‹ L'avenir de la philosophieChapitre 43 sur 265 · Lettre 3, A. M. (éd. orig., cxii du t. I · texte numérisé non relu

Lettre 3, A. M. (éd. orig., cxii du t. I

pensée qui se pense — et la loi du monde, qui est la Raison '. En somme, sous les conceptions spiritualistes et tliéistes, l'idéalisme tendait à reparaître encore, définitif celle fois, identifiant la raison avec l'Etre absolu : mais Descaries avait un sentiment vif de l'individu, de sa réalité qui se révèle en la conscience, de sa réalité et de ses limites tout à la fois. De là une lutte, en quelque sorte, dans son œuvre, de la psychologie et de la mathématique. Pour défendre l'individu contre les exigences de l'idéalisme absolu issu de la mathématique, il évite de se prononcer sur les rapports du hni et de l'infini; et, quoique la notion de l'infini lui paraisse la plus positive de toutes, — car c'est Vélre très ample -, — il refuse de s'embarrasser dans les difficultés qu'elle fait naître. Mais il sent bien, en renonçant à formuler les conséquences extrêmes de son système mathématique, que l'Etre de la raison doit tout absorber, et çà et là il le laisse voir. Pour sauver l'élément psychologique refoulé par la raison abstraite, il le met donc à l'origine de tout, et il fonde enfin la raison même sur la volonté, la nécessité absolue sur l'absolue liberté. — Au fond, la liberté humaine, ce n'est pas autre chose que le retentissement de la liberté divine : Dieu s'est librement enchaîné, et l'homme, créature do Dieu, est libre en acceptant les chaînes que Dieu s'est données. Plus au fond encore, la liberté liumaine, c'est la liberté divine; et l'homme, paille de Dieu, se donne à lui-mcmc la loi qu'il accepte. Mais ni Descartes ne le dit, ni on n'aie droit de le faire ainsi parler catégoriquement ^

1. <• C'est en Dieu une même chose de vouloir, d'enlcndre cl de a-éer, sans que l'un précède l'autre, ne quidem >-alione. « Lellrc 20, A. M. (éd. orig., ex du t. I).

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