MiJIiaud, op. cit., pp
une pure forme de l'esprit, c il n'autorise jamais aucune affirmation positive portant sur les choses. Ce n'est pas seulement le monde des noumènes qui échappe ainsi à l'esprit, armé de ce seul principe, c'est encore tout phénomène inobservable ou inohservé'. » Mais si l'on considère l'origine du principe . d'identité, si l'on retrouve sous la forme logique la réalité même dont il est l'expression, l'être qui le vit bien avant de le formuler, alors cette question : quelle est lu portée de la mathématique? se résout de façon assez simple. La mathématique est la science de l'être qui est, de l'unité statique : son application à l'objet implique dans l'objet la même essence que dans le sujet. Est-il jiossihle que la nature offre ce qui répugne à nos conceptions subjectives? Nous ne le croyons pas. Nous sommes portés à déclarer, nous sommes contraints de penser que cela est impossible; nous postulons l'identité, l'unité d'être du sujet et de l'objet en postulant l'objectivité de la mathématique. Or ce postulat nécessaire jusqu'ici s'est justifié, et il se confirme tous les jours. « Far son caractère éminemment subjectif, la mathématique — conçue comme création de l'esprit — ne peut franchir les bornes de la théorie pure : à moins qu'on ne démunie d'admettre en un postulat unique, si l'on veut, mais d'une généralité étrangement audacieuse, une sorte d'harmonie préétablie, un parallélisme complet se poursuivant de luimême entre les choses et les concepts de l'entendement, entre le réel et l'intelligence". » — Certainement oui, il faut avoir cette audace, parce que l'inlelligible n'est lui-même que le réel déjà. Et quand on reproche à Descartes V « insistance », bien mieux, 1' « entêtement » qu'il a mis à rattacher tout phénomène psychique, toute idée, par exemple, à un moi d'où il émane ^ il faut répliquer en s'élonnant de l'entêtement par lequel on sépare la pensée de ce qui pense et le concept de l'être.