Voir, par exemple, la Définition de la cic, p
2. Perrier, les Colonies animales, chap. ii. Voir Coutagne, art. cit.
3. M. Charles Richet résume ainsi une longue étude sur lu Uéfcnne de l'organisme [Revue scient., 1894) : « L'être vivant subit toutes les impressions et il résiste à toutes; il se renouvelle toujours et il est toujours le même ». — On sait que pour W'eissmann (théorie de la continuité du plasma germinalif) et pour quelques physiologistes, les monorganismes unicellulaires sont virtuellement immortels. La mort des individus est sans doute la condition même d'une immortalité progressive (voir sur ces questions Sabalier, Essai sur la vie et la mort; Delbœuf, la Matière brute et la matière vivante).
4. Huxley, Sur la base physi</ue de la rie, dans les .'iciences nat. et les problèmes qu'elles font surgir.
produit une quantité d'eau égale au poids total des deux gaz, « il n'y a pas la moindre parité entre les puissances passives et actives de l'eau et celles de l'iiydrog-ène et de l'oxygène qui lui ont donné naissance. A 0° et au-dessous, l'oxygène et l'hydrogène sont des corps gazeux élastiques...; à cette température, l'eau est un solide résistant dont les particules tendent à adhérer et à se grouper en formes géométriques définies. » — Or dans cette hiérarchie des choses, où un certain nombre d'analogies se laissent observer aux divers étages, — en sorte que pour tel naturaliste la différence de Torganique et de rinorg-anique est « celle d'une matière à vie lente et sourde et celle d'une matière à vie plus rapide et plus éclatante * », — le mouvement, à tous les étages, joue pour l'explication physique un rôle de plus en plus considérable. On sait comment la constitution des corps simples elle-même, sir W. Thomson — mettant à profit les travaux de llelmhollz sur les mouvements tourbillonnants dans les liquides — a proposé et essayé de l'expliquer par ses alomes-tourbillons. « Cette propriété de rotation peut être la base de tout ce qui frappe nos sens comme de la matière ~. » Dès lors la multiple réalité de matières hélérog^ènes s'évanouit : il n'y a qu'une réalité diversifiée par des mouvements et ainsi susceptible d'apparaître en formes variées. Le mouvement, — que les sens 'peuvent saisir, mais qui est inexplicable aux sens, — traduit l'unification dans l'unité. Les mouvements divers tendent et à se communiquer ou à se propager ^ — - en créant
1. Sabalier, op. cil. Le cristal, par sa forme définie et par la façon dont il la reconstitue, appelle particulièrement l'attention : voir un passage de Zœllner cité par J. Soury, PhU. naturelle, p. 294.
2. Voir Tait, Conf. sur quclques-ims des progrès récents de la plujsique, 12" conf., p. 377; Wuriz, la Théorie alomique, conclusion, p. 237. Voir aussi sur ces tourbillons, qui, par leur contenu, se l'ont et se défont sans cesse, Schutzenberger, Traité de cfiimie générale.
3. Sur cette espèce d'imitation qui existe à tous les étages dans la nature voir Cournot (<■ Suspendez aux deux extrémités d'une solive deux pendules battant tout dilTéremmenl; après quelque temps ils sont d'accord. Agitez l'eau à l'entrée d'un tuyau; à quelque distance toutes les ondes sont égales. »), Sabatier, op. cit., Tarde, les Lois de Vimilaiion. « Il y a, dans loute partie définie du monde, un penchant naturel à passer de l'irrégularité
des formes semblables ', — et à se joindre ou à se combiner, par degrés successifs -, — en créant des formes nouvelles, plus ou moins définies, complexes, stables, indivisibles.
