Voir Binet, Altérations de la personnalité, p
3. Pierre Janet, État mental des h>/slériques. t. I, p. 155. « ... Il ne suffit pas qu'une sensation isolée, simple, soit produite dans l'esprit pour qu'elle soit par cela même appréciée par le sujet. Il faut pour la conscience complète d'une sensation qui s'exprime par le « je sens », qu'une nouvelle opération s'ajoute à la première, il faut qu'une sorte de synthèse réunisse les
LA PSYCHOLOGIE. 31b
— Nul mieux que M. Paulhan n'a fait ressortir le caractère primordial de l'esprit et prouvé l'insuffisance de l'associationnisme anglais; il arrive expérimentalement, par induction, à établir avec beaucoup de force que ractivité mentale est synthétique : l'esprit est une « synthèse active » ; et toute la vie de l'esprit résulte du groupement d'éléments divers en vertu de lois fondamentales — association et inhibition systématiques — qui expriment elles-mêmes l'efficace profonde de l'esprit. Plus on étudie, en effet, même du dehors et même dans ses troubles, la vie mentale, — plus on fait de « physiologie » ou de « dynamique » au lieu de statique et d'anatomie simples, — plus dans cette vie mentale un principe ultime se révèle manifestement.
Si ce n'était pas courir le risque d'allonger démesurément ce chapitre, sur certains points s'exposer à manquer d'autorités suffisantes, mais surtout empiéter quelque peu sur des développements ultérieurs, — on pourrait peut-être montrer que la psychologie des caractères individuels et collectifs — éthologie des Anglais et Yulkerpsychologie des Allemands — aboutit à classer les modes principaux d'action du non-moi sur le moi et les degrés divers de la réaction synthétique; que la psychologie infantile ou encore la ps3chologie historique — qui, au lieu de l'esprit individuel, étudie l'esprit humain dans son évolution — ne font que suivre les progrès de cette unité unifiante primordiale. On pourrait montrer enfin que les produits de l'activité individuelle et collective portent tous de façon plus ou moins manifeste la marque de cette nature foncière '.
Et, par exemple, — il ne manque pas de logiciens pour
sensations produites et les rattache à la niasse des idées antérieures qui constitue la personnalité. Eh bien, il doit en être de même pour les images : ... il faut que la perception personnelle les saisisse et les rattache aux autres souvenirs, aux sensations nettes ou confuses, extérieures ou intérieures, dont l'ensemble constitue notre personnalité. » Lamncsie hystérique, conférence faite à laSalpélrière, mars 1892. Cf. le ■• je pense » de Kant, tout formel. 1. On pourrait employer pour cet ensemble de recherches le mot de psycholoqie concrète, s'il n'y avait pas quelque vague et de l'ambiguïté dans cette expression très compréhensive.
l'avoir constaté, — cette science de la logique, qui a pour but de conduire la pensée dans la recherche de la vérité, ne fait autre chose que traduire en règles la démarche naturelle de l'esprit. La psychologie même la plus humble enveloppe une logique; la logique implique une psychologie. M. Romanes, dans un livre assez récent sur Y Evolution mentale chez riiomme, distingue dans la vie psychique, au-dessous des concepts et de l'idéalion conceptuelle à laquelle est liée la parole, les recepts qui ont leur logique indéniable. « Tous les processus mentaux de nature adaptative sont en dernière analyse des processus de classification; ils consistent à discerner les ressemblances et les difîérences. Un acte de simple perception est un acte qui consiste à remarquer les ressemblances et les différences entre les objets de cette perception, et pareillement un acte de conception est l'acle de prendre ensemble ou d'intentionnellement mettre ensemble des idées qui sont reconnues être analogues. Par suite l'abstraction opère l'abstraction des qualités analogues; la raison est la ratiocination, ou la comparaison des raisons; et ainsi les opérations les plus élevées de la pensée, comme les actes les plus simples de la perception, travaillent au groupement ou à la coordination des ressemblances, préalablement distinguées des différences'. » « La logique de toute idéation est la même », parce qu'elle résulte toujours, avec plus ou moins de conscience et de complication, d'une synthèse opérée : or la Logique, comme science, formule abstraitement et applique méthodiquement ce vivant procédé de synthèse.
Que l'on considère les systèmes philosophiques, non dans leur matière, mais dans leur forme, dans ce caractère commun à tous qui est précisément de constituer un système des. choses : on voit aussitôt que la question, que le besoin auquel ils répondent traduit de la façon la plus frappante celle unité qui est au cœur du moi. Une psychologie des