‹ L'avenir de la philosophieChapitre 45 sur 265 · Lettre 134, A. M. (éd. orig., cxxiv du t. I), p · texte numérisé non relu

Lettre 134, A. M. (éd. orig., cxxiv du t. I), p

la connaissance intuitive : « une illustration de l'esprit par laquelle il voit en la lumière de Dieu les choses qu'il lui plaît lui découvrir par une impression directe de la clarté divine sur notre entendement, qui en cela n'est point considéré comme agent, mais seulement comme recevant les rayons de la divinité ». La matière, dira Malebranche, ne nous est connue que dans l'étendue iiHeUigible, elle-même connue en Dieu. M L'étendue intelligible est éternelle, immense, nécessaire; c'est l'immensité de l'Être divin, en tant qu'infiniment partiçipable par la nature corporelle, en tant que représentatif d'une matière immense ; c'est, en un mot, l'idée intelligible d'une infinité de mondes possibles; c'est ce que ton esprit contemple lorsque tu penses à l'infini... \ » Les diverses « applications » de l'étendue intelligible à notre esprit constituent pour nous l'univers. C'est en Dieu que nous voyons les principes des choses : quant aux choses elles-mêmes, changeantes et corruptibles, — et encore Malebranche n'a-t-il insisté sur cette distinction qu'après la RecJierc/w de la Vérité, — nous les connaissons par un sentiment qui est « dans nous, mais venant de Dieu - ».

Descaries inclinait, semble-t-il, à unir la pensée et l'étendue par un lien substantiel ^; et pourtant la distinction de ces deux substances l'obligeait à expliquer tant bien que mal

1. IX" Médiliition c/inHietine, ix. Je citerai peu Malebranclie. Si intéressante que soit, dans le délai!, sa piiilosopliie, elle ne doit compter ici que pour un anneau logique. M. Pillon {Aimée P/iilosophlque, l'Evoliction de VidéaUsDte au XVIIl" siècle: 1893, Malebranche et ses critiques, 1894, Spinozisme et Matehranchisme), contre la plupart des historiens de Malebranche — l'abbé Blampignon et M. OUé-Laprune surtout, — fait éclater ce qui le distingue et do Descartes et de Spinoza, et ce qui le rapproche même de Kanl (étendue intelligible; certaines conceptions morales). Mais Kant n'est point Kaat grâce à Malebranche; et ce qui a surtout frappé les contemporains de celui-ci, ce sont les tendances par oui il continuait Descaries : j'y insiste donc ici, comme j'insisterai plus loin sur les côtés par où il a frappé quelques philosophes anglais. Malebranche (1038-1715) est chronologiquement postérieur ù Spinoza (10;î2-16"7), mais dans l'évolution du cartésianisme il lui est antérieur; et l'on peut dire sans paradoxe qu'il lui est philosophiquement antérieur, en partie parce qu'il lui est chronologiiiucment postérieur cL qu'il est averti par lui.

2. Voir la Réponse à Rérjis (xni), les Conversations chrétiennes.

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