‹ L'avenir de la philosophieChapitre 156 sur 265 · Premiers Principes, g · texte numérisé non relu

Premiers Principes, g

dilions constantes sous lesquelles existent les objectives \ Les modes invariables de cohésion selon lesquels se présentent et se représentent les manifestations, sont l'Espace et le Temps, — modes abstraits constitués avec les formes des relations mentales, — la Matière et le Mouvement — modes concrets constitués avec le contenu de ces relations-. D'ailleurs, l'analyse la plus profonde découvre un mode ultime, la Force : non seulement tout le non-moi se ramène à des expériences de force; mais la conscience, où le moi se distingue du nonmoi, ne consistant elle-même qu'en changements, est force aussi dans sa donnée fondamentale. Au surplus, la Force « persiste », et les diverses forces sont équivalentes : c'est là un principe a jjriori qui, plus ou moins voilé dans la plupart des esprits, a été mis en lumière par l'expérience ^ Et si le matérialiste déclare que « la matérialité des phénomènes de conscience » se trouve ainsi confirmée, le spiritualiste, à son tour, peut soutenir ceci : dès lors que « les forces déployées dans la matière ne sont connaissables que sous la forme de ces mêmes équivalents de conscience qu'elles produisent, il faut en conclure que ces forces, quand elles existent hors de la conscience, sont de la même nature que lorsqu'elles existent dans la conscience; et ainsi se justifie la conception spiritualiste, d'après laquelle le monde extérieur consiste en quelque chose d'essentiellement identique avec ce que nous appelons l'esprit^ ». En réalité, la substance nous est inconnue; mais le relatif, que seul nous pouvons connaître, implique une réalité cachée derrière les apparences, l'absolu : « le noumène et le phénomène se présentent dans leur relation primordiale comme deux côtés du même changement, et nous sommes obligés de les regarder tous deux comme également réels, le dernier non moins que le premier^ ». Ce

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