‹ L'avenir de la philosophieChapitre 161 sur 265 · De Qualrefages, Perrier, Haeckel · texte numérisé non relu

De Qualrefages, Perrier, Haeckel

duit à son lour, compagne de la dissolution. Lamarck croyait à un plan des choses, à une cause première « qui a donné l'existence à la nature et qui l'a faite en totalité ce qu'elle est' » ; Darwin admettait que la vie « a été avec ses puissances diverses insufflée primitivement par le créateur dans un petit nombre de formes, dans une seule peut-être^ » : ainsi conçu, le mécanisme n'est pas incompatible avec la finalité. he système de philosophie de Spencer est une physique universelle, poursuivie jusque dans la psychologie, et la sociologie, et qui fait penser à la mathématique universelle de Descartes — sauf que celle-ci procède do la pensée et de Dieu. Force permanente et physique universelle : n'y a-t-il pas bien là, somme toute, une conception matérialiste? — Oui; mais, à supposer que la loi spencérienne d'évolution s'applique pleinement aux phénomènes observables dans ce milieu, dans ce fragment des choses où nous sommes, — ce qu'il n'a démontré qu'insuffisamment et gi-ossièrement, — • est-elle tirée simplement de la loi de permanence de la force? Qu'est-ce que Yattraction et la 7'épulsion, ou l'apparence d'attraction et de répulsion, qui se manifestent dans le changement, et qui créent les agrégats de matière? « Postulat » indispensable et inexplicable^; « conceptions antagonistes nées de l'antagonisme de nos muscles extenseurs et fléchisseurs* » ; « aspects complémentaires de celte force qui constitue la donnée dernière de la conscience^ «, dit Spencer : voilà donc cette force déterminée bien ou mal, mais enfin déterminée, malgré tout, d'une façon qui n'est point purement physique, en termes qu'on ne saurait dire complètement dépouillés d'anthropomorphisme. La force, d'autre part, est sans limites dans l'espace, sans commencement ni fin dans

1. Philosophie zoologique; voir Renoiivier. Essai de classification ..., t. I, p. 188.

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