Traduction Grimblot
2. •< Ce n'est pas seulement pour me servir d'un vain spectacle, c'est pour me fournir des occasions d'agir et des moyens d'action qu'elle (la réalité extérieure) a été placée devant moi.... Le monde est pour moi l'objet du devoir, la sphère où s'accomplit le devoir. Il n'est rien autre, rien de plus pour moi ou pour tout être Uni..,. » Destination de Vliomme, trad., p. 24o.
plète de ce phénomène \ » Le moi se sent, en tant qu'il est pratique, dépendant d'un non-moi, et il sent que le non-moi doit s'unifier sous ses lois pratiques. L'unité la plus haute est donc une tendance, une nécessité de la conscience humaine; c'est « non quelque chose qui est, mais quelque chose qui doit et ne j)eut être produit par nous ^ ». Cette unité, qui est une fin du moi, le spinozismc la réalisait dans un Etre extérieur au moi ^ Or quelle justification Spinoza donne-t-il de la Substance? « Il dit : cela est ainsi, et il le dit parce qu'il est poussé à admettre une chose qui soit la plus absolue, une unité suprême. Mais puisque c'est là ce qu'il veut avoir, il aurait dû demeurer identiquement dans l'unité qui lui était donnée dans la conscience, et il ne lui eût pas été nécessaire d'inventer une unité plus élevée encore à laquelle rien ne le conduisait \ »
Et cependant Fichte, dans ses dernières œuvres, semble dépasser ce point de vue de l'Ordre moral, de l'Unité idéale et qui se fait. Au-dessus de la moralité qui ordonne le monde, il y a la Foi par laquelle l'individu accomplit pour sa part l'union définitive avec l'absolu ^ . Il faut s'arracher aux leurres et aux misères de la vie apparente; le monde extérieur n'est qu' « une sorte de rideau » : l'être, le connaître, le bonheur ne font qu'un dans la vraie vie, en Dieu. Ici Fichte s'inspire davantage de Spinoza. Mais qu'il n'y ait rien d'autre que l'esprit, ou, comme il le dit, que « la chose tout entière soit une pensée, pensée immense, magnifique, livrée à tous, sans que personne la réclame " » ; que la nature soit un obstacle que l'esprit se crée pour en triompher et pour se mieux connaître dans la lutte; que la thèse et l'antithèse