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LES ALLEMANDS A BRÉHAT ET LA QUESTION DBS ILES

Le lils d'un banquier de Francfort, le juif allemand Kahn, est en train d'acquérir la totalité des terrains à vendre dans l'île de Bréhat (Côtes-du-Nord).

Située dans le canton de Paimpol, devant la petite baie de TriexLX, au fond de laquelle est Lésardrieu, où se trouve une station de torpilleurs, entre la Grande Passe et le Felirless, l'île Bréhat est, au dire de tous les marins, un point stratégique des plus importants. La flotte allemande a toujours étudié ces parages en vue d'un débarquement éventuel. Des essais de « phares hertziens » ont été efïectués en divers emplacements de l'île.

1. Ces lignes sont ex traitée d'un article paru dans l'Action Française du 26 septembre 1912 sous la signature de notre collaborateur Kerannoz.

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Il y a plusieurs années déjà que le docteur V..., propriétaire en cette île, commençait à s'effrayer de ces acquisitions germaniques, selon un plan qui semblait méthodique. Il faut croire qu'elles n'effrayèrent pas Jacques Grumbach, car elles continuèrent. Vers 1908, M. le sénateur Riou, dans sa vigilance patriotique, crut devoir présenter à ce sujet une motion devant le Conseil général du Morbihan. Il demandait au Gouvernement de s'opposer au déclassement des fortins, dont l'achat, par des étrangers, pouvait compromettre la sécurité nationale. Cette motion fut votée à l'unanimité. L'extension prise par les postes de télégraphie sans fil et la nécessité de surveiller ces installations, — dont le rôle serait capital en temps de guerre, — démontrent, à l'heure actuelle, plus encore qu'en 1908, l'opportunité de l'intervention de M. Riou. Le sénateur du Morbihan ne s'en tint pas là. En 1909, une proposition, tendant à prévenir ces dangers, fut déposée par lui et deux de ses collègues. Elle fut renvoyée, par le Sénat, à la commission compétente, laquelle, bien entendu, l'enterra.

Nous verrons tout à l'heure avec quelle obstination digne d'éloges M. Riou revint encore sur cette question, au Sénat, le 14 février 1912.

Par ailleurs, j'ai posé quatre ou cinq fois à M. le député Long *, rapporteur du projet de loi sur la cession du Congo à l'Allemagne, la question suivante : « Est-il vrai que vous ayez été l'hôte du juif allemand Kahn, à Bréhat, Tété dernier? » M. Long ne m'a pas

1. Or lit dans la Franc-Maçonnene démasquée : La loge Alsace-Lorraine Écossaise avait organisé le 28 novembre dernier, une tenue qui portait à son ordre du jour la mention suivante :

L'Œuore Française dans l'Afrique du Nord. Causerie par notre F .-.M. Long, député de la Drôme, rapporteur de la

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répondu et pour cause ; car il a séjourné en effet pendant plusieurs semaines chez le juif allemand Kahn, à Brôhat, à la grande stupeur de Français du voisinage qu'étonnait une pareille promiscuité en un tel moment.

Le juif allemand Kahn poursuit ses achats de terrain à Bréhat. C'est ainsi qu'il a acquis cette année une ferme voisine du séma{)hore; le Moulin du Nord (vieux moulin à vent démantelé) situé en un lieu élevé. ^

Il est en pourparlers pour plusieurs îlots qui seraient, le cas échéant, des postes tout indiques de télégraphie sans fil. Sans doute, Kahn compte-t-il sur ses amitiés et relations politiques pour devenir peu à peu et sans difficultés seigneur juif allemand de Bréhat. Je signale cette situation étrange à tous les patriotes de la réc^ion et aussi au Lorrain Poincaré, pour (pi'il en fasse part au juif Jacques Grumbach, chargé de la surveillance des étrangers au ministère de rintcrieiir.

C'est à proj.os de la vente de l'île de Porquerolles, située, on le sait, à côté de Toulon, qu'eut lieu la patriotique intervention de M. Iliou.

L'attitude de la presse parisienne, dans cette occasion comme dans beaucoup d'autres, a été du reste peu brilhuit©. Elle est demeurée absolument muette et n'a fait aux paroles de M . Charles Hiou qu'une allusion vague et peu distincte. V^oici donc in-extenso, et d'après le Journal Officiel, — que veut bien ne paa

Comm.*. desAff.-. Kxt.-. delà Chambix, membre actif de l'At.*.

