Méditations
leur accoi-d ' : Malebranche formula la théorie des causes occasionnelles ~. Tout mouvement de la pensée est l'occasion d'un mouvement de la matière, et tout mouvement de la matière l'occasion d'un mouvement de la pensée : mais c'est toujours Dieu qui agit; il n'y a de force, d'efficace que dans la volonté de l'être infiniment parfait, « 11 n'y a nul rapport de causalité d'un corps à un esprit. Que dis-je! 11 n'y en a aucun d'un- esprit à un corps. Je dis plus, il n'y en a aucun d'un corps à un corps, ni d'un esprit à un esprit. Nulle créature, en un mol, ne peut ai^ir sur aucune autre par une efficace qui lui soit propre ^... Nos esprits n'habitent que dans la raison universelle, dans cette substance intelligible qui renferme les idées de toutes les vérités que nous découvrons; soit en conséquence des lois générales de l'union de notre esprit avec celte même raison; soit en conséquence des lois générales de l'union de notre âme avec notre corps '' — »
Si nous connaissons en Dieu, c'est, au surplus, que nous connaissons Dieu lui-même immédiatement. Descaries hésitait : il tendait à croire que l'être parfait est saisi par intuition; et pourtant il raisonnait son existence % — sans doute, avons-nous dit, pour arriver à en faire le Dieu créateur, tout connaissant, véridique,... le Dieu de la théologie. Nous connaissons Dieu, déclarait-il, comme une montagne que nous pouvons toucher et non embrasser; et en raisonnant sur l'idée de Dieu qu'il devait à ce contact, il tâchait de la développer, au risque, d'ailleurs, de l'obscurcir ou de la fausser. Pour Malebranche, nous n'avons pas Y idée de Dieu, pas plus que nous n'avons