‹ L'avenir de la philosophieChapitre 238 sur 265 · L'INCONNAISSAKLE HT LA SYNTHÈSE · texte numérisé non relu

L'INCONNAISSAKLE HT LA SYNTHÈSE

des dépenses inouïes de guerre '. — On se tracera donc de la civilisation future, d'après la civilisation actuelle, un tableau où persisteront le mal comme le bien, d'une séduction médiocre, et qui, même, aux âmes généreuses fera prendre en pitié l'efTort relativement stérile de l'iiumanité. « Ouvriers, bourgeois, paysans, le monde futur sera essentiellement démocratique et utilitaire; en somme, une société à peu près constituée comme notre société actuelle. Elle aura les défauts et les mérites de la démocratie, mais ils seront, les uns et les autres, portés à l'extrême. Les places, recherchées avec ardeur, et obtenues par l'intrigue et la faveur; la concurrence pour la vie, impitoyable; les hommes politiques, faisant des bassesses pour obtenir le suffrage de la foule. En un mot, le g"Ouvernement peu estimé, assez peu puissant d'ailleurs, mais forcé, pour conserver le pouvoir, de gouverner sans trop de prévarication et de satisfaire aux besoins du peuple. La richesse sera encore le principal élément de la puissance; mais

cette richesse sera plus également répartie qu'aujourd'hui

Il ne faut pas avoir grand espoir dans le siècle qui viendra. Les hommes auront les mêmes passions, et ces passions seront peut-être moins efficacement combattues. La cupidité et l'égoïsme feront des progrès, si tant est qu'il y en ait encore à faire ; et les liens de la famille iront en se relâchant à mesure que les liens sociaux seront plus forts... -. » — Ou encore on ira étudier en Amérique « le monde que nous préparent la Démocratie et la Science, ces deux grandes ouvrières de nos destinées futures ^ ». Puisque la science, en Europe, malgré le bienfait « d'un maniement plus adroit de la nature », a tué la foi au surnaturel, sans apporter d'autre aliment à l'âme qu' « un pain d'amertume et un breuvage de mort ^ »,

1. Brunelière, dans le Fif/aro, 4 avril 1895. On trouve dans la liUérature un écho de ces discussions : G. Duruy, Xi Dieu ni mailre; Léon Daudet, les Morticoles; de Curel, la Nouvelle Idole....

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