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A CORBEIL

J'ai insisté, dans le chapitre consacré à Lucien Baumann, sur l'importance que devaient avoir, au moment de la mobilisation, les Grands Moulins de Corheil et sur les conséquences désastreuses, incalculables, qu'entraînerait, à cette heure critique, un simple arrêt dans leur fonctionnement.

J'ai ('gaiement montré quel danger offrait la présence d'un juif allemand à la tète de ces moulins.

Parmi les bons Français qui ont tenu à m'apporter leur contribution, un homme des plus compétents m'a signalé qu'un poste allemand inlallé à Corbeil peut j)aralyser, en une seule nuit, les gares suivajitcs :

Jttr/sy /^Jon^'tion de l'Orléans, du P.-L.-M. et de la Grande-Cciniure) ;

Vilieneuce-Saint-Georges ^Jonction du P.-L.-M. et de Grandé-Ceinturo);

ÉTABLISSEMENTS IliUUSTRIfiLS ALLEMANDS 231

Melun (avec ses voies de grande ligne, ses quatre voies entre Montereau et Paris);

Moret (Isolant le Bourbonnais)*

Montereau (Détruisant la liaison P.-L.-M. et Est par la ligne Montereau-Flamboin).

Au sujet de Melun, laissez-moi vous conter une histoire que je tiens d'un officier et dont l'exactitude est absolue. Il existait à Melun, avant 1870, une brasserie du nom de Barthel, qui n'employait en majeure partie que des ouvriers et employés allemands. Survint la guerre. Quand les uhlans arrivèrent en vue de la ville, quels étaient les éclaireurs des premiers escadrons qui dévalèrent les pentes de Melun?... Cb

FURENT TOUS d'aNCIENS OUVRIERS ET EMPLOYES DE LA

BRASSERIE Barthel qui connaissaient admirablemi:nt

LE terrain et qui FURENT RECONNUS PAR LES HABI- TANTS.

Or, depuis cette époque, à la brasserie Barthel, a succédé dans la même ville, la brasserie Grûber, reliée à la voie ferrée du P.-L.-M. qu'elle domine comme une véritable forteresse et qui a sa maison mère à Strasbourg. Mon correspondant ajoute que cinquante pour cent des employés de cette brasserie Grùber sont des Allemands, se donnant plus ou moins pour des Alsaciens, et vont à tour de rôle accomplir leur période militaire en Allemagne. La proportion fùtelle beaucoup moindre que le danger n'en resterait pas moins grand.

La brasserie Grùber pourrait m'objecter qu'elle est alsacienne, ayant sa maison-mère à Strasbourg, que ses employés Allemands ou naturalisés Fran<;ais, ce qui ne leur retire en rien leur qualité d'Allemands^ sont d'excellents Français, capables au besoin, tout comme nos déserteurs juifs, c d'aller se faire trouer

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la peau à la frontière ». Je lui répliquerai que le précédent de la brasserie Barthel est joliment fâcheux, et qu'une bonne surveillance administrative et militaire me rassurerait plus que les protestations trop intéressées des intéressés.

Quant à la ligne de Montereau-Flamboin, c'est le type du chemin de fer stratégique. Quelques hommes décidés, munis des explosifs nécessaires — et ce nest pas ce qui manque dans les sociétés de produits chimiques allem,andes — quelques « officiers-ingénieurs » de réserve ou d'activé allemande, en faisant sauter les aiguilles des gares ci-dessus désignées, entraveraient gravement la mobilisation. Ne souriez pas, messieurs les Juifs et les dreyfusards. On souriait aussi, en 1869, quand quelques patriotes éclairés s'efforçaient de mettre en garde leurs concitoyens. C'est ainsi, pour rester dans ces mêmes régions, que la destruction des écluses, à Moyitereau et à Moret,

SUPPRIMERAIT TOUTE COxMMUNICATION FLUVIALE AVEC LE CENTRE ET ISOLERAIT NOTAMMENT l'aRSENAL DE

Bourges des armées de l'Est, en coupant les routes d'eau.