Le F.'. L'»ng Imuve snris doute dangereux d'appartenir k une loge de la région qui) représentt.

Ehl-ce à la l<»ge AUdce-Lorraine EcossaUe que M. le député Long a lait la con naissance du juif Kahn, de Francfort, grand acquéreur de terrains à l'Ile Bréhat?

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expurger encore M. Jean Dupuy, — le compte-rendu de ce mémorable épisode. Mémorable, car le jour où les choses s'aergraveront brusquement, il restera à M.Charles Riou l'honneur de ne pas s'être tu sur l'essentiel, je veux dire sur la livraison, en pleine paix, de territoires stratégiques français, — sol et sous-sol, — à l'AUem tnd.

On fera bien de lire avec soin et de méditer ces paroles éloquentes.

M. Charles Riou. — Messieurs, il y a quelques années, en Bretagne, nous avons été très émus par des achats prémédités, faits surtout par des Allemands, sur notre littoral, et notamment par l'acliat de fortins déclassés; à tel point que je traduisais alors la pensée et les craintes de mes concitoyens devant le conseil général du Morbihan.

Un vœu fut adressé au Gouvernement et j'ajoute qu'il fut pris à l'unanimité de l'assemblée départementale, sans distinction d'opinion politique.

A ce moment, nous fûmes saisis au Sénat, non pas en séance publique, mais dans une séance des bureaux, d'une demande formée par un homme que vous connaissez bien, un éminent docteur de l'ai'is, patriote avant tout, M. le docteur Variot. Nous fûmes saisis par lui d'une demande de convocation, dont je me chargeai, de tous mes collègues de Bretagne et de Normandie, qu'intéressaient les questions du littoral. Il nous révéla quelle était la situation d'une île de notre Bretagne, l'île Bréhat, où il est propriétaire et où, depuis un certain nombre d'années, le fils d'un banquier allemand de Francfort se rend, à vrai dire, maitre du pays tout entier.

A la suite de ces constatations et de ces révélations, M. l'amiral de Cuverville, que nous regrettons toujours, M. Cabart-Danneville et moi, saisîmes le Sénat d'une proposition de loi qui fut renvoyée à la commission de la marine. L'autre jour, lorsque le bureau dont j'ai l'honneur de faire partie désigna deux de ses membres pour le représenter à la commission de la marine, je

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me suis adressé à eux et plus particulièrement — il me permettra de le nommer — à M. Peytral, pour les prier de hâter le plus possible le moment où cette proposition pourra être discutée en séance publique. M. Peytral m'a répondu qu'il s'en occuperait, ainsi qu'il l'avait, au reste, déjà fait, et que bientôt, la commission ferait connaître au ministère et au Sénat son avis sur notre proposition de loi qui est due, je dois le dire, à l'honorable M. Cabart-Danneville

M. Gaudin de Villaine. — Elle est urgente.

M. Charles Riou. — Sans entrer dans d'autres détails qui ne pourraient que fatiguer le Sénat à l'heure ou j'ai l'honneur de parler, je me borne à ajouter que, dimanche dernier, je dus adresser à M. le ministre de la guerre une lettre dont je demande au Sénat la permission de donner lecture. Mieux que n'importe quel développement, elle fera connaître la nature de la question dont je désire aujourd'hui saisir le Sénat et M. le ministre de la guerre :

« Paris, le 11 février 1912.

« Monsieur le Ministre,

« Le journal V Action Française qui a entrepris une campagne courageuse et très documentée sur l'invasion de la France par des industriels allemands, reproduit aujourd'hui une lettre adressée, le 4 février, au Petit Marseillais^ de laquelle il résulte que l'île de Porquerolles qui importe, paraît-il, à la défense de Toulon, doit être mise en adjudication publique, le 22 février prochain.

« Le Petit Marseillais ajoute que des pourparlers sérieux sont engagés pour l'achat, avec des étrangers qui se trouvent, en ce moment, sur notre littoral.

« Cette acquisition par un étranger, quelle que soit sa nationalité, ytouvant porter une atteinte regrettable à la défense de notre côte méditerranéenne; j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien accepter, à ce sujet, une question à l'une des premières séances du Sénat où .se discutera le ministère de la guerre.

