Voir Critique
4. La psychologie, la cosmologie et la théologie rationnelles n'existent pour la raison spéculative que comme disciplines, censures, sciences négatives, en quelque sorte, et non comme doctrinrs. La première ne peut se ■constituer (|ue par un paralogisme : il est impossible de faire usage en dehors de l'expérience, pour un moi absolu, des caléguries par lesquelles le moi dans l'expérience ramène la diversité à l'unité. La deuxième vient échouer à cjuatre aniinomies insolubles : fini ou infini, simple ou composé, causalité libre ou soumise à des lois, être nécessaire ou série de contingences : comment choisir entre les thèses de la raison et les antithèses de l'expérience, entre l'unité formelle cl la diversité malérielle? Quant à la •troisième, toutes les preuves de l'existence de Dieu se ramènent à trois : ces trois — ontologique, cosmoiogiciue (causalité), physico-théologique (finalité) —
EVOLUTION DE LA PHILOSOPIHR AU XVIII" SIÈCLE. 157 que (lelle » ', et avec ses plus hautes idées elle ne s'élève pas au-dessus d'elle-même. Mais seul le concept du monde est contradictoire : de celui de l'âme et de celui de Dieu rien n'empêche de passer à des êtres idéaux, à des réalités ohjeclives et « hypostatiques », dont on ne peut dire ni qu'elles sont ni qu'elles ne sont point. Dieu est le fondement de la possibilité des choses, de la réduction de l'univers à Vun : c'est un « idéal sans défauts " », qui propose un but suprême à la connaissance humaine. Qu'on appelle cet idéal : Nature ou Dieu, cela importe peu d'ailleurs. Le premier terme est préférable même, en ce qu'il montre mieux que cet idéal n'a de valeur que pour perfectionner la science de la nature empirique ^
La critique de la raison pure a condamné rem[)irisme et établi que l'Ame et Dieu sont des possibles : la critique de la raison pratique va établir la réalité de l'âme et de Dieu. Elle comprend une élude de la morale, de la volonté, — comme il y avait une élude de la connaissance et de la raison dans la première Critique % — et une étude des conséquences, des postulats transcendants de la morale, une dialectique positive, — comme la première Critique aboutissait à une dialectique négative.
Quelque admiration que Kant éprouvât pour Rousseau, il devait trouver que l'auteur à'Emile n'analysait pas suf-
se lediiisent à une seule, Vonlologique. Or, l'existence ne se connaît que synlhétiquenienl par expérience. Analytiqiiement, on ne connaît que la possibilité. On ne peut donc dans le concept de l'être nécessaire trouver analytiqiiement sa réalité.