‹ L'avenir de la philosophieChapitre 57 sur 265 · Monadologie · texte numérisé non relu

Monadologie

2. <• Elles vont toutes confusément à l'infini, au tout; mais elles sont limitées et distinguées par les degrés des perceptions distinctes. » Monadoiof/ie, 60. L'hypothèse de Vharmonie préétablie, dénaturée chez Wolf, concerne en réalité, d'une façon générale, la communication des substances et non simplement la communication des monades-àmes avec des monadescorps. — Il n'est pas nécessaire de traiter ici la question du vinculum siibstanliale : exemple des controverses qui peuvent s'engager sur des détails de doctrine, considérés par les uns comme insignifiants, comme importants par les autres. Voir Blondel, De Vinculo suhslantiali et de subslantia composita apud Leibnitium.

naissance et Volonté. Il est absolument parfait on puissance, en sagesse et en bonté : parmi tous les possibles qu'il conçoit, il réalise par une nécessité morale l'univers qui est le meilleur des possibles; et, de même que Dieu crée l'univers des monades, c'est Dieu qui, u dès le commencement des cboses », les règle les unes sur les autres : il est « harmonie universelle ». Pas plus que celui de Spinoza, le Dieu de Leibnitz n'est libre, au fond; ou plutôt, comme la liberté de l'un — distincte de la liberté d'indifférence — consistait à vouloir le vrai mathématique, celle de l'autre consiste à vouloir le bien et à faire du vrai moral l'âme même de la mathématique. Il y a harmonie entre le règ'ue des causes efficientes et celui des causes finales; les fins tendent à se réaliser toujours plus dans la causalité même : ou encore, comme dit Leibnitz, il y a harmonie « entre le règne Physique de la Nature et le règne Moral de la Grâce, c'est-à-dire entre Dieu considéré comme Architecte de la Machine de l'univers, et Dieu considéré comme Monarque de la Cité divine des Esprits ^ ».

Mais ce Dieu qui unit si étroitement les monades, comment le séparer des monades pour sauver leur individualité? Il est (< la substance unique, universelle et nécessaire, n'ayant rien hors d'elle qui en soit indépendant - » : que sont donc les atomes de substance? Il est « l'unité primitive... dont toutes les monades créées ou dérivatives sont des productions et naissent, pour ainsi dire, par des Fulgurations continuelles... de moment en moment " » : mais y a-t-il une très grande différence entre ces fulgurations continuelles et la création continuée de Descartes que Leibnitz a critiquée? Et la création continuée n'achemine-t-elle pas au panthéisme?

Leibnitz n'échappe à l'unité absolue que pour tomber dan& le morcellement infini, et il n'échappe au morcellement infini que pour retomber dans l'unité absolue. Son originalité est

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