Donc, on ne saurait trop insister sur l'importance de la ligne Montereau-Flamboin, qui met en communication la ligne de Lyon et celle do l'Est et permettrait, en cas de guerre, de diriger vers la frontière, par Troyes, des troupes venant de la région lyonnaise, du Dauphiné, ou de la Bourgogne, par exemple. Sur le plan de mobilisation qui est au mini.«;tère de la Guerre, ces itinéraires et ces transports sont, bien entendu, prévus d'avance.

Or, en quittant Montereau, cette ligne stratégique vers Flamboin et Troyes franchit l'Yonne sur un pont connu «îous le nom de Pont de Moscou. Contioub

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AU PONT DB Moscou, INDISPENSABLE AU TRANSPORT DES . ROUPES DANS LES CONDITIONS QUE JE VIENS d'iNDIQUER, sa TROUVE UNE USINE DE PRODUITS CHIMIQUES. CeTTE usine, QUI APPARTENAIT JADIS A l'industrie FRANÇAISE, EST TOMBÉE, DEPUIS PLUSIEURS MOIS, AUX MAINS DE l'industrie allemande, DES FRÈRES W.-E. MeRCK, MARQUE BIEN CONNUE ET DES PLUS IMPORTANTES *.

Cette usine, qui est encore à la période d'installation et d'infiltration, n'emploie, jusqu'à présent, que quelques contremaîtres allemands. Néanmoins, les frères Merck font déjà venir d'Allemagne les ingénieurs, employés et ouvriers qui leur sont nécessaires pour la réparation de leurs machines allemandes.

J'admets que les frères Merck aiment ardemment la France, qu'ils se fassent même naturaliser Français à quarante ans, comme Lucien Baumann; il n'en demeure pas moins à craindre qu'un de ces agents du patriotisme militaire allemand, comme il y en a des centaines et des centaines, qu'un sousofficier ou ofticier de l'armée allemande, grimé en ingénieur ou en employé pour la circonstance, ne s'occupe du pont de Moscou beaucoup plus que de produits chimiques. Si le pont de Moscou saute, deux heures après la déclaration de guerre, il ne faudra pas trop s'en étonner. Je répète que l'usine allemande est contiguë au pont. Le seul établissement proche est en face, sur l'autre rive de l'Yonne,

1. Le Pont de Moscou n'est séparé de ces dangereux établissements que par un grillage en bois de 1 m. 80 de haut. U est creusé de cavités destinées à l'écoulement des eaux de pluie, mais capables aussi de recevoir une forte quantité d'explosifs. Rien ne serait plus facile à une personne mal intentionnée que de faire sauter cet ouvrage indispensable. Rappelons ici qu'a l'alerte de 1905, il est passf sur ce

PONT DK Moscou PLUS DB CENT TRAINS DB MUNITION». C«

Chiffre démontre son utilité.

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un réduit appelé la Machine Fixe, donnant sur le chemin de halage. C'est dire que la surveillance est nulle et que l'usine Merck est en fait maîtresse du Pont de Moscou.

De plus la maison Merck est en relations constantes d'allaires avec une autre usine de produits chimiques allemande que nous connaissons bien : celle de La Motte-Breuil, succursale elle-même de l'usine Elektron de Griesheim Bitterfeld. Ces deux maisons se tiennent comme les deux doigts de la main.

N'est-ce pas une coïncidence saisissante que ces deux fabriques de produits chimiques, relevant de l'industrie allemande toutes deux, se trouvent comme par hasard installées, l'une à côté du parc d'aérostation de La Motte-Breuil, fournissant l'hydrocrcne à nos dirii^eables, l'autre à côté du Pont de Moscou et d'une de nos voies stratégiques les plus importantes?

Il était à prévoir que le,- forteresses chimiipics allemandes s'entr'aidaient. Mais je n'iniat;inais tout de même pas que leurs rapports fussent tellement étroits. La coïncidence de leur établissement simultané en de semblables endroits n'en est que plus saisissante.

Par ailleurs, on m'a signalé la présence d'une usine allemande suspecte dans le voisinage du pont d'Épinay.

