LA REFLEXION INDIVIDUELLE ET LA CRITIQUE HISTORIQUE
Voilà donc le doute, sans cette réserve des vérités révélées, absolu désormais et plus poignant encore. Pour que la science et la religion eussent une valeur, il faudrait que la raison fondât les méthodes de l'une et admît les principes de l'autre. La raison peut-elle atteindre le « roc » de la vérité, — la philosophie est-elle possible? Tel est le premier problème de la philosophie, et peut-être le seul.
Comment sortir du doute et mesurer l'esprit? — Descartes, considérant « que souvent il n'y a pas tant de perfection dans les ouvrages composés de plusieurs pièces et faits de la main de divers maîtres, qu'en ceux auxquels un seul a travaillé- », a prétendu accomplir l'œuvre à lui seul. Peu lui importe « ce que d'autres ont su ou ignoré* »; il faut rejeter la « science des livres » et savoir « oublier ». Il a poursuivi (( la recherche de la vérité par la lumière naturelle qui, à elle seule, et sans le secours de la religion ou de la philosophie — c'est-à-dire de ce qu'ont pensé les philosophes — détermine les opinions que doit avoir un honnête homme sui' toutes les choses qui peuvent faire l'objet de ses pensées, et pénètre dans les secrets des sciences les plus curieuses » :
1. Voir Draper, las Conftlls de In Science et de lu Religion {Bibliolh. scient, inlernidioiiale).