Philosophie de la Liberté
4. Trad. Régnier, Théâtre, t. III, p. 153. Cf. p. 134 : « Dans les flots de la vie, dans l'orage de raclion,jc monte et je descends (c'est VEsprit qui parle à Faust), je vais et je viens; naissance et mort, une mer éternelle, un labeur changeant, une vie ardente : ainsi je travaille sur le bruyant métier du temps, et je lisse la robe vivante de la divinité j>.
EVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XIX'' SIECLE. 259 cherche à la pénétrer ou à l'opprimer; mais toute résistance, tout effort réside exclusivement dans la volonté, car la volonté est, à proprement parler, le résistant, le principe de toute résistance, l'insurmontable. » Il y a donc une volonté primitive, un désir d'être antérieur à la réalité intelligible, une personnalité absolue : « Dieu est l'être, et tout être n'est que l'être de Dieu ' ». — Secrétan s'est attaché, à la suite de Schelling', mais avec plus de méthode que Schelling, à établir que le fond de l'être est liberté, en Dieu et dans les créatures. « Exister, c'est être voulu; être substance, c'est vouloir; vivre, c'est se vouloir; être esprit, c'est vouloir son vouloir. » Tels sont les degrés de la volonté ou de l'être, que distingue son analyse. « Subslance, Dieu se donne l'existence; vivant, il se donne la substance; esprit, il se donne la vie; absolu, il se donne la liberté. » Cet absolu libre est transcendant, supérieur au monde et à la pensée; c'est en créant le monde qu'il devient noire Dieu, le Dieu du vrai et du bien : « la morale, qui a besoin de la philosophie pour s'achever, donne des lois à la philosophie et lui dicte son programme - ». Si Dieu crée, c'est par grâce, c'est par amour : car a l'amour, c'est la liberté faisant acte de liberté ». Mais la créature a la même essence que le créateur : elle est volonté libre, elle est amour. L'amour a fait sortir du créateur la créature ; l'amour unit la créature au créateur. Unifier l'être par l'amour, et éviter le panthéisme par la liberté^ : tel est l'effort de Secrétan dans sa Philosophie de la Liberté^ construction
1. La philosophie posih'De de Schelling [Philosophie de la mythologie; Philosophie de la révélation) n'a été pleinement connue du public que par ses OEuvres posthumes, mais dès 1809 {Sur l'essence de la liberté' humaine), en partie sans doute par l'influence de Jacob Bœhme et de la théosophie, sa pensée, dans divers écrits, avait apparu modifiée.