Des patriotes ont également déniché à Nanterre, — région infest/'C d'Allemands, — une usine allemande située sur les bords de la Seine, a deux cents

MHTRES A PEINB DU PONT DB BEZONS, VOlC pHUClpalO

des chemins de fer venant de Normandie à Paris

Saint- Lazare. Cette maison fabrique du papier à

musi(jue et imprime des j)artitions musicales. Elle a

un bureau à Paris, un autre à Berlin, un autre à

ÂTABLISSEMBNTS INDUSTRIELS ALLEMANDS 235

Leipzig. Le directeur de l'usine de Nanterre serait un Allemand du nom de Ditzel. Le sous-directeur, un autre Allemand du nom de Friederich. Depuis que ces messieurs sont en fonctions, les ouvriers français sont éliminés un par un, sous des prétextes divers, — suivant la méthode allemande , — et remplacés par des Allemands. Sur la centaine d'ouvriers que compte l'usine, il n'y aurait plus qu'une quarantaine de Français.

Voici plusieurs mois qu'à Gargan-Villemomble, on était fortement intrigué par une usine allemande, située sur la ligne {station avenue Magne) appartenant à la maison allemande Hélios, — Société anonym,e française de produits chimiques et photographiques y sise 22, rue de Bondy, à Paris. Au moment d'Agadir, tout le haut personnel de cette usine s'éclipsa, paraît-il. Elle avait adjoint une blanchisserie à ses produits photographiques, et cette installation onéreuse surprenait fort les habitants, vu la concurrence forcément victorieuse des blanchisseries voisines de Boulogne et de Billancourt. Celles-ci, en eiîet, ont à leur avantage la proximité du fleuve et les écoulements nécessaires. L'usine en question

ÉTAIT SITUÉE A 2 KILOMETRES ENVIRON DE NoiSY-LE- SeC, EMBRANCHEMENT DES LIGNES d'AvRICOURT ET DB

Strasbourg, la ligne de Gargan, sur laquelle se trouvait ce batiment, relie les lignes du nord et DE l'Est, elle était enfin a environ trois kilomètres DU fort de RoSNY-SOUS-BoIS et a peu PRÈS a LA MÊME distance DU FORT DE ROMAINVILLB.

On relevait dans le conseil d'administration de la Helios, les noms du baron de Pflugk et de J. Wehrenpl'ennig, mort depuis. Le baron de Pflugk est une personnalité des plus entreprenantes et des plus

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importantes. Sa famille a une haute situation à la cour de Saxe. Ancien officier de l'armée allemande et des plus estimés, il dut quitter le service à la suite de nombreuses blessures reçues au cours de campagnes coloniales. Il n'en faisait pas moins, en raison de ses affaires, de nombreux voyages en Allemagne, et il était bien connu et apprécié dans la région de Gargan, où il conversait volontiers avec l'habitant*.

J'ajoute que la maison Hélios n'eut pas à se plaindre de l'hospitalité française, si j'en crois son prospectus :

« Méthode des formolateurs Hélios, expérimentée conformément au décret du 7 mars 1903, par le comité consultatif d'hygiène publique de France, et autorisée officiellement, sur le rapport favorable de ce comité, par décisions ministérielles des 9 février et 24 décembre 1904. »

UOise.

L'Allemagne a en quelque sorte monopolisé, depuis vingt ans, Tindustrie chimique industrielle et pharmaceutique. Il serait excessif sans doute de prétendre

1. Le 24 octobre 1912, quelques jours après la publication dans V Action Française de ces renseignements, je reçus la visite, — la première de ce genre — du baron de Pflugk, ex-officier de rarmé« allemande, que j'avais ainsi mis en cause. Fort cour . toisement, le baron de IMlugk m'assura que la Hélios était dissoute et que rétAl)lisscmont n'existait plus. U mo donna au.^si des explications satisfaisantes sur ses fréquents voyages en Allemagne pendant son s^^jour en France. Il voulut bien reconnaUr© que la situation actuelle était paradoxale et qu I était fort légitime r^u'an patriote français s'inquiétât d'in pareil état de chosesw Par ailleurs, il n'eut à démentir aucun des renseignements que j'avais reproduit*.

