus parfaitement possible son client, qui est le navire, et il n'est pas douteux que celuici s'acroltra eticore en dimensions. Si nous pouvions en douter, l'accroissement des bas.sins, des cales sèches, l'apjjrofondis-^tmenl des rades et des passes, qui sont les travaux qu'entreprennent tous les pays, nous convaincraient que la yictoire dans la lutte des ports est à ce prix. •

Quand on sait que des officiers de la marine de guerre allemande font des stages réguliers sur ces paquebots, afin d'apprendre es passes et les ecueils de a Manche, quand on

métier est de lui mettre sous les yeux des documents» des avertissements comme celui-ci que publiait en juin (1912) un vieux journal libéral de Pont-l'Évêque, le Pays d'Auge^ sous ce titre c les Allemands chez nous j>.

Nous avons déjà signalé, disait-il, que trois membres de la famille Thyssen font partie de la Société des Hauts- Fourneaux qui doit s'établir à Caen. Cette famille de grands industriels allemands a déjà la haute main sur les mines de fer de Sousmont-Saint-Quentin, près de Falaise et de Diélette, dans la Manche.

Or, on annonce que les Thyssen viennent d'acheter, dans la commune de la Glacerie, à six ou sept kilomètres de Cherbourg, des terrains qui entourent complètement le poste de télégraphie sans fil de la marine

sait aussi qu'en temps de guerre, ces paquebots seraient utilisés comme éclaireurs et transbordeurs, on accueille avec moins d'enthousiasme que David et Mahieu l'annonce de la venue de ÏImperator. C'est à croire que tous ces gens-là sont devenus fous, les Allemands d'orgueil et d'audace, les politiciens français d'abrutissement, de vénalité, de servilité.

L'émotion provoquée dans les milieux maritimes par les incroyables détails de cette visite à Cherbourg fut grande et justifiée. D'autres politiciens et des armateurs du Havre notamment s'en firent les échos. On s'est demandé quels INTÉRÊTS SORDIDES — c/i la circoTistance, de trahison — liaient ainsi le ministre David à la fortune des Compagnies transatlantiques et minières allemandes.

Mais Fernand David a pour lui un journal important à cause de sa gallophobie et de son impudence bien connues : la StrastbûrQcr Post qù l'on peut lire ceci :

« La défense de M. Fernand David est facile. Les minerais de Diélette sont tombés aux mains allemandes pour la seule raison que la France en possède trop et que l'Allemagne n'en a pas assei. D'autre part, les sociétés maritimes étrangères ont gagné en importance à Cherbourg parce que le» Compagnies françaises sont plus chères et plus mal organisées que n'importe lesquelles. Les acquisitions de terrains par M. Thyssen contribueront à la prospérité de la Normandie et il est tout naturel qu'en retour de cet enrichi><sement d'une région le gouvernement français fasse montre de quelque politesse. »

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française, qui a le premier reçu la nouvelle de la catas. trophe du Vendémiaire.

Sotre pays est ainsi livré à t Allemagne, et le gouvernement laisse faire.

Encore une fois, est-ce de tout cela que s'est montré fort satisfait le ministre Fernand David?

Bien plus, non content d'aller donner, par sa présence, une consécration officielle à l'installation de nos bons voisins à Diélette, il a tenu également à porter l'amical encouragement du gouvernement de la République aux Compagnies transatlantiques de Cherbourg : La Hamburg-Amerika et la Norddeutscher Lloyd.

Ce fut, un moment, le projet de Bismarck, en 1871, de nous arracher la cession de Cherbourg. Tout au moins l'Allemagne a-t-elle obtenu, dans notre second port de guerre, une escale pour ses transatlantiques du Norddeutscher Lloyd et de la Hamhurg- Amerika. Le président de la Haynburg-Amerika, M. Ballin, — est-ce un cousin éloigné du Ballin- Grùnebaum, dit le Francfortois de la Séparation? — est, entre parenthèses, un des conseillers les plus écoutés de l'empereur Guillaume II. On lui prête actuellement le désir de remplacer, pour ses transatlantiques, l'escale de Cherbourg par celle de Brest. Le rêve de l'Allemagne, Cherbourg port franc, ville de la Hanse comme Hambourg et Brème, serait remplacé par celui-ci : Brest port franc. Un journal technique, lÉconomiste Indépendant, donnait, récemment, à ce sujet, les intéressants renseignements que voici :

Chaque semaine, la Hambiirg-Amerika paie 10.0(»0 frs. pour ses deux trains spéciaux Paris-Cherbourg et Cherbourg-Paris. Or, elle trouve, avec raison, que le

matériel mis à sa disposition est misérable, que les trains marchent trop lentement et que les horaires ne sont pas respectés. Il n'y a d'ailleurs pas que les Allemands qui pâtissent de l'état d'anarchie du réseau modèle. En transportant à Brest son escale, la Hamburg- Amerika veut remédier à cette situation. Elle veut des moyens modernes et confortables et des trains ultrarapides allant de Cologne à Brest par Jeumont, Saint- Quentin, Amiens et Rouen.