Préciser ce qu'il y a de grossier dans ces indications, ce serait s'engager en un de ces romans de la nature que le progrès de la pensée a pour effet de condamner résolument. — Ainsi, dans quelle mesure au sein des formes nouvelles que crée la combinaison persistent les formes élémentaires, il est difficile de le dire. « Rien dans la manière dont les corps se décomposent ne nous autorise à admettre que les substances qu'on en peut retirer y préexistent », déclare telcbimiste contemporain; « toutes les fois que des corps se combinent et de quelque manière que la combinaison ait lieu, l'expérience nous apprend : 1" que la réaction est toujours accompagnée (l'une variation de clialeur; 2" que les corps mis en présence disparaissent pour faire place à d'autres; 3" que le poids de la matière pesante est demeuré invariable; ï° que, suivant les cas, on retrouve dans le composé ou n'y retrouve plus certaines propriétés des composants » : mais, dans la forme nouvelle de matière qui apparaît, les formes antérieures ne subsistent pas nécessairement, et (^ les formules rationnelles n'expriment en aucune façon qu'un corps déterminé renferme ses générateurs -^ ». Quoi qu'il en soit, il se produit une combinaison plus comprébensive. — Encore une fois, rien n'est
à la régularité, une pente naturelle du désordre à l'ordre, une tendance inhérente du chaos au cosmos; et cette tendance est la consétiuence simple et directe de la relativité de toutes les formes matérielles — de ce fait que chaque tout défini est toujours une partie d'un tout plus grand, bref que le fini n'existe que sur un fondement infini qui recule toujours. Il est même possible, — ajoute Stallo, qui procède du dehors au dedans, — que ce principe dépasse la sphère de la physique, et que, jusqu'à un certain point, il puisse avoir ses applications dans le domaine de ces sciences qui sont ordinairement désignées comme historiques. >• Stallo, op. cit., p. 229.
1. " Ne savons-nous pas que les atomes d'hydrogène vibrent exactement selon les mêmes périodes, soit qu'on les chaulTe dans un tube de (ieissler, soit qu'on les observe dans le soleil ou dans la nébuleuse la plus éloignée? » Wurlz, op. cit., p. 239.
2. Gravitation et cohésion, affinité; vie végétative; vie morale.
3. Ditle, les Transformations chimiques de la matière, Revue scient, du 3 décembre 1892.
plus facile que de parfaire un système des choses ; mais, encore une fois, il vaut mieux tenir ferme les principes et les faits et se contenter pour l'heure de reconnaître en gros l'accord des faits et des principes. Constatons et avouons sans hésiter qu'il y a, non seulement un inconnu immense, mais, dans l'amas des données et des théories scientifiques, bien du désordre encore et de la contradiction*. Les principes peuvent être évidents sans que l'explication soit aisée, sans que le cours des choses soit rectiligne^ dans la complexité extrême et l'interaction des effets.
Pour conclure, contentons-nous de cette conception bien vague encore : tout le réel ne se diversifie que par des nodalités, en quelque sorte^ d'une sensibilité diffuse; le mouvement — perçu par les sens ou supposé, mais, dans le monde des sens, incompréhensible — exprime un processus d'unification et il se traduit pour les unités sentantes dans les formes. L'imitation, la cohésion, la combinaison sont des modes divers de l'unification, considérés aussi dans l'apparence sensible.
L'unification se présente sous des aspects variés; elle a plusieurs degrés : lorsqu'on explique l'évolution à tous ses degrés par un principe d'association, ce système a un double inconvénient. D'une part, il semble impliquer séparation antérieure, union d'éléments étrangers les uns aux autres, et non unification dans l'unité préexistante. D'autre part, et surtout, il confond ce qui veut être distingué, l'unification même et l'un de ses modes. Il y a des analogies d'un règne à l'autre; mais il y a aussi dans chacun des modes d'unification }»articuliers, — d'où résultent précisément l'organisme vivant et la société pensante. L'instabilité croît dans l'unité accrue; la sensibilité, dans les unités sentantes, devient de plus en plus apte à relier au tout ce qu'elle en isole \ Ainsi
1. SurloiU dans los théories physico-cliimiciues : voir les discussions de Poincaré, Dulirm... sur l'éieclricilé, par exemple, ou la niécanicjue chimique.
2. Sur le Itasiud et Vordre voir les ouvrages déjà cités de Cournot.
3. « Dans le cristal une fois constitué (dans la nature brute), les forces