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qu'elle avait, dès le début de cette extension, ses visées sur nos travaux d'art et nos voies de mobilisation. Mais il serait stupide de ne pas voir que, là comme ailleurs, l'Allemagne a fait servir son développement industriel à son plan militaire, a greffé sur l'envahissement économique un plan d'invasion par les armes. C'est exactement de la même façon que les entreprises minières en Normandie de Thyssen-Krupp permettent à l'empire allemand de créer chez nous des enclaves aussi périlleuses, aussi scandaleuses que le « Gibraltar allemand », par exemple, que le port de Diélette.

Chose à remarquer, les fabriques de produits chimiques allemandes foisonnent surtout dans la vallée de l'Oise dans les départements du Nord et de l'Aisne. La vallée de l'Oise, est infestée d'usines, de fabriques et d'installations allemandes.

La Dépêche de VOise va me dire que cela fait la fortune de la région. Je lui demanderai si elle sait que le loyer des maisons ouvrières de l'usine allemande, à Trosly-Breuil, par exemple, est de 192 fr. par an. Ces maisons ne sont pas luxueuses, loin do là. Elles seraient exemptes d'impôts, grâce à de mystérieux proteoleurs. Cependant que dans d'autres cités ouvrières du voisinage, certainement plus confortables, le loyer de maisons appartenant, celles-là, à l'industrie française, ne serait que de 99 francs par an. En d'autres termes, les Allemands s'arranijent toujours, comme les Juifs leurs compères, pour faire d'excellentes affaires, même avec la « vilandrobie >.

Je reviens à la vallée de l'Oise. Aux prévisions des meilleurs auteurs allemands, cette vallée sera, dans la prochaine guerre, une des voies de pénétration de leurs armées. Est-ce pour cela que les Allemands ont eu soin

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de la jalonner de points d'appui d'apparence inoffensive, tels que fabriques de pâte de paille, de pâte de bois, de couleurs d'aniline..., ou demi-inoffensive, tels que dépôts alimentaires d'un genre particulier, sociétés d'électricité, etc., etc.? 11 ne faut pas oublier que Creil, par exemple, est sinon un point stratégi(]ue au sens militaire du mot, du moins une des bifurcations les plus importantes de la ligne du Nord. Il y a là, non seulement au point de vue industriel et commercial, mais aussi au point de vue de la Défense Nationale, un foisonnement germanique préalable des plus inquiétants. Dans la région de l'Est, nous le verrons, nos ennemis occupent dès maintenant aux bons endroits, des fermes et établissements agricoles. Dans la vallée de l'Oise, leurs repères — ou, si vous préférez, leurs repaires — sont actuellement industriels. Les Allemands se prémunissent non seulement en complicités patriotiques — par leurs compatriotes installés cbez nous — mais encore en matériaux et en personnel de remplacement. Il saccageront l'industrie française, l'approvisionnement français. Ils laisseront intacts l'industrie allemande, l'approvisionnement allemand en France, certains qu'à cette heure-là, leur industrie et leur approvisionnement nationaux ne fonctionneront plus que pour eux, qu'à leur profit exclusif.

La gare de Creil est un véritable nœud du réseau du Nord, où s'opère une quadrifurcation des lignes ferrées.

Quatre voies divergent, en effet, de Creil vers l'Ouest, le Nord et le Nord-Est. Elles atteignent respectivement Pcrsan-Beauraont, Beauvais, Saint-Just et Amiens, Compio;jne et Teriiier. Ces deux dernières commandent, à elloK .seules, presque tout lo réseau du Nord.

BTABUSSSMENTS INDUSTRIELS ALLEMANDS 239

La voie de Saint-Just-Amiens se bifurque à Saint- Just, atteignant, à droite, par Montdidier et Cliaulnes^ le secteur Cambrai-Denain-Anzin-Valenciennes; à gauche, par Amiens, les secteurs Boulogne-Calais, Arras- Lens-Bétliune-Dunkerque, Douai-Lille.

