‹ L'avenir de la philosophieChapitre 162 sur 265 · Ibid., S · texte numérisé non relu

Ibid., S

le temps — bien que l'infinité soit inconcevable : aussi l'évolution et la dissolution conslituent-elles un rythme universel et éternel — bien que ce rythme, constaté dans un canton de la matière et avec une certaine quantité de mouvement, n'ait pu être observé et ne soit même pas intelligible, semblet-il, dans l'espace et le temps infinis *. Ce principe, enfin, de la persistance de la force, ce principe suprême, avec quelque évidence qu'il s'impose à l'esprit, comment échappe-t-il à la relativité de toute connaissance de l'esprit? Il fonde tout, et sur quoi se fonde-t-il? Sans doute. Spencer veut que la force dont nous affirmons la persistance soit « la Force absolue dont nous avons vaguement conscience comme corrélatif nécessaire de la force que nous connaissons - » : mais alors comment déclarer que nous ne savons pas « si les lois sont aussi absolument nécessaires .qu'elles sont devenues pour notre pensée relativement nécessaires », et que « la connexion entre l'ordre phénoménal et l'ordre ontologique est à jamais impénétrable'' »? C'est la Force absolue qui communique à l'évolution phénoménale sa réalité, son infinité; c'est l'évolution phénoménale qui donne à la force absolue ses déterminations : mais cette réalité est inconnaissable, cette infinité incompréhensible, ces déterminations inadéquates....

Comme il hésite entre le dynamisme et le matérialisme, Spencer flotte entre le dogmatisme et le scepticisme. Cette synthèse « positive » est, pour une part, hypothétique et métaphysique. Spencer voudrait avoir à la fois les bénéfices de la philosophie et ceux de la science. Il a peur de dogmatiser, et il cherche à dogmatiser. Il se heurte au mystère — et c'est l'effet critique du positivisme; il croit à de l'ordre, à une réalité — et c'est l'effet dogmatique du savoir positif;

1. D'ailleurs il y a sur ces points, dans les idées et le langage de Spencer, bien des hésitations, bien des contradictions. Il parle du Tout, de la totalité {$$ 183, 190) de l'univers infini, d'évolutions successives, toutes pareilles, et qui diffèrent par leur résultat concret (S 182).

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