‹ L'avenir de la philosophieChapitre 138 sur 265 · Cours de ISIS, 1" édit., pp · texte numérisé non relu

Cours de ISIS, 1" édit., pp

2. ]bid., p. 11. Cette poftiire intermédiaire, Cousin plus tard la défendit à la fois contre Hamilton et contre Schelling. Préf. de la S" édit. des Frarimenls.

3. 11 a insisté avec force sur celle méthode, expérimentale tout ensemble et éclectique, qui constituait, en somme, sa vraie originalité, en même temps qu'elle répondait au génie philosophique de la France : voir en particulier les leçons 12% 13'= et IG» du cours de 1.S18, 1" édition. « La méthode qui commence par l'étude du primilif (l'unité, l'absolu) ne peut pas étudier cet état, puisqu'il n'est pas à sa portée et qu'il n'y a pas de commerce possible entre le présent et le passé. Que lui reste-t-il donc à faire? C'est de construire des hypothèses, de s'appuyer sur ces hypothèses comme sur queli[ue chose de réel, et d'en tirer des conséquences qui ne pourront être qu'liypothétiques.... Mon but n'est pas seulement d'enseigner un système déterminé, mais encore de donner Vexfmplc d'une méttiode sévère, qui s'appuie sur des bases solides, en un mot d'une méthode expérimentale. Car si l'on veut faire sortir la philosophie de l'état d'enfance où elle est encore aujourd'hui, si l'on veut l'élever au niveau des autres sciences, il faut la ranger sous le joug de \''e.rpérience....\\ est temps qu'on se défie de ces procédés arbitraires, qui ont mis la philosophie au service de l'esprit de système et l'ont conduite a un but désiré et prévu d'avance. » ILid., pp. 112 et 119; cf. p. 158.

208 DE LA MÉTHODE POUR CONDUIRE SA RAISON, chologie'. Il faut distinguer entre la conscience rédécliie et la conscience spontanée. La conscience réfléchie, c'est comme Taffirmalion calculée qui répond à un doute; la conscience spontanée, c'est l'affirmation cjui s'impose parce qu'elle est l'expression même de la réalité, de la vie, de l'être. Ce que la conscience spontanée est à la conscience réfléchie, (( l'humanité en masse » l'est aux philosophes : « l'humanité est inspirée La philosophie, qui l'écoute avec attention, recueille

ses paroles, les note pour ainsi dire La spontanéité est le

génie de la nature humaine, la réflexion est le g-énie de quelques hommes'.... » Comme Maine de Biran, en somme, Cousin craint la théorie des idées innées : mais, au lieu de dire que c'est l'activité du moi qui les crée, il déclare que c'est l'ahsolu qui les crée dans le moi; la raison, dans la conscience réfléchie, est « une lahle rase », elle est « vide » ''; elle reçoit ses notions — que Cousin ramène à la substance et à la cause — de la spontanéité qui se connaît elle-même comme substance et cause dans l'éclair de l'aperception pure; et il veut que cette aperception pure diffère de Vinluition intellectuelle des Allemands; que, tout en atteignant l'objet, elle soit un fait positif et non comme un coup d'audace métaphysique.

Il croyait avoir approfondi la psychologie au delà de Reid, de Kant et de Fichte môme, et pouvoir ainsi éviter l'hypothèse. Mais la méthode analytique devait le conduire au point d'où partait la synthèse de Schelling : dans la pensée, il y a un dualisme irréductible du sujet et de l'objet, et cependant la substance et l'unité sont, alors, pour Cousin, sous toutes choses, avant toutes choses. « Lorsque, dans le développement de ma philosophie, j'aurai épuisé cet univers, où la pensée comme pensée est enfermée, lorsque je serai sorti du cercle

1. ■■ Si l'on trouve (lue i>artir de la nature humaine, c'est subjecliver la philosophie, il laut renoncer à toute ontologie : car // csl impossible de partir iV autre chose que de la nature humaiue. » Prêt', des Fragments, 1"' édil.

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