Rapports, pp
200 DE LA MÉTHODE POL'Il CONDUIRE SA RAISON,
logisles, — au rebours des métaphysiciens qui abstraient trop, — ils n'abstraient ou n'analysent pas assez; c'estpar une pure hypothèse, par exemple, que Condillac peut dériver toutes les facultés et les connaissances premières de la sensation transformée: « ... les alchimistes croyaient ou voulaient persuader aux autres qu'ils avaient transformé les métaux inférieurs en or pur, pendant que ce métal précieux était déjà contenu en nature au fond du creuset avant le grand œuvre. De même Condillac ne trouve la pensée dans la sensation qui se transforme, qu'autant qu'il a mêlé à la sensation, dès son point de départ, cet élément intellectuel qui reste fixe au fond du creuset de l'analyse \ »
Il ne faut donc pas admettre la maxime : Nihilest in intelleclu, qvod non -pr in s fiierit ni se)isu, au sens des empiristes; il ne faut pas admettre non plus la correction de Leibnitz : nisi ipse inleUectus\ mais il faut dédoubler ce mot sensus de telle sorte qu'on y distingue l'activité et la sensibilité passive, le ;;?o/ voulant et le résistant, du fait primitif ^ Ainsi le premier problème de la philosophie peut être résolu par une « méthode moyenne » '\ et « l'utile instruction qu'on peut retirer de cette grande exi^érience des opinions philosophiques, c'est que la lumière ne peut naître que de la réunion de deux points de vue, ou faces de la question, dont l'isolation a dû produire le scepticisme et l'idéalisme^ ».
Et, dans ses Considérations sur lliistoire de la philosophie^, Maine de Biran apprécie en ces termes l'ensemble des systèmes, leurs luttes et leur utilité : « Le plus grand, et peut-