‹ L'Avenir de l'église russeChapitre 11 sur 23 · L*AME RUSSE · texte numérisé non relu

L*AME RUSSE

condait aux découvertes industrielles ; rien ne lui plait que Tharinonie ; il pense en accords : ses idées sont sym phoniques.

Enfin ridée pauvre et claire permet des raisonnements féconds, tandis que l'idée complète et vague ne permet qu'une contemplation magnifique : dès qu'on a distingué dans les forces naturelles le volume incolore et la pression mesurable, on a pu les soumettre à des calculs, prévoir leurs réactions, diriger leurs eflfets ; si on leur laisse tout leur rayonnement, on en jouit trop pour s'en servir; la première méthode est celle des peuples actifs, l'autre est celle des peuples songeurs ; et ainsi l'irrationalisme du Russe dérive de son travail.

5** Souci de Pabsolu, — Le Russe pense dans l'absolu, car il vit dans l'absolu. Il lui est impossible de montrer au même homme deux visages, l'un dans le service, l'autre au salon : donc il ne comprend pas que deux êtres puissent se traiter 'en étrangers « relativement à une fonction » et en amis « relativement à une autre » . C'est ou ce n'est pas. Point de milieu. — Passons à la pensée scientifique.

Notre science dérive de notre industrie. Le physicien, en décomposant les composés par le

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lages de fruits restent toute la nuit dehors» couverts d'une simple toile ; il n'y a pas de contremarques dans les vestiaires ; les portes ont rarement des serrures. — Ces deux tendances contraires ont la même origine. Avant 1861 les bois ou le gibier étaient à la disposition de tout le monde ; un décret ne change pas des mœurs ; toujours on considère le bien du barine comme à demi-public ; mais ce n'est qu'à lui qu'on fera payer, avec quelque indélicatesse, l'impôt du pourboire. — Contre-épreuve : le vague de la propriété rend le Russe aussi dédaigneux de sa propre fortune que de celle des autres ; il a des libéralités magnifiques ; combien l'Etat n'a-t-il pas reçu pour la dernière guerre, combien contre Napoléon, combien au temps de Minine et Pajarski ; et, s'il y a tant de mendiants, c'est un peu parce qu'il y a tant d'aumônes. Plus que dans tout autre pays, on reconnaît le grand seigneur à ce qu'il se laisse voler : n'est-ce pas la façon de donner la plus discrète ? Les étrangers qui comptent les vols des Russes devraient compter leurs générosités ; les uns et les autres se complètent comme des effets et des causes. On croit en Occident que c'est une atteinte au droit ; on sait en Orient que ce n'est qu'un roulement d'argent.

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