La voie de Compiègne-Tergnier atteint, par Busigny, la région de Maubeuge, où elle se bifurque sur Bruxelles d'une part, sur Liège de l'autre.

Beauvais et Persan-Beaumont ont, par la voie directe du Tréport, un dégagement sur Paris, qui ne dépend pas de la gare de Creil. De même les lignes de Pontoise, à l'Ouest, et de Laon à l'Est sont indépendantes de Creil. Mais à part ces exceptions, peu importantes, tout le transit du réseau du Nord vers Paris se fait par Creil.

Creil commande notamment, outre la route francoanglaise la plus directe et la plus promptement parcourue, par Boulogne-Foikestone et Calais-Douvres, les communications de Paris : avec Dunkerque, premier port français exposé aux coups de la flotte allemande, et, qui sait? à un débarquement; avec la région de France la plus industrielle et la plus riclie en mines (Bethune, Lens, Douai, Lille, Denain, Anzin, Valenciennes, Maubeuge); avec Bruxelles et la Belgique occidentale. Creil commande également une des voies d'invasion d'Allemagne en France par Liège.

Creil est plein d'usines allemandes, d'ingénieurs allemands, de contremaîtres allemands, d'ouvriers allemands i.

Voici, par exemple, la Compagnie générale d'électricité de Creil ^.

Cette société est seule concessionnaire des brevets

1. Ces lignes ont paru dans V Action Française quotidienne du 3 octobre 1912 sous la signature de notre collaborateur, J. Graveline.

2. Au moment de mettre sous presse, nous avons publié, dans le numéro de VActix)n Française du 19 février 1913, les lignes suivantes qui complètent et corroborent nos renseignements sur la Compagnie d'électricité de Creil :

La « Compagnie générale d'électricité » de Creil vient

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et procédés allemands Siemens-Schuckert. M. Von Siemens lui-même, et M. Natalis, des établissements feiemens-Sclivickert font partie de son conseil d'administration. Elle affirme qu'elle renferme très peu de personnel technique allemand. Son directeur a indiqué à un de nos amis une proportion très faible N'y aurait-il qu'un Allemand sur cent ouvriers et employés que ce serait encore un de trop dans une telle région. Car les ouvriers de cette usine traver sont quatre fois par jour la voie pour aller à Creil et rentrer à l'usine.

Ici encore, comme dans tous les cas semblables, ce fut l'élimination de l'élément français et son remplacement par une collaboration allemande ou juive (Assemblée extraordinaire du 5 mars 1912. Compagnie générale d'électricité de Creil).

Le groupe allemand de ladite société avait, après plusieurs essais, reconnu l'utilité de nommer des administrateurs français. 11 possédait d'ailleurs, outre lu qualité de créancier, la grande majorité du capital investi depuis l'origine. Ce qui fit que sur une ques-

d'acquéiir tout récemment des héritiers A..., pour ses agrandissements, UN TERRAIN LONGEANT LA VOIE FERKÉE ET SITUÔ

A l'entrée de la gare de Creil. Ce terrain est délimite d'un côté par les établissements Daydé et l'installation antérieur* de la Siemens-Schuckert, de l'autre par la rue de Gournay, au lieu dit • la vallée de Montalaire ». Il est d'une contenance de 7.000 mètres environ. L'ancienne voie de raccordement le longe pour une part, et, pour une autre part, le traverse.

Pendant ce temps, VÉcho de Paris des frères Simond découvre • l'invasion commerciale allemande en France », sans souffler mot, bien entendu, de l' Avant-Guerre. Quand on ne veut pas parler du port «Je iJiélettc, on se rabat cur la • guerre aux poupées ». On pousbe des cris d'alarme en première page sur l'augmentation des effectifs allemands, mais on évita d'expliquer aux lecteurs à quelle lin tend cette augmentation: A LA colonisation db LA Francf. PAR l'Allkmagnb, ni plus, ni moios.

tion d'accord avec un autre établissement industriel, — dont le détail serait ici fastidieux, — l'intransigeance hautaine des Allemands se donna libre cours et aboutit à la démission des quatre administrateurs français. M. de Marisy, président du conseil d'administration, donna lecture en son nom et en celui de ses collègues français, d'une déclaration des plus instructives, dont je détache et signale les passages suivants :

Quoi qu'il en soit, dès que, grâce à nos efforts, les affaires de la Compagnie de Creil eurent pris une meilleure tournure, l'ingérence allemande dans la direction prit un caractère de plus en plus accusé «t dangereux.

