‹ L'avenir de la philosophieChapitre 130 sur 265 · Rapports, p · texte numérisé non relu

Rapports, p

3. ■< En suivant le procédé de la croyance, on établit comme axiome, qu'avant d'agir, avant d'être modifié d'une manière quelconque déterminée, de se manifester sous tel attribut, qualité ou propriété, il faut t'ire absolument ou à titre de substance, de chose en soi, de noumène; cette vérité absolue, universelle, nécessaire, est-elle aussi primitive? Oui, dans l'ordre de nos croyances : non, dans celui de noire connaissance. » Rapports, p. ISl.

4. Dans son Journal (28 oct. 1819), il dit que dans les divers systèmes ce que les ignorants prennent pour des oppositions, ce sont de simples dilTérences de points de vue, selon que les philosophes se sont attachés à l'homme extérieur ou intérieur ou à des faces diverses et des degrés divers d'inlério}'ité.

morales \ » « ïl serait si heureux et si avantageux à tous les progrès de l'esprit humain de voir réaliser cet accord... que je ne puis me défendre d'étayer le projet du traité d'alliance ^ — » Les philosophes, ou bien, regardant comme innées les notions premières, ont reconnu leur nature en méconnaissant leur origine, ou bien ont méconnu à la fois leur origine et leur nature. Les uns partent d'un absolu qui est « une abstraction ou une notion très élaborée^ »; les autres d'idées particulières pour en tirer des idées générales sans valeur et sans portée. Les aprioristes ne peuvent rien déduire de leurs principes abstraits que « ce qui leur était connu d'avance sans ces principes ou indépendamment de leur application fictive »'*; les empiristes ne peuvent rendre compte de la croyance, car si tout dérivait de la sensation, « l'entendement humain serait pour ainsi dire tout en images et succession d'images, rien n'y aurait le caractère de permanence et d'identité, tout existerait dans des formes variables, des accidents passagers, sans aucun fond réel; ce serait enlin une sorte de fantasmagorie toute difîérente du monde réel, externe et interne, que nous croyons » ; et il n'y aurait aucun moyen d'échapper à l'idéalisme et au scepticisme ^

Descartes, quoiqu'il ait débuté par la réflexion, passe à l'abstraction; il semble que, tout à la fois et par une contradiction heureuse, il ait voulu établir l'innéité de l'absolu et senti le besoin d'en déduire la notion ou croyance de la connaissance individuelle". Descartes partait des profondeurs de

i. Essai, Introd. générale, p. 61.

2. Ibid., p. 58. Voir le chapitre de Vlnlrod. générale iiililulc : Projet de conciliallon entre les divers systèmes des philosophes sur la génération des idées; dans la h" partie de ÏEssai, la section l'" : Considérations sur les divers syslèmes do philosophie relativement à l'analyse des faits priniilifs; et dans les Rapports : Comment les doctrines des idées innées et des sensations laissent à l'écart ou dénaturent les notions premières ou fondamentales de l'esprit humain, pp. li)2 sqq.

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