Ravaisson, Rapport, fin
En même temps que M. Ravaisson en France ', Lolze en Allemagne % Secrélan dans la Suisse française ^ contribuèrent au progrès de celte philosophie que Schclling, d'ailleurs, à la fin de sa carrière, avait formulée avec l'audace germanique, a jiriori, tandis que Maine de Biran en jetait les bases psychologiques.
Lorsque Faust veut traduire le Nouveau Testament, il hésite sur les premiers mots, et il cherche : « Il est écrit : « Au commencement était la Parole ». Me voilà déjà arrêté. Qui m'aidera à poursuivre? Je ne puis absolument donner tant de valeur à la parole] il faut que je traduise autrement si je suis bien éclairé par l'esprit. Il est écrit : <( Au commencement était V intelligence ». Pèse bien la première ligne, et que ta plume ne se hâte pas trop. Est-ce l'intelligence qui fait et produit tout? Il faudrait lire : « Au commencement était la force ». Mais, à l'instant même où j'écris ces mots, quelque chose m'avertit de ne pas m'y arrêter; l'esprit vient à mon secours : tout à coup je me sens éclairé et j'écris avec confiance : « Au commencement était Vaction ^ ». — Schelling", comme Faust, s'est demandé — à propos du système de Hegel : (( Est-ce l'intelligence qui fait et produit tout? » La raison peut-elle rien connaître « de ce que nous appelons une résolution, une action, un fait »? Le « panlogisme », comme on a appelé la philosophie hégélienne, explique-t-il la réalité? — Non : (( pas d'être réel sans un vouloir réel. L'être d'une chose se reconnaît en ce que cette chose s'affirme, se sépare d'autre chose, fait effort pour résister à tout ce qui
i. Essai sur la Mélaph. d'Arislote, 1837-lS'iO; la P/iil. Confemp., Rev. des Deux Mondes, 1840; Rapport, 18G7.
2. Mikro/cosmus, 1856-1864; Si/stem der Philosophie: voir Vorbrodt, Priiicipien der Ethik i/nd Rel/fjionsphilosophie Lotzes, analysé par Andler, Rev. PhiL, mars 1893.