• Bien des fois, j'ai dû, avec quelques-uns de mes col-

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lègues du Sénat, me préoccuper de ce qui se passe sur nos côtes, notamment en Bretagne...

M. Gaudin de Villaine. — Et en Normandie.

M. Charles Riou. — « ... en janvier 1909, MM. l'amiral de Cuverville, Cabart-Danneville et moi, nous avons déposé, sur le bureau du Sénat, une proposition de loi qui a été renvoyée à la commission de la marine.

« Depuis^ rien n'a été fait d'utiley et il me parait nécessaire, plus que jamais, que des dispositions soient prises sans tarder, pour que l'État mette fin à des empiétements sur notre territoire national, d'autant plus dangereux qu'ils se produisent depuis trop d'années^ sans éveiller Vattention publique, avec une prudence et une préméditation calculées.

« Veuillez agréer... »

M. Cabart-Danneville. — Voulez-vous me permettre une courte interruption, mon cher collègue?

M. Charles Riou. — Parfaitement, avec le plus grand plaisir.

M. Cabart-Danneville. — La commission de la marine dont je faisais partie Tannée dernière et les années précédentes, n'a pas examiné la proposition, et voici pourquoi : c'est qu'oTi a constaté que non seulement file de Bréhat était occupée, comme Je Vai indiqué dans ma proposition que vous avez bien voulu signer d'accord avec V honorable amiral de Cuverville, mais qu'une partie du littoral était aussi occupée par des Ailemands, en Nornnandie surtout et ailleurs.

M. Charles Riou. — A plus forte raison.

M. Cabart-Danneville. — Et la commission de la marine avait justement demandé, a cause de la rédaction qui était extrêmement délicate, qu'une commission interministérielle fût nommée...

M. Peytral. — C'est moi qui avais fait cette proposition.

M. Cabart-Danneville. — J'allais le dire... qu'une commission interministérielle fût nommée, comprenant un représentant de chacun des ministères de la justice, des atîaires étrangères, de la guerre et de la marine.

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M. Charles Riou. — Et rien n'a été fait.

M. Cabari-Danneoille. — Rien n'a été fait.

M. Charles Hiou. — Par conséquent, M. le ministre de la guerre voudra bien s'entendre a ce sujet avec son collègue de la marine.

M. Peytral. — J'ajoute que, dès la première séance de la commission de la marine, j'ai saisi celle-ci de la question que vous avez vous-même posée devant le bureau, et que le président de cette commission, M. Cuvinot, m'a dit personnellement qu'elle ne tarderait pas à reprendre l'atlaire au point où elle l'avait laissée. (Très bien !)

M. Gaudin de Villaine. — Et les Allemands conti nuent!

M. Charles Riou. — Un de dos collègues, M. l'amiral de la Jaille, qui est une autorité en pareille matière, s'il n'eût ete retenu chez lui par une indisposition heureusement sans gravité, aurait pu donner ici son avis sur la question de l'île de PorqueroUes. Vous savez que l'amiral de la Jaille a été pendant très longtemps préfet maritime de Toulon. Or il m'a dit en propres termes : « L'île de PorqueroUes ne peut pas ne pas appartenir à la France, PorqueroUes commande la défense de la rade d'Hyères et, par conséquent, doit appartenir et rester à la France. »

(^u'en pense M. le ministre de la guerre? C'est la question que je lui pose au nom de mon collègue et au mien, et je la pose au Sénat tout entier. {Très bien! très bien !)

M. le ministre de la guerre. — Je demande la parole.

M. le président. — La parole est à M. le ministre de la guen-e.

M. le ministre. — Je n'ai pas à m'expliquer sur la question générale, après ce qu'a dit tout à l'heure rhonorable M. Cabari-Dunneville.

En ce qui touche PorqueroUes, voici quelle est exactement la situation.

Le do|»aru nient de la guerre a, dans l'île de PorqueroUes, des batteries de côte; en dehors des terrains

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militaires, il y a un certain nombre de terrains qui appartiennent, à l'heure actuelle, à une société dont le président est, d'ailleurs, un étranger, et dont beaucoup de membres sont également des étrangers.

