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Kant, Cril. de la Raison pure, par

3. Voir J. Waller, Einleitiing in die (ieologie als hislorisc/i" Wissenschafl. analysé [lar Thoiilet, Rev. scient., 21 juillel 1894. Voir aussi L.. Calderon y Araiia, la C/iiniie descriptive et la chimie )'alioniielle, Rev. scient., 7 janv. 1893, — qui constate la transformation de la chimie pendant si longtemps descriptive et qualitative, et l'ait diverses citations intéressantes. <• Un jour viendra où l'on écrira les livres d^ cliiiiiie comme on éci'it une algèbre ou une géométrie » (Gcrliardt, Introd. à la chimie, 1848). " Bientôt le calcul mathématique

LES CATÉGORIES DE LA CONNAISSANCE. 3o7

du principe de Lavoisier — dans loule réaction chimique la masse du conijiosé est égale à la somme des masses des composants — ou la découverte de l'équivalent mécanique de la chaleur, prirent une portée singulière des spéculations mêmes qui les avaient précédés.

11 y a dans la science actuelle des généralisations qui dépassent à coup sûr les certitudes strictes — et surtout les vérifications mathématiques; mais elles s'en dégagent tout naturellement et elles se justifient chaque jour davantage. Et il est frappant sans doute que les résultats acquis par l'Empirique répondent déplus en plus aux principes qui la fondent : conservation et transformation de l'énergie, indestructibilité et unité de la matière ', n'est-ce pas là l'expression objective de l'unité réelle de l'espace et du temps? « Toutes les parties du monde inorganique étant unies dans la continuité la plus absolue, leur état actuel résulte non seulement de leur action réciproque, mais encore de leur état antérieur, et domine les états qui vont suivre.... Certes, dans cette conception de l'univers, une grande part est faite à l'hypothèse. Bien des apparences sont peut-être prises pour des réalités, des ressemblances pour des identités. Mais quel plus beau spectacle que de voir, dans toutes les directions, les sciences physiques remonter par un perpétuel et puissant elTort la chaîne des

sera aussi utile au chimiste que la balance » (Schutzenbergcr, Traite de cliimie, préface).

1. La découverte des corps simples, sous les combinaisons iiifinies de matière, puis des rapports entre les corps simples, cnlraine l'hypothèse d'une matière unique diversement modifiée. « La chimie tend vers l'unité de la matière; elle n'y est point parvenue.... Ceux (|ui s'en tiennent au présent peuvent dire : Je suis sûr que l'unité de la matière n'est pas démontrée. Ceux qui croient qu'elle le sera peuvent se fortifier dans leur opinion €n contemplant le chemin parcouru depuis un siècle et demi et la pente insensible qui semble conduire à cette conclusion. Quoi qu'il en soit et quelque parti que l'on prenne dans un tel débat, pourquoi le fermer? Il ranime pour le chimiste l'intérêt qui s'attache à la découverte de chaque nouveau corps simple; il excite les physiciens à l'élude comparative de leurs qualités les ])lus intimes; il convie les géomètres à appliquer, à tenter sur les molécules chimit|ues, véritables systèmes planétaires microscopiques, la puissance de ce calcul à qui les grands mouvements des corps célestes, assujettis par Newton et Laplace aux lois de la mécanique, semblent ne plus olTrir désormais d'obstacles. » Dumas, cité par Papillon, op. cit., t. I, p. 34i.

causes, les ramener graduellement les unes aux autres, ne s'arrêter qu'après les avoir réduites à une seule, après avoir établi dans toute l'étendue de leur vaste domaine une admirable continuité! Comment ne pas accorder au moins la confiance de l'enthousiasme à ces hardies conquérantes de la Nature '? » Tous les phénomènes de la vie n'apparaissent-ils pas maintenant reliés, eux aussi, par une étroite continuité et entre eux et avec ceux du monde inorganique? « On est aujourd'hui assez avancé dans les études de chimie organique pour pouvoir affirmer que les réactions chimiques qui s'accomplissent dans les org-anismes sont de même nature, sont soumises aux mêmes lois que celles qui s'accomplissent au dehors.,.; les composés les plus complexes produits par les corps vivants peuvent être reconstitués, en prenant pour point de départ les éléments eux-mêmes à l'état isolé : le carbone, l'oxve-ène, l'hydrogène et l'azote » ; pas plus qu'ils n'ont de chimie propre, les organismes n'ont de physique particulière. Et, d'autre part, toutes les espèces vivantes, animales et végétales, sont faites « d'une substance primitive qui les engendre toutes, mère de la vie et des organismes, le protoplasme ». Une chaîne de causalité relie ou tend à relier les diverses formes vivantes. « De toutes parts, les hommes voués à l'étude de la vie, quelle que soit la direction de leurs travaux, physiologistes, zoologistes, anatomistes, embryologistes, tous ceux qui cherchent à grouper les faits accumulés, tous arrivent-à se trouver face à face, dans le monde vivant, avec les mêmes, principes de continuité et de causalité qui, dès l'origine, se sont imposés aux physiciens et aux chimistes. »

Et ainsi, avec une autorité, une précision toutes nouvelles, le savant d'aujourd'hui redit après le philosophe hindou : tout change et tout demeure. « Les mêmes atomes peuvent rester enfouis des milliers d'années dans une roche calcaire, être enfin exploités, se dégager dans le four à chaux, se

1. Voir la belle introduction tic M. Edmond Perricr à ses Colonies animales^

répandre clans l'air, èlre absorbés par les plantes, et par suite faire partie d'êtres vivants, jusqu'à ce que le même concours de circonstances les solidifie de nouveau et qu'un autre les

dégage

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