Des ingénieurs allemands furent envoyés à l'usine; ils correspondirent directement avec Berlin, et leurs rapports se traduisirent par des observations qui plaçaient les chefs de service responsables dans une situation pénible vis-à-vis des agents étrangers, leurs subordonnés. Des comptables allemands venaient bouleverser notre comptabilité; des inspecteurs modiliaient nos inventaires, enfin, une puissance occulte paralysait constamment notre gestion; les bureaux de Berlin ont été jusqu'à dicter des ordres de service au personnel de l'usine de Creil I

Suit l'exposé du point litigieux, puis la finale qui ne manque pas de pathétique :

Aussi, ce parti pris du groupe allemand, de réduire les administrateurs français à un rôle limité, consistant simplement à enregistrer les décisions prises à Berlin, sans que nous puissions accomplir librement notre mandat, qui est de veiller sur tous les intérêts sociaux, et non pas seulement sur ceux de la majorité, nous a amenés à résijjner nos fonctions d'admmistratrateurs.

En outre, et puisque le groupe allemand prétend diriger seul et sans contrôle les affaires sociales, nous estimons qu'il est plus logique de conférer en droit à ce

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groupe, ce qu'il revendique en fait. En conséquence, et après que les droits de la minorité des actionnaires, et ceux des porteurs de parts bénéficiaires auront été une fois pour toutes liquidés par une personnalité indépendante, tel un mandataire de justice, nous estimons qu'il y a lieu de metire ledit groupe détinitivement et seul en possession de l'actif social.

N'est-ce pas que cela est saisissant? Partout où /Allemand s'installe en France, que ce soit dans une mine, dans un Grand Moulin, dans un commerce, dans un routage, dans une fabrique, il n'a plus qu'un but : dominer l'actionnaire français, éliminer le collaborateur français, que celui-ci soit administrateur, employé, chef de bureau ou simple ouvrier, et il le brime et il l'humilie et il le combat jusqu'au moment où celui-ci, lassé, préfère donner sa démission, lai.ssant le champ libre à l'envahisseur. Ainsi le tour est joué. Ainsi l'essai de « francisation » aboutit régulièrement, invariablement à une germanisation totale, à une mainmise définitive. L'Allemand n'admet en principe qu'un seul collaborateur, le juif, parce que celui-ci est, depuis quarante-deux ans, son fourrier en France et parce qu'il sait que le juif ne commencera à le trahir que le jour où la victoire, — j'entends la militaire, la seule qui compte, — aura passé du camp allemand au camp français. Jusque-là, le juif, surveillé par rAUemand, sera Tauxiliairo fidèle de l'Allemand, que ce soit (tel le Kapitaine Dreyfus), dans les bureaux du ministère de la Guerre français, ou dans les conseils d'administration de sociétés do pénétration judéo-allemandes, au Cîongo, au Maroc, à Corbeil, à Paris.

Citons encore à Creil l'usine du Tremblay.

Cette usine se trouve située aux bords de l'Oise à

âTABLISSBlIBNTS INDUSTRIELS ALLEMANDS 243

deux kilomètres environ de Creil et sur de<^ terrains qui occupent une superficie de deux hectares. Son directeur est M. Burckan, et son personnel comprend deux cent cinquante ouvriers, les ingénieurs et les chimistes étant pour la plupart de nationalité allemande.

Ce dernier fait a été signalé dans un des articles de M. Georges Bruneau, à la Grande Revue. M. Bruneau, dans son étude, a été amené à s'occuper de la Compagnie parisienne des couleurs d'aniline, qui n'est qu'une filiale des anciens établissements Meister Lucius et Bruning.

La Maison mère de Hoëchst garde aujourd'hui, comme par le passé, l'entière direction de l'entreprise française. Elle est également propriétaire de l'usine du Tremblay, à Creil.