La situation n'est pas nouvelle^ et, à plusieurs reprises, mes honorables prédécesseurs y notamment T honorable M. Berteoux et V honorable M. Messimij, ont reçu des propositions de vente quils ont dû décliner. J'ajoute que le Sénat n'a pas à s inquiéter, et voici pourquoi : c'est que le jour où le ministère de la guerre estimera que tels ou tels tei^rains sont nécessaires à la défense nationale, il aura la faculté d'user du droit d'expropriation et il n'y manquera pas (Très bien! très bien !)

Je crois donc que les craintes qui se sont fait jour, et dont je comprends très bien l'expression, doivent se rassurer, et j'estime que, à l'heure actuelle, il n'y a pas lieu de s'inquiéter {Très bien! très bien!)

M. Charles Riou. — Je remercie M. le ministre de la guerre des paroles qu'il vient de prononcer et je lui demande en même temps de s'occuper de la question plus générale dont M. Cabart-Dannoville, l'amiral de Cuverville et moi, avons saisi le Parlement tout entier.

M. le président. — 11 n'y a pas d'autre observation sur le chapitre 102 ?...

Je le mets aux voix.

(Le chapitre 102 est adopté).

Le 22 février 1912, l'île de Porquerolles citée plus haut fut adjugée au prix d'un million cent francs à M. Audibert, pour le compte de M François-Joseph Fournier, rentier à Paris.

Ainsi échouait le coup de l'expropriation qui aurait très bien pu faire les affaires d'un certain coulissier juif-allemand, fort connu sur le marché de Paris, lequel avait amorcé et combiné l'opération de longue date par des achats préalables du terrain à exproprier. Si le coup avait réussi, on estime qu'il

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eût rapporté à son auteur quelque chose comme deux millions et demi.

Grâce à la campagne menée en province par certains journaux locaux, tels que le Petit Marseillais et à Paris par T Action Française, l'île de PorqueroUes n'a pas été adjugée à un propriétaire étranger qui eût agi, très probablement, pour le compte d'une compagnie étrangère ; c'est ce que redoutait le Petit Marseillais lequel, au moment de la mise en adjudication de l'île de PorqueroUes, avait manifesté ses craintes avec une franchise d'allure et de langage que ne saurait avoir une grande partie de la presse parisienne. La presse des provinces est beaucoup plus libre que celle de Paris. Sans la presse des provinces, la presse française, à quelques rares exceptions près, serait une simple domestique pouvoir et des lancements financiers.

Sa prétendue liberté, pour laquelle on a tant combattu, n'a abouti qu'à une ignoble dépendance d'argent, qu'à une servitude à peine déguisée.

Donc le Petit Marseillais ajoutait ceci :

Nous tenons de source certaine qu'une société allemande a été en pourparlers pour l'achat de l'île voisine de la terre française... Le gouvernement s'est préoccupé de cela; il s'en est même inquiété. Et la société a retiré sa candidature. Mais, demain, la même société ou d'autres sociétés similaires peuvent concourir à l'adjudication, sous le couvert d'un mandataire moins apparent ^.

1. Le Petit MargeitlaU publia en outre à ce moment la lettre suivante envoyée par un correspondant particulièrement autorisé.

. C« 4 février 1912.

« Vous ne m'en voudrez pas, je l'espère, de vous renseigner

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Par la situation de Porquerolles, si proche de notre grand port militaire de Toulon, cette occupation étrangère eût présenté de graves inconvénients.

L'État se trompe fort, en effet, quand il dit qu'il n'a besoin de rien sur l'île. C'est ce que démontre facilement le Petit Marseillais dans les lignes suivantes :

sur un point qui & son importance. Lee cfu^tes disent que l'État possède 150 hectares sur l'île de Porquerolles. Les cartes se trompent. L'État ne possède pas 150 hectares, mais à peine 75. La pointe Est (Les Mèdes) est insuffisante pour les tirs des navires de guerre puisque, au moment des tirs de Vléna, la marine avait dû emprunter la moitié de l'île à la Compagnie Foncière, dirigée par M. Orengo.

« A certaine époque, l'État eut le projet de construire un vaste sanatorium sur l'Ile. Et des demandes d'achat de terrains furent adressées au liquidateur de la Compagnie Foncière. Jamais ces demandes n'ont été solutionnées. Jamais aucune vente n'a été faite.

