Discours de la méthode, II" partie, p
3. hecherche de la vérité, A. M., p. 512-1 ; cf. p. 520-2 et Rècile III.
ainsi s'exprime-t-il clans lo liLre même d'un dialogue inachevé oii Eudoxe, qui représente Descaries en personne, déclare la vérité plus accessible à ï*oliandre, 1' « honnête homme » ignorant, qu'à Epistémon, le savant ^
Quand Descartes affirme qu'il a résolu seul le problème philosophique, il y a là un mélange de vérité et d'illusion : cela n'est pas, ni n'était possible tout à fait. « On doit lire les ouvrages des anciens », a-t-il déclaré lui-même-. Il s'est félicité plus d'une fois d'avoir reçu l'enseignement de l'Ecole ^ et il semble qu'on puisse arriver à en démêler chez lui les traces. Mais quand même il serait moins original qu'il ne l'est en réalité, il faudrait reconnaître qu'il ne s'appuie sur l'autorité de personne et que son œuvre lui appartient en propre. Il y a donc du problème philosophique une solution cartésienne, qui, d'ailleurs, ne s'est point imposée, mais qui, acceptée par les uns, a été rejetée ou modifiée par d'autres. Les penseurs, à leur tour, qui, après Descartes, ont pratiqué la critique de l'esprit, s'ils n'ont point prétendu ignorer ou volontairement oublier leurs devanciers, ne s'en sont du moins fiés qu'à eux-mêmes. « Il ne s'agit pas ici, a dit Kant, par exemple, d'une critique des liA^res ou des systèmes qui traitent de la raison pure; il n'est question que d'une critique de la faculté de la raison pure en elle-même. C'est seulement en prenant celte critique pour point de départ que l'on se trouve muni d'une pierre de touche infaillible pour apprécier la valeur des ouvrages anciens et modernes; car sans elle, ajoule-l-il, l'historien et le juge, tous deux incompétents, déclarent vaines les assertions des autres au nom des leurs propres qui n'onl pas plus de fondement^. » Ils s'y sont donc pris chacun pour critiquer l'esprit de façon différente, et ils ont différemment conclu. — Les contradictions
1. Voir la lettre à Isaac Beecman du 17 oclobre 1630, A. M., u (t'd. orig., xii du t. 11).