Voir les Sens et l'Intelligence
2. « Ceux qui ont étudié les écrits des psychologues associationnistes ont vu, avec défaveur, que, dans leurs expositions analytiques, il y avait une absence presque totale d'éléments actifs ou de spontanéité appartenant à l'esprit lui-même.... La théorie de M. Bain... est dans le même rapport avec celle de Hartley que celle de Laromiguière avec celle de Condillac... » Stuart JMill, Dissertations and Discussions, t. 111; voir Ribot, op. cit., pp. 251-233.
3. La division de l'esprit en facultés a perdu ici toute importance et toute réalité.
4. Bain « a mis en ordre la grande masse des faits découverts par les anatomistes et les physiologistes dans les cinquante dernières années ». Son livre « ne constitue pas en lui-même une philosophie mentale proprement dite; mais c'est une collection de faits classés pour un tel système.... Considéré comme moyen de conduire à des résultats plus élevés, l'ouvrage de M. Bain est d'une grande valeur... » H. Spencer, Essays, t. 1; voir Ribot, op. cil., pp. 32i-32;J.
5. Voir Principes de Psychologie, 11" partie, chap. vu et viii.
lème nerveux, les relations externes qui produisent les relations internes; c'est la fixité de celles-ci qui explique la nécessité de celles-là, quand une longue série d'expériences a rendu des associations inséparables. Il ne suffit plus de noter que le kantisme ici se trouve physiologiquement interprété ' et, par suite, que l'empirisme s'est transformé en rejetant l'hypothèse — car c'était une hypothèse aussi — de la table rase ■ : il faut insister sur ce point que, pour avoir embrassé l'ensemble de la science et consulté l'histoire, Spencer fait de l'objet une réalité antérieure à la conscience que le sujet en prend.
Tout ce que nous connaissons se divise en deux séries de manifestations, des vives et des faibles, et cette distinction repose sur la loi même de la pensée : point de pensée, en effet, sans intuition de ressemblances et de dilTérences. Les manifestations vives constituent le non-moi ou l'objet; les manifestations faibles constituent le moi ou le sujet. 11 ne faut dire, ni — comme l'idéaliste — que celte distinction est illusoire, ni — comme le sceptique — qu'elle est douteuse, ni — comme le « réaliste naturel ^ » — qu'elle est inexplicable : « elle est le produit légitime de la conscience élaborant des matériaux d'après les lois de son action normale * ». Mais les manifestations vives sont des originaux, et les faibles sont des copies : les conditions constantes auxquelles sont soumises les manifestations subjectives sijmholisent les con-
1. «... Les termes vérité a priori et vérité nécessaire dont je me sers dans cet ouvrage ne doivent pas s'entendre dans le sens ancien, comme impliquant des connaissances absolument indépendantes de l'expérience, mais comme impliquant des connaissances devenues organiques par suite d'une immense accumulilion d'expériences re(2ues en partie par l'individu, mais surtout par tous les ancêtres des systèmes nerveux desquels il hérite. En se reportant aux Princ. de psi/c/tolofjie (;^f, 423-433), on verra que les garanties que nous avons de l'une de ces convictions dernières indestructibles, c'est que dans l'hypothèse de l'évolution elle représente une accumulation d'expériences immensément plus grande que n'en saurait acquérir un seul individu • Premiers Principes, p. 13S, note.
'2. Cf. G. LPAves, Histoire de la Philosophie : Condillac.