IIP partie, pp. 100 à 237, De la probabilUé
i02 DE LA MÉTHODE POUR CONDUIRE SA RAISON.
coia^s de la nature se continue uni foi' mé ment le même'! Mais il est impossible de formuler une raison satisfaisante de l'extension que nous donnons à notre expérience au delà des cas particuliers qui sont tombés sous notre observation. Il faut donc, de même que nous ne pouvons expliquer mais que nous devons admettre la conjonction constante, admettre aussi, comme un fait, que, par la conjonction constante, « les objets acquièrent un lion dans l'imagination. Quand nous vient ïimpression actuelle de l'un, nous formons immédiatement Vidée de son compagnon ordinaire », nous l'attendons, nous y croyons. Hume appelle, d'une façon générale, opinion ou croyance une idée vive rapportée ou associée à une impression présente^ Mais d'où vient la vivacité, la force de cette idée? De l'impression présente elle-même qui communique sa force à l'idée qui s'y rapporte ^ Il n'y a là ni raisonnement, ni pouvoir spécial : la croyance naît de l'impression présente en vertu de l'association passée, c'est-à-dire en vertu de Vhabitude^. A mesure que l'association se répèle, l'habitude se fortifie. Selon que l'habitude est plus ou moins forte, la croyance est plus ou moins vive, et plus ou moins grande aussi la probabilité, — - c'est-à-dire la chance qu'à la croyance réponde une impression conforme \
Hume avait placé dans les idées une loi ou force associante qui les liait d'après la ressemblance, la contiguïté, la succession régulière : il y ajoute l'habitude, ou plutôt il prolonge cette loi ou force de telle sorte que, certaines idées ayant été associées, l'impression de l'une appelle l'idée de telle autre. Or, dans l'ordre de la succession l'habitude a une importance extrême ^ La conception de la causalité donne,