Ibid., I, X
5. «Toutes les connaissances que nous pouvons avoir de Dieu sans miracle en celte vie descendent du raisonnement et du progrès de noire discours, qui les déduit des principes de la foi qui est obscure, o;i viennent des idées et des notions naturelles qui sont en nous, qui, pour claires qu'elles soient, ne sont que grossières el confuses sur un si haut sujet. » Lettre 134, A. M. (éd. orig., cxxiv du t. 111).
Vidée de l'âme : nous connaissons directement Dieu, par conscience et d'après ce qui se passe en notre être; et ainsi notre être n'existe que par l'Etre des êtres. En lui nous sommes : comme nous voyons en lui, en lui nous agissons. Dieu est le « lieu » des esprits : « c'est de sa puissance qu'ils reçoivent toutes leurs modifications; c'est dans sa sagesse qu'ils trouvent toutes leurs idées, et c'est par son amour qu'ils sont agités de tous leurs mouvements réglés, et, parce que sa puissance et son amour ne sont que lui, croyons avec saint Paul ([uilnestpas loin de chacun de nous et que c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être * ». Faut-il rappeler l'aveu célèbre de MaleLranche : « Je me sens porté à croire que ma substance est éternelle, que je fais partie de l'être divin... » et, d'autre part, cette définition de Dieu : « Son nom véritable est : Celui qui est, c'est-à-dire l'être sans restriction, tout être, l'être infini et universel- »? Ce « méditatif » ^ que la lecture de Descartes avait révélé à lui-même, ce solitaire qui parle sans cesse de la nécessité de rentrer en soi, ce religieux dont l'ordre était prédisposé au mysticisme \ devait dépasser Descartes en le suivant. Mais la foi, d'une part, et peut-être je ne sais quel sentiment du réel, — inséparable, en France, des plus hautes spéculations, — l'horreur du spinozisme aussi, le retinrent au bord d'un panthéisme idéaliste. L'amour divin tout ensemble entraîne et préserve ce chrétien, — sans qu'il ait eu pleine conscience des témérités de sa pensée. Au nom de la révélation — et