HISTORIQUE
L'histoire de la pyélonéphrite compliquant la grossesse remonte au Traité des maladies des reins, publié par Rayer, en 1841. Dans le tome IIT de ce traité, se trouve, en effet, un chapitre intitulé : « Rapport de la pyélite avec les affections des organes de la génération », et on y trouve cinq observations assez nettes de cette affection. Cependant les auteurs allemands admettent que la première description aurait été faite par Kaltenback, en 1871.
Klebs, qui, dès 1868, avait trouvé des microbes dans la pyélonéphrite, croyait que eette lésion était consécutive à une infection de la vessie et de l’uretère.
Déjà, Albarran, en 1889, croyait à la possibilité de l’infection du rein et du bassinet par la voie circulatoire.
Achard et Renault, en 1891, trouvent du colibacille dans les bassinets et les calices des reins d’une femme morte de pyélonéphrite au sixième mois de la grossesse.
Mais c’est à Reblaud que revient le mérite d’avoir, en 18992, dans une communication au Congrès de chirurgie, dégagé la pyélonéphrite gravidique des autres accidents urinaires de la gestation, d’en avoir tracé les grandes lignes cliniques et aussi d’en avoir déterminé le mode de production. Il reconnaissait le colibacille comme l’agent de cette affection; 1l constatait le polymorphisme des réactions cliniques de ces infections, dont le diagnostic est parfois délicat, et il admettait l'hypothèse que l'intestin était la grande source de ces infections et que le colibacille arrivait aux reins par le sang et se fixait sur Les voies urinaires à la faveur de la légère hydro-
néphrose consécutive à la compression des uretères par l’utérus gravide.
La même année et l’année suivante, Chambrelent et Sabrazès, faisant des expériences sur des lapines pleines, proches du terme, démontraient la possibilité du passage du colibacille de la mère au fœtus, à travers le placenta.
En 1893, Vinay, de Lyon, publia dans le Bulletin médical 2 observations de pyélonéphrites gravidiques, dont une avec accouchement avant terme et mort du fœtus, et voit déjà que « l'interruption de la grossesse est la seule éventualité fâcheuse à redouter ». à
En 1895, Bué, de Lille, dans le journal l'Obstétrique, en rapportait un nouveau cas, suivi de considérations mtéressantes.
En 1896, dans son Traité des maladies de la grossesse, Vinay réunissait en quelques pages les notions relatives à la pyélonéphrite gravidique jusque-là éparses dans diverses publications.
En 1897, Navas, dans sa thèse, en réunit 12 observations. Bar et Bouillé, en 1898, attirent l’attention sur la cessation brusque des accidents après l’accouchement, et Weiss, dans la thèse de Riel, discute l’indication de l'interruption artificielle de la grossesse.
En 1898, Bar admet que la mort du fœtus résulte du passage direct du colibacille de la mère au fœtus et en rapporte une preuve clinique à la Société d’obstétrique.
Weill, en 1899, consacre à cette maladie sa thèse inaugurale et prétend déjà que le pronostic obstétrical doit être ré- Servé. F
Vinay et Cade, dans le journal l'Obstétrique, 1899, présentent 9 observations rassemblées à l'Hôtel-Dieu depuis 1893, mais sont assez optimistes quant aux pronostics obstétrical et fœtal.
Puis les publications se continuent, et les thèses se succèdent : Le Brigand, Mme Gebrak. Bredier, en 1902, décèle les formes latentes prises jusqu'alors pour de simples albuminuries gravidiques. Mais jusque-là aucun travail n'avait vrai-