‹ L'avenir de la philosophieChapitre 42 sur 265 · Lettres 3 et 78, A. M. (éd. orig., cxii et cxv du t. I · texte numérisé non relu

Lettres 3 et 78, A. M. (éd. orig., cxii et cxv du t. I

6. Principes, II, 36; Lettre 2, A. M. (éd. orig., civ du t. II).

voloiilé. Et je ne parle pas ici d'une simple priorité de temps, mais bien davantage, je dis qu'il a été impossible qu'une telle idée ait précédé la détermination de la volonté de Dieu par une priorité d'ordre ou de nature, ou de raison raisonnée, ainsi qu'on la nomme dans l'école'. » Sans doute, nous ne pouvons pas concevoir que deux fois quatre n'eussent pas été huit ou que les contradictoires pussent s'accorder-, ou enfin qu'A n'égalât point A; mais nous ne pouvons concevoir non plus que le pouvoir de Dieu soit limité, « et encore que Dieu ait voulu que quelques vérités fussent nécessaires, ce n'est pas à dire qu'il les ait nécessairement voulues' ». La liberté divine se réalise dans la nécessité des choses. — Quant à pénétrer les fins que Dieu s'est proposées, il n'y faut pas songer*; « parce qu'il s'est déterminé à faire les choses qui sont au monde, pour cette raison, comme il est dit en la Genèse, « elles sont très bonnes S)... ». C'est tout ce que nous pouvons affirmer : constatons ce qui est et tâchons de découvrir comment Dieu l'a produit, sans chercher, en vain, pourquoi cela est ainsi. Peut-être même Descartes ne devrait-il point parler du tout des fins impénétrables de Dieu ou des conseils dont il n'a point voulu nous faire part, puisqu'il y a en Dieu une « entière indifréronce », puisqu'il est une activité toute pure et toute simple. — Il ne faut pas dire qu'en lui connaître et vouloir ne font qu'un : dans cette absolue liberté, toute contraire à la liberté humaine qui est l'absolue nécessité, c'est du vouloir que procède le connaître. Dieu est, voilà la première des vérités". L'Etre souverain est volonté libre; il veut : de là le monde — une pensée qui se pense et une pensée qui ne se pense point, mais qui est pensée par la

1. Réponses aux VF' Objeclions, A. M., p. 222 2; cf. p. 221-1; LcUres 2,3, 20, A. M. (éd orig., civ du t. II, cxii et ex du t. I).

2. Lettre 18, A. M. (éd. orig., cxv du t. I): cf. Leltrc 20 elles Réponses s.\\\ VI" Objections, p. 22'i-l.

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