Dans V Aisne et dans le Nord,

A trois kilomètres de la gare de Tergnier, sur le réseau du Nord, dont l'importance stratégique est de premier rang et à deux kilomètres de la ville fortifiée de la Fère, existe une importante aciérie, récemment créée par des Français au-dessus de tout soupçon et d'une parfaite honorabilité sous le nom d' « Aciérie et Laminoirs de Beautor. » Elle aurait pourtant comme directeur un allemand M. Christian, venu des usines Krupp et un sous-directeur également allemand : M. Schwartz.

Bien entendu ces messieurs auraient amené avec eux un personnel technique, ingénieurs et contremaîtres, en partie allemand. C'est leur droit. Mais c'est aussi i« mien de rernnrnv.f'.r que cette usine

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ainsi germanisée est malheureusement fort mal située au point de vue de notre intérêt national.

Il est certain qu'en cas de mobilisation, la ten tation serait forte, pour un Allemand patriote et décidé, oflicier ou sous-officier de la landwehr, d'utiliser au sabotage de la voie, des aiguilles, des communications télégraphiques et téléphoniques, les outils que la métallurgie met à sa disposition. Il est à craindre qu'à ce moment-là, MM. Christian et Schwartz, de si bons sentiments industriels et fran cophiles qu'on les suppose animés, n'apportent un zèle fort modéré à empêcher des accidents aussi préjudiciables à la mobilisation française, aussi favorables à l'invasion allemande.

De tous côtés, depuis que l'attention du public patriote est éveillée sur ce point, on me dénonce de semblables voisinages, des juxtapositions, c travaux d'art français — usine allemande », « gare d'embranchement français — usine allemande », qui provoquent les mêmes légitimes appréhensions. La chimie industrielle est une belle chose, mais quand c'est un adversaire qui l'exerce chez nous, elle devient vite une r-hose redoutable. Nous sommes, nous Français, grâce au gouvernement de la Képubliquk Bismarck-Dreyfus, dans la situation d'un monsieur qui hébergerait chez lui, comme cuisinier ou pharmacien, son pire ennemi, qui l'entendrait, du matin au soir, piler ses drogues meurtrières, arsenic, aconitine, cyanure, etc., et songerait avec mélancolie : € Pourvu qu'il n'en mette pas dans mon potage I »

Le Français est si peu méfiant! La région de Doua est infestée d'espions allemands. La raison en est, outre l'importance stratégiijue, qu'à Douai se trouve la brigade d'artillerie du premier corps, corps de

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couverture, un de ceux qui auraient à subir le premier choc d'un ennemi arrivant par la Belgique. Il y a à Douai une quantité considérable de matériel d'artillerie, des quais d'embarquement et des papiers intéressant la mobilisation de toute cette artillerie.

Or on m'écrit qu'à côté d'un quartier régimentaire — que je juge inutile de spécifier — se trouvent, vers l'extrémité de la ville, un terrain d'exercices et, au bout de ce terrain, loin des sentinelles, une masure. Cette masure isolée n'est gardée que par un homme QUI couche dans une chambrette, ayant a coté de

LUI UN mousqueton. POURTANT, ELLE RENFERME, MÊLÉS A DU PETIT MATÉRIEL, PLUSIEURS DÉBOUCHOIRS DE GUERRE.

Mon correspondant ajoute : « Rien ne serait plus facile que de pénétrer^ la rrnù, dans cette bicoque, sans que ni la sentinelle du parc, ni les sentinelles des poudrièreSy ni le personnel de Vinfirmerie s'aperçoivent de quoi que ce soit, de bâillonner ou d'assommer le gardien, avant qu'il ait pu pousser un cri, et d'ennporter un de ces débouchoirs que V Allemagne recherche avec tant d'ardeur... Qu'on se rappelle V histoire du caporal Deschamps et de ses mitrailleuses. » Il suffira évidemment de signaler ce fait aux autorités compétentes pour qu'il y soit porté remède aussitôt. Je le répète : l'espion allemand et

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