‹ L'avenir de la philosophieChapitre 71 sur 265 · Voir Cousin, ibid., pp. 310, 3li · texte numérisé non relu

Voir Cousin, ibid., pp. 310, 3li

2. Recherches sur Ventendemenl; Essais sur les facultés intellectuelles.

3. Par une sorte de siir/f/rs(io7i (le mot se trouve chez Reid) que les sensations font naître. Voir Rabier, l'si/chologie, chap. xxxi, p. 414.

4. Reid dit, et à tort : " tous les philosophes, sans exception, depuis Platon jusqu'à Hume ». Voir Rabier, op. cit., p. 415, note. Sur ce que Reid doit ou peut devoir à Arnauld {Des vraies et des fausses idées), voir Pillon, Année philosophique 1893, pp. 148 sqq.

5. Douze, parmi lesquels celui ci : dans l'ordre de la nature, ce qui arrivera l'essemblera probablement à ce qui est arrivé dans des circonstances semblables.

6. Six classes : grammaticaux, logiques, mathématiques, esthétiques, moraux, métaphysiques (de substance, cause et fini. — Reid a reconnu ce qu'il doit au Traité des vérités premières du P. Buffier.

ReiJ au doute exlrême opposait l'excès de la croyance, puisqu'il acceptait, sans discussion ni réduction, tout ce que le sens commun lui présentait : téméraire en ce qu'il se fiait aveuglément aux données vulgaires; circonspect en ce que, si manifestes qu'elles lui apparussent dans l'esprit, il ne prétendait pas, avec ces données, franchir les bornes de l'esprit même.

II. FRANCE. — LES SCIENCES, LA METTRIE, D'HOLRACH, DIDEROT, CONDILLAC, VOLTAIRE, ROUSSEAU

Le scepticisme moderne acceptait et favorisait les sciences positives, loin de les rejeter ou de les entraver. Au xvii" siècle, parmi le conflit des systèmes, elles n'avaient cessé de progresser; au xvm° siècle, ce progrès était devenu plus régulier et plus apparent : non seulement les résultats d'efforts divers se rejoignaient pour former comme une trame ample et serrée, mais plus nombreux de jour en jour étaient les artisans qui l'ourdissaient et plus nombreux surtout — en France particulièrement — les curieux qui, sans se mettre euxmêmes à l'œuvre, se plaisaient à la suivre et l'encourageaient en s'y intéressant.

Fontenelle, par les dates de sa vie comme par le sujet de ses ouvrages, appartient aux deux siècles et les relie. Bayle, sans doute, a beaucoup fait pour affranchir les esprits et propager une curiosité hardie * : mais « il ne savait presque rien en physique », — Voltaire le lui reproche, — et son érudition n'allait pas sans pédantisme. Avec Fontenelle, le poète, le bel esprit, l'homme de lettres cesse d'être étranger aux sciences; bien plus, il les fait entrer dans la littérature, il s'en constitue le « vulgarisateur », il amuse de cette nouveauté les courtisans et les grandes dames. Bientôt tout écri-

1. Son Dictionnaire eut de 1097 h ITd onze édilions. Voir Deschamps, la Genèse du scepticisme érudit chez Bayle; Briinetière, la Critique de Bayle y Revue des Deux Mondes, V août 1892.

ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XVIIP SIÈCLE. 113 vain, ou peu s'en faut, allait être « philosophe », et tout philosophe savant. C'est au xvm** siècle, et en France *, que l'idée devait venir pour la première fois d'exposer en raccourci ce qui s'ajoutait de lumières à celles des siècles précédents, et de réduire à quelques volumes tout ce que les hommes avaient découvert jusqu'alors dans les sciences et dans les arts - : ni la matière ne devait manquer, ni le succès à une telle entreprise.

« Il s'est répandu depuis un temps, déclarait Fontenelle% un esprit philosophique presque tout nouveau, une lumière qui n'avait guère éclairé nos ancêtres.... Comme on s'est avisé de consulter sur les choses naturelles la nature elle-même plutôt que les anciens, elle se laisse aisément découvrir; et assez souvent, pressée par de nouvelles expériences que l'on fait pour la sonder, elle accorde la connaissance de quelquesuns de ses secrets. » L'observation et l'expérience, en effet, avaient accru extraordinairement la connaissance de l'univers, des lois physiques et des phénomènes de la vie \ Mais sous l'influence de Descartes, les savants de plus en plus avaient cherché par la mathématique à donner aux diverses sciences à la fois la précision et l'unité. « Les mathématiques servent à donner à notre raison l'habitude et le premier pli du vrai. Elles nous apprennent à opérer sur les vérités, à en

prendre le fil souvent très délié et presque imperceptible A

mesure que les sciences ont acquis plus d'étendue, les méthodes sont devenues plus simples et plus faciles ^ » Cette action ne s'était pas fait sentir seulement dans la physique et

{. L'Encyclopédie anglaise de Chambers est moins complète et n'a lias le même caracicre philosophique.

'2. D'Alcmbert. Discours préliminaire de V Encyclopédie.

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