« Avant de livrer l'île de Porquerolles atuc enchères publiques, je puis dire que tout a été fait, tout a été tenté soit auprès du ministre de la guerre, soit auprès du ministre de la marine pour les engager à acquérir, au nom de VÉtat, Vile de Porquerolles. Les lenteurs administratives sont sans doute cause de l'échec de ces démarches, car, au point de vue stratégique, Porquerolles a son importance. Certain dossier déposé au m,inistère de la marine en témoignerait si on avait pris la peine de l'ouvrir!...

« La situation de la Compagnie Foncière n'a pas permis au liquidateur de différer plus longtemps la vente. Quels seront donc les futurs propriétaires de l'île? On n'en sait rien à l'heure actuelle, "l'out ce qu'on peut dire, c'est que des pourparlers sérieux sont engagés avec des étrangers qui se trouvent en ce moment sur le littoral. Avouez que la chose serait pénible si, dans moins d'un mois, nous étions réduits à voir flotter sur tous les coins de l'Ile le drapeau allemand, espagnol ou italien. Tout a été tenté auprès du gouvernement pour éviter pareille éventualité, il a toujours fait la sourde oreille et, sur l'île de Porquerolles, l'État, nous le répétons, possède juste 75 hectares, dont 50 pour la pointe des Mèdes et 25 pour les forts de la Repentance et de Sainte-Agî^e. Les autre» fortins sont déclassés et loués au liquidateuL pour une duré© «1« neuf années. »

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Les militaires casernes à Porquerolles n'ont pas d'eau potable à boire. Pour leur en procurer, l'État doit s'adresser à une compagnie privée qui, si elle était allemande, par exemple, pourrait répondre par un refus A pari cela, l'Etat n'a besoin de rien sur i'ile.

Et à propos de la télégraphie sans fil :

Le 12 juillet 1911, l'administration des Postes et Télé graphes passait a l'administration de la Marine le poste de T. S. F. de PorqueroUes. Et, par lettre en date des 16 septembre, 31 octolire, 15 décemore T'il 3 janvier et 12 janvier 1912, le service des travaux hydrauliques du port de Toulon demandait le renouvellement du bail consenti aux Postes et Télégraphes, bail qui expirait le 10 janvier dernier. La dernière lettre, celle du 12 février, est à citer. Elle est adressée par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, M. Dclauche, au liquidateur de la compagnie :

«. Monsieur, j'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien me faire connaître quelle suite peut être donnée à la proposition que nous avons faite dernièrement de louer la parcelle de terrain occupée par la station de T. S. F. de PorqueroUes et une autre parcelfe conti(/në, de dimention Hgurée sur un plan joint à ma letLie du U\ décembre 1911. '

Le liquidateur a répondu . « Avant de renouveler le bail, nous devons attendre la désignation du nouveau propriétaire. »

Admettons que ce nouveau propriétaire soit un étranger, il pourra diie à l'État : « Je ne renouvelle pas le bail. • Et 1 Etat devra déménager et se résoudre à n'avoir plus de poste de T. S. F. à PorqueroUes.

Noii.s l'avons dit, ces craintes ont heureusement disparu «piaiità l'île de F^onjuerolles. Mais(|ue va-t-on faire pour l'île de Bréhat, aujourd'hui propriété presque exclusive du juif allemand Kahn, de Francfort?

Enfin, on affirme qu'en Corse, les Allemands ont

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fait récemment leur apparition sous la forme industrielle. Rien de plus innocent, en apparence, que l'exploitation des admirables forêts de châtaigniers qui sont une des parures de Tîle incomparable. Mais derrière cette exploitation pourraient en même temps s'abriter des opérations moins innocentes.

Cette affinité des juifs allemands pour les îles s'explique : celles-ci constituent des emplacements de choix quant aux installations de télégraphie sans fil en même temps que des points stratégiques importants.

Ceux qui ont étudié l'Avant-Guerre savent combien l'Allemand est expert à greffer, sur une entreprise en apparence pacifique, une surveillance, puis une occupation du sous-sol, du sol, de l'air et de l'eau, pvis un litige diplomatique ou économique à propos de cette occupation. Inlassablement, la race germanique poursuit ses projets à double fin : expansion, élimination d'autrui. Pour ne pas voir, il faut, ou se boucher les yeux, ou avoir reçu un bouche-œil. L'inertie de la République en face de ces initiatives impudentes n'a que deux explications qui se mêlent et se complètent ; la pleutrerie et la cupidité.

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