Baillet, t. I, p
6. Voir Haillet, t. 1, p. 195. Le mot d' ■■ utililé » revient souvent dans le Discours de ta mélliode.
1. Discours, VI° partie; éd. Rabier, p. 63. Cf. préface des Principes. 8. Voir tout particulièrement la Vl" partie du Discours. y. Discours, p. G5. V. Ilcgle II, A. M., p. 479-1.
aux effets par les causes. Bacon estimait que « les mathématiques doivent terminer la philosophie naturelle et non l'engendrer et la produire ' », et il les négligea, il les ignora presque. Au contraire, quel génie Descartes eut pour les mathémaLiques; quel cas il en lit, au point de s'être étonné dès la jeunesse que sur leurs fondements si fermes et si solides on n'eût rien bâti de plus relevé^; comment il s'attacha pendant une partie de sa vie à y démêler « les premiers rudiments de la raison humaine ^ » ; comment enfin sa méthode, c'était, appliquée à la science entière qui devenait « mathématique universelle », la méthode môme que les mathématiques « enveloppent » : voilà ce que personne ne conteste. L'expérience n'est qu'un expédient là où la déduction mathématique est impuissante; et l'évidence mathématique est supérieure, parce qu'elle est rationnelle et intime, à l'évidence expérimentale. Descartes faisait sortir du doute une science qui ne se contentait pas d' « interpréter » les données sensibles, mais qui voulait expliquer le monde en le développant pour ainsi dire dans une « chaîne » de raisonnements, en le créant par intuition et déduction. EtTort prématuré et merveilleuse entreprise!
Plus que Bacon, Descartes avait le droit d'être satisfait; et pourtant môme une telle science ne lui suffit point : il voulut en fonder les principes, si c'était possible, sur des principes derniers. Descaries ne demandait pas au savoir l'utilité seulement, mais le savoir même ''; il voulait donner à l'esprit une ferme assurance, fiît-ce celle de son infirmité définitive. Il atteignit donc la philosophie vraie ^ et il la renouvela. H recula en quelque sorte le point do départ de sa méthode; étendant le doute méthodique môme à ce qu'il
{. Nov. org., I, 96.