‹ L'avenir de la philosophieChapitre 69 sur 265 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XVIIP SIÈCLE. 100 ment inductif « en l'attachant à l'instinct ou à une tendance mécanique qui, infaillible dans ses opérations, se manifestât dès notre entrée dans le monde, se développât avec la faculté de penser, et ne dépendit en rien des pénibles déductions de l'entendement. De même qu'elle nous enseig^ne l'usage de nos membres en nous dérobant la connaissance des nerfs et des muscles qui les mettent en action, elle place en nous cet instinct qui entraîne nos pensées dans un ordre correspondant à celui qu'elle établit entre les objets extérieurs, en nous cachant les ressorts et les forces qui entretiennent ce cours régulier \ »

Nul, plus fermement que ce contempteur de la science, n'a cru à la science positive, aussi bien des faits moraux — et il y a travaillé — que des faits naturels -. Il n'aboutit, en définitive, qu'à un « scepticisme mitigé ». Il y a des « recherches trop élevées, trop lointaines », qu'un homme de jugement correct s'interdira; des matières qu'il abandonnera « soit aux poètes et aux orateurs qui en font l'ornement de leurs œuvres, soit aux prêtres et aux politiques qui y trouvent la matière de leurs artifices ». Il faut « se renfermer dans la vie commune, dans les sujets qui se rapportent à la pratique et ci l'expérience journalières ». Ne parlons pas de substances ni de causes, si nous connaissons l'infirmité de notre esprit; mais suivons naïvement l'impulsion de cet esprit : constatons la Loi avec les phénomènes — et tendons à faire régner la Loi, puisque c'est le vœu de la nature qui nous est donnée.

La vie désormais et la science sont justifiées, mais comme resserrées aussi. Même îjiiligé, le scepticisme ne satisfera pas la pensée moderne : le rôle de Hume cependant est considérable, et il est double. D'une part, il a, dans l'originalité de ses analyses, apporté une contribution à l'empirisme anglais;

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