Voir Liard, Descarte.s
'i. Voir, par exemple, Carraii, la Philosop/i/e n>li;/ieuse en Anç/lelcrre.
de Dieu. — Mais comment Dieu annihile-t-ii ou sépare-t-il une partie de lui-môme ? Et comment, ce faisant, peut-il rester parfait? — Le panthéisme est à la fois la correction et la réduction à l'absurde du théisme. Le panthéisme lui-même, nous l'avons vu, se transforme en monisme; et le monisme, n'est-ce pas comme un retour à l'hylozoisme — mais épuré? . Et voici un autre spectacle également curieux : ce sont les débats des missionnaires avec les prêtres chinois, et c'est la difficulté qu'éprouvent les uns et les autres à pénétrer réciproquement dans leurs conceptions. Les Chinois, au fond, dans leur cosmog-onie, en sont restés au point de vue où étaient les Aryens primitifs, — à un hylozoïsme plus ou moins nettement formulé '. Les Confucianisles admettent que les transformations du monde sont spontanées : « Pourquoi, leur a-t-on souvent demandé, parlez-vous de ces objets qui ne sont que matière inanimée, façonnée par la main du Créateur, comme si c'étaient des êtres vivants? Le ciel et la terre ne sont certainement pas des personnes. — Et pourquoi non? répondent-ils. Le ciel dispense la pluie et le rayon de soleil. La terre produit le pain et l'herbe. Nous les voyons perpétuellement en mouvement, nous pouvons donc dire qu'ils sont vivants-. » Un prêtre taouiste déclare à un missionnaire que la création est l'œuvre d'un ag-ent matériel Ki, — forme très pure de la matière, vapeur subtile, — qui existait avant Dieu et créa toutes choses. « La partie la plus pure s'éleva et forma le ciel, tandis que la partie la plus grossière devint la terre. Je lui observai alors que Ki était une substance visible, matérielle, capable de se séparer en plusieurs parties, et que, par conséquent, il devait lui-même être créé. Il admettait son caractère matériel, mais repoussait la conclusion que j'en tirais. Je lui expliquai alors plus en détail que nous autres occidentaux nous avons coutume de croire
1. Voir la liel/r/ion en Chine par le Révérend D' J. Edldns D. D., missionnaire prolestant, traduit par de Milloué, Ann. du Musée Guimet, t. IV.