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ClUTIOUE DES PROBLEMES METAPHYSIQUES. 395

même'? » Et Descartes avait raison de mettre en évidence cette faculté d'amjolifier les perfections créées, cette aspiration spéculative, qui repose sur l'essence du moi, et à laquelle répond dans l'être runilicalion fondée sur l'unité. — En somme, la question de l'Etre infini et colle de l'être, en général, sont une seule et même question : c'est ce (ju'il y avait do confus dans le problème de la substance qui amenait les obscurités du problème de l'infini.

En séparant, en opposant l'immuable et le cbangeant, il fallait donner au changement une cause et une fin extérieures, et les chercher précisément dans l'immuable. « J'entends par Dieu, disait Descartes, une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute puissante, et par laquelle moi-même et les autres choses (s'il est vrai qu'il y en ait qui existent) ont été produites-. » Sans entrer ici dans le détail des preuves de l'existence de Dieu, on peut dire qu'elles ne font autre chose, toutes, que remonter de l'effet à la cause efficiente ou finale \ Or, sans doute, tout phénomène a une cause : mais il n'y a de cause précisément que dans l'ordre du phénomène. — Ou bien, déclare-t-on, il faut de cause en cause remonter à l'infini; ou bien il faut, pour mettre l'esprit en repos, s'arrêter à une cause qui est l'Etre infini. — Rien ne peut empêcher votre imagination de se jouer indéfiniment parmi les phénomènes; mais votre raison se leurre, si elle croit échapper à l'indéfini par une cause infinie :

i. Cf. Re'ji. aux V^ ObJ.. III, IQ : << J'ai dit que je ne concevais pas seulemenl que j'étais en cela beaucoup iuférieur à Dieu, et que j'aspirais cependant à de plus grandes choses que je n'avais, mais aussi que ces plus grandes choses auxquelles j'aspirais se rencontraient en Dieu actuellevient et d'une manière infinie, auxquelles néanmoins je trouvais en moi quelque chose de semblable, puisque j'osais en quelque sorte y aspirer ».

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