Et savez-vous comment elle pense arriver à ses fins? Tout simplement en établissant en territoire français une ligne électrique à son usage personnel. Si vous rattachez ces visées à la mainmise des gros industriels d'Outre-Rhin sur nos mines de fer normandes, il vous apparaîtra que le plan ne manque ni d'habileté, ni d'audace. Dans quelques années^ notre région Nord- Ouest serait une véritable colonie allemande. Le gouvernement ne peut vraiment pas aller jusque-là dans la voie des concessions!

Les navires de la Hamhurg-Amerika et de la Norddeutscher Lloyd, non seulement luxueux et confortables, mais solides et faciles à armer, — tout y étant disposé à cet effet, — deviendront instantanément en temps de guerre des croiseurs. Les officiers de la marine régulière allemande font déjà un stage sur eux, aiin de connaître à fond les passes, — qu'ils possèdent, en effet, aussi bien que nos meilleurs pilotes. Il y a bien à bord un pilote français, mais il n'est là que pour la parade et pour donner des renseignements supplémentaires, demandés incidemment au cours des conversations de fumoir. Les officiers de ces navires connaissent minutieusement le littoral. Ils ne se gênent pas, dans les causeries confidentielles, pour exposer à leur interlocuteur, môme français, le rêve de Cherbourg ou de Brest, villes de la Hanse, ou du Cotentin coupé à Carentan et devenu

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allemand. Cette nouvelle coupure les passionne beaucoup plus que celle du Congo.

Mais il y a mieux : partout où touchent les paquebots de la Hamburg-Aynerika ou du Lloyd, quel que soit le pays, quelle que soit la ville (Soutliampton, Gênes, etc.), rautorité locale exige, sur ordre de son gouvernement, que l'agent de ces Compagnies soit un national, anglais pour l'Angleterre, italien pour l'Italie..., etc.. C'est là une précaution élémentaire, sur la nécessité de laquelle il n'est pas besoin d'insister, en même temps qu'un droit et un devoir strict. Encore faut-il que cet agent national, qui prête son nom à ces Compagnies étrangères, soit agréé par les Chambres de commerce et les municipalités. Étant tenu pour responsable, il exerce naturellement une surveillance proportionnelle à sa responsabilité.

Or, il n'en va pas ainsi, pour les Compagnies allemandes * de transatlantiques, à Cherbourg, ^ort de

1. Conformément à l'usape international. Tapent de ces transatlanlic^ues à Cherbourjç fut, pour commencer, un Français : M. Emile Le Pont, Conseiller municipal, vénérable de la loge maçonnique « la Solidarité », licencié en droit, parlant couramment l'anglais et l'allemand, M. Emile Le Pont appartenait, en outre, à une des familles les plus connues de la ville. Son père était membre de la Chambre de commerce et commissionnaire à la marine, comme tel, en relations constante» avec lft« nrincipaJas usine^ç el foDderi»^^ de France;. Il avait ainsi toutes lacilites c» kuut accès auprès des pouvoirs publics, civils ou militaires. Enfin, il avait comme ami intime le député socialiste et actuel maire de Cherbourg, M. Mahieu. Si je donne 'ous ces détails, c'est afin de bien montrer, sur le vif, le pruc< dé allemand qui consiste à s'im planter chez nous, en utilisant, au dt-but, des personnalités à la fois com[)ét<;ntes et importantes. Avant d'agir, l'Allemand te renseigne bien, beaucoup mieux môme que l'Anglais, son concurrent. Comment oeLa ? Par un syblcme perfeclionné d'ageaces et de Ûehee.

guerre français. Après avoir pris, pour faire les démarches au ministère de la Marine, près de la Chambre de commerce, près de l'Amirauté et des diverses autorités, un notoire Cherbourgeois. — de la noto-

Une fois bien et dûment installées à Cherbourg par les soins et l'activité de M. Emile Le Pont, leur agent, les Compagnies allemandes le remercièrent, pour recourir aux offices de leurs nationaux. C'est dans l'ordre. C'est la deuxième phase de l'occupation. Mais on raconte, à Cherbourg, que la Norddeutscher Lloyd et la Hamburg-Amerika demeurèrent en fort bons termes avec le citoyen député Mahieu, maire de Cherbourg. Quoi de plus naturel? Le parlementaire socialiste est, par définition, ami de l'humanité. 11 importe au bonheur de l'humanité qu'il soit élu et réélu. Si donc, pour assurer cette élection ou cette réélection, il devait recourir à la sympathie active et manifeste d'étrangers, il serait bien sot d'hésiter une minute. C'est ainsi que le citoyen député Mahieu, maire de Cherbourg, est ouvertement dans les meilleurs termes avec les Compagnies allemandes susnommées et qu'il ne leur tient pas rigueur d'avoir éliminé son ex-camarade M. Emile Le Pont.

Le zèle transatlantique pro-aliemand du citoyen député et maire de Cherbourg, M. Mahieu, est tel qu'il a mené en personne, comme député et comme maire, dans l'exercice de ses fonctions, une campagne acharnée, pour faire réduire les frais de pilotage des compagnies. Sans doute, les droits de pilotage, proportionnels au tonnage des bâtiments, étaient-ils parfois excessifs. Mais chacun se demanda, à cette occasion, s'il était dans le rôle du maire de Cherbourg de prendre le parti des étrangers contre ses concitoyens ; et au cours d'une réunion tenue à l'Hôtel de Ville, les pilotes cherbourgeois, firent une scène des plus vives à leur maire comme trop économe des deniers teutons.

Il faut avouer que l'étrange sollicitude de M. Mahieu dépassait les bornes. Que les compagnies étrangères bénéficient des avantages de nos nationaux, cela est déjà excessif, mais qu'elles jouissent d'un régime de faveur, c'est tout simplement exorbitant ! Et nous trouvons encore la confirmation de ce que nous venons d'écrire au sujet des droits de pilotage dans les lignes suivantes extraites d'une brochure de M. Bossière sur la prospérité des ports français.

« ... Sait-on que le transatlantique allemand du Norddeutscher Lloyd, qui touche chaque semaine à Cherbourg pxour enlever aux lignes françaises le meilleur de leur» passager», a

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riété duquel ils ont largement usé, — les Allemands, une fois solidement implantés, ont rejeté, sous un prétexte quelconque, notre compatriote. C'est là leur tactique invariable. Ils se servent d'un national comme moyen de fixation et de pénétration, ils utilisent son influence locale, sa bonne situation, puis, quand ils ont ce qu'ils veulent, au premier tournant, ils se débarrassent de lui et le remplacent par un Allemand. C'est ainsi qu'à Cherbourg, les deux agences du Hoxjd et des Hambourgeois fonctionnent, — contrairement à tous les usai^es, contrairement à ce qui se passe partout ailleurs, — avec un personnel entièrement allemand, [sans aucun agent français. Les Allemands, ici, agissent en maîtres.

Faut-il insister sur les facilités que leur donne une situation aussi privilégiée et paradoxale quant à la connaissance des parties vives de notre défense côtière, quant aux arsenaux, quant aux sous-marins? Le péril a été signalé maintes fois et dans maint rapport confidentiel, dont il n'a été tenu aucun compte en haut lieu. On aurait môme été jusqu'à interdire aux autorités maritimes d'intervenir, dans la crainte, sans doute, de tomber sur un second Ullmo. Vous me direz que, d'un certain côté, cette mainmise de l'Allemagne sur Cherbourg est pour nous une garantie que nos cuirassés y sauteront moins aisément qu'à

obtenu une réduction considérable sur le t&rif de pilotage et ne paie aucun droit de quai..., tandis que son concurrent direct, le transatlantique français qui, chaque samedi, lorsqu'il sort des jetées du H.ivre, laisse derriùrc lui, aux dix mille personne» qui ont travaille à son armement, une somme qui Toisine le demi-million, se voit miposer à chaque yoyage, les droits de quai à l'entrée et à la sortie, c'est-à-dire doubles, et le plein tarif de pilota^^'e, augmenté même d'une surtaxe s'il yeul choisir sc« pilote*» 7 »

Il faut avooer «n efTut que c'«8t un peu raidtt !

Toulon ; la poudre B leur sera moins nocive, attendu que l'explosion risquerait d'endommager les transatlantiques allemands, ce qui n*est pas le cas pour Toulon, où les Allemands ne font pas escale. L'ui^ gument a du poids, je n'en